Djo

Joseph David Keery est né le 24 avril 1992 à Newburyport, Massachusetts. Le grand public le connaît principalement sous les traits de Steve Harrington dans Stranger Things, mais derrière l’acteur se cache un musicien à part entière, opérant sous le pseudonyme Djo (prononcé simplement « Joe »). Ce nom de scène est à la fois un jeu de distance et d’alter ego — un espace artistique délibérément séparé de sa notoriété télévisuelle.

Dans une interview au Tonight Show, Keery a expliqué qu’il voulait ne pas être « directement connecté » à lui-même en tant que musicien. Il portait d’ailleurs une perruque sur scène, en hommage à l’esprit facétieux d’Andy Kaufman.


Les racines : Post Animal et les débuts

Avant Djo, il y a Post Animal. De 2014 à 2018, Keery a été co-fondateur, batteur, guitariste et chanteur de ce groupe de rock psychédélique basé à Chicago. Il a contribué à leurs premiers EPs avant de quitter la formation en raison de son emploi du temps d’acteur de plus en plus chargé.

Avant même Post Animal, Keery avait expérimenté sous le nom de scène Cool Cool Cool, une phase formative restée discrète. C’est donc après un vrai parcours de musicien de groupe qu’il entame sa carrière solo en 2019.


Discographie : trois albums, trois visages

Twenty Twenty (2019)

Son premier album s’oriente vers une psychédélie pop inventive et sinueuse. NME salue en Keery « un musicien de très haut calibre qui flirte avec une psychédélie inventive et déformée qui tord doucement l’esprit et change constamment de forme autour de vous », le comparant à Tame Impala et Ariel Pink. L’album pose les bases d’un univers à la fois rêveur et expérimental, qui ne cherche pas la facilité.

Decide (2022)

Enregistré avec son complice de production Adam Thein pendant les confinements liés au Covid-19, puis capturé au Sound Factory de Los Angeles fin 2021, Decide marque une rupture esthétique nette. Exit le rock psychédélique : Keery plonge dans la synth-pop, la synthwave et l’alt-pop, avec des teintes de new wave des années 1970 et de pop 1980s. Lyriquement, l’album explore ses réflexions sur les relations, la technologie et l’anxiété face aux changements d’identité — il le décrit comme « une sorte d’histoire sonore de [ses] late 20s ».

Parmi ses influences déclarées pour cet album : David Byrne, Daft Punk, Justice, les Strokes, Julian Casablancas et Charli XCX.

L’album passe relativement inaperçu à sa sortie… avant un phénomène rarissime dans l’industrie musicale.

“End of Beginning” — le sleeper hit de 2024

Sixième titre de Decide, « End of Beginning » devient en 2024 le sixième morceau le plus streamé de l’année, entrant dans les charts de 41 pays, dont une 11e place aux États-Unis. Il reçoit des certifications dans près de 20 nations. Le morceau, porté par une vague TikTok, touche une corde profonde : il distille une nostalgie mélancolique et un sentiment de longue durée qui ont résonné massivement. Un cas d’école de la façon dont un algorithme peut exhumer un titre de l' oubli et en faire une anthologie de génération.

The Crux (2025) et The Crux Deluxe (2025)

Co-produit avec Adam Thein aux légendaires Electric Lady Studios de New York, The Crux est structuré autour d’un concept : un hôtel dont les clients sont tous à un carrefour de leur vie. Rolling Stone lui attribue 3,5 étoiles et le qualifie de « meilleure musique de sa carrière », tandis que Paste salue un album « instrumentalement luxuriant et expansif ». Pitchfork lui donne 5,9/10, louant ses ambiances tout en critiquant une tendance à « confondre la simple observation avec l’insight ».

L’album débute à la 50e place du Billboard 200 et en tête des charts indépendants et alternatifs.

Puis, en septembre 2025, surprise totale : The Crux Deluxe sort avec 12 nouveaux morceaux écrits au même moment que le premier album. Keery précise qu’il ne s’agit pas tant d’un double album que d’une « expansion de l’univers du Crux Hotel qui tient debout comme une œuvre propre ».


L’esthétique Djo

Musicalement, Djo navigue dans un espace où se croisent la psychédélie indie, la synth-pop vintage, le folk et la glam rock — les critiques ont par exemple comparé des passages de The Crux Deluxe à la glam rock de Marc Bolan (T. Rex), qui est d’ailleurs cité nommément dans l’une des chansons. Il y a chez Djo un amour sincère des textures sonores des années 1970–1980 réinterprétées à travers un prisme très contemporain.

Sur scène, il est connu pour des performances immersives et visuellement soignées, souvent avec un groupe complet qui renforce l’ampleur des arrangements studio.


L’homme et sa double vie

Ce qui rend Djo particulièrement intrigant, c’est la façon dont Keery assume pleinement la dualité. Il a adopté le pseudonyme Djo pour séparer sa carrière musicale du personnage de Steve Harrington, mais il a fini par apprécier « la camaraderie que ça crée ». Ce n’est pas un acteur qui fait de la musique pour passer le temps : c’est un musicien de formation, ancien membre fondateur d’un vrai groupe de rock, qui continue à construire une discographie exigeante.

Avec près de 59 millions d’auditeurs mensuels sur Spotify, Djo est désormais l’un des projets solos les plus écoutés d’un acteur devenu musicien accompli — une trajectoire qui doit moins à la notoriété de Stranger Things qu’à la sincérité et à la cohérence artistique de ses albums.

En 2026, il part en tournée en Amérique du Sud et au Mexique avant d’assurer la première partie de Tame Impala pour le Deadbeat Tour — une reconnaissance symbolique forte, lui qui avait été comparé à Kevin Parker dès ses débuts.


En résumé, Djo est l’un des cas les plus fascinants de l’indie pop actuelle : un artiste qui a construit son identité musicale dans l’ombre de la célébrité, album après album, pour finalement s’imposer sur ses propres termes.

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