The Wow! Signal

Muse

10 titres, 45:29

Il y a des groupes qui, passé un certain âge, se contentent d’entretenir la flamme. Et il y a Muse, qui regarde le ciel et se demande s’il y a quelqu’un. Avec The Wow! Signal, dixième album studio du trio de Teignmouth sorti le 26 juin 2026, Bellamy, Wolstenholme et Howard repartent à la conquête de l’espace — au sens propre. Inspiré du célèbre signal « Wow! » capté en 1977 par un radiotélescope, le disque explore le mystère cosmique et la possibilité d’un contact avec quelque chose de plus grand que nous. Et, surprise : c’est leur album le plus vital depuis des années.

Un retour aux sources galactiques

Après quelques disques en demi-teinte, Muse renoue ici avec ce qui fait sa marque de fabrique : le grand frisson science-fiction, les refrains stratosphériques et l’art du grandiose assumé. Dès « The Dark Forest », l’album pose son décor — vertige spatial, tension sourde, montée orchestrale — et ne lâche plus le fil rouge cosmique. C’est de nouveau démesuré, parfois kitsch, mais porté par une conviction et un plaisir de jouer qu’on n’avait plus entendus chez eux depuis longtemps.

Une nouveauté de taille : un co-auteur

Le changement le plus notable n’est pas qu’esthétique. Pour la première fois de leur carrière, Muse a ouvert sa forteresse créative : Dan Lancaster intervient à la production, au mixage et surtout à l’écriture sur la plupart des titres — une grande première pour un groupe qui avait toujours tout verrouillé. Épaulés également par Aleks Von Korff, les trois Anglais en tirent un son plus ramassé, plus direct, débarrassé d’une partie de la grandiloquence parfois pesante de leurs dernières productions. La discipline d’écriture fait des merveilles.

Les sommets

Les singles balisent un parcours d’une belle efficacité. « Be With You », lancé dès mars, renoue avec la pop-rock céleste des grandes heures ; « Cryogen » durcit le ton avec un riff glacial ; « Unravelling » joue la carte de l’urgence électrique. Mais la vraie curiosité, c’est « Hush », duo inattendu avec Ellie Goulding, où la voix de la chanteuse britannique épouse les nappes synthétiques du groupe dans un moment suspendu, presque apaisé. Autour, « Nightshift Superstar » et « Hexagons » rappellent que Muse reste un groupe de stade dans l’âme, tandis que « Space Debris » referme l’album sur une note flottante, comme un message lancé dans le vide en quête d’une réponse.

Quelques scories

Tout n’est pas parfait. À vouloir embrasser tout le spectre — du tube fédérateur au morceau plus introspectif — l’album manque parfois d’un fil émotionnel unique, et certains titres de milieu de parcours peinent à marquer durablement. Le groupe n’évite pas non plus totalement ses tics : l’emphase guette toujours, et l’on sait que la frontière entre le sublime et l’excessif a toujours été ténue chez Muse. Mais ces réserves pèsent peu face au plaisir retrouvé.

Verdict

The Wow! Signal est l’album qu’on n’attendait plus : un Muse rajeuni, recentré, qui s’amuse de nouveau avec son imaginaire spatial et signe son meilleur disque depuis une décennie. En s’ouvrant enfin à une écriture partagée et en assumant pleinement son côté grand huit cosmique, le trio prouve qu’il lui reste de l’oxygène — et de l’ambition — pour viser les étoiles. Un signal reçu cinq sur cinq.

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