La Flemme

Il y a dans le nom de ce groupe une sorte de blague initiale — une manière de déjouer les attentes dès la première syllabe. La Flemme, ce quatuor marseillais au nom trompeur, débarque avec une énergie électrisante et un son garage pop teinté de psychédélisme. Un super nom tellement peu approprié tant ses membres sont des stakhanovistes. La Flemme n’a pas la flemme. La Flemme a la flamme — et depuis que le groupe a surgi sur la scène française, ça ne s’est pas éteint une seule fois.

Une nuit trop longue, un groupe pour la vie

Stella Lopez (basse, chant), Jules Massa (guitare, chant), Charles Priem (batterie) et Ronie Marciano (guitare) officient déjà dans Tessina, Rahewl and the Kewl, Flathead, Technopolice, Avenoir et Tense of Fools lorsqu’ils décident de monter ce nouveau groupe avec le pari de se produire sur scène à peine deux mois plus tard.

C’est Jules qui initie l’aventure. Il cherche un nouveau projet musical où il pourrait écrire des chansons à la guitare et au chant. Il parle à son meilleur ami Lénaïc — qui deviendra le photographe du groupe — de sa difficulté à trouver un nom. La réponse arrive naturellement : « Ben voilà, c’est ça, le nom : La Flemme. » On vérifie, c’est disponible, et ça devient une évidence. Charles rejoint en premier, puis Stella — avec qui Jules joue déjà dans Rahewl — et enfin Ronie, surnommé affectueusement « le Farfadé de Marseille », guitariste qui vagabonde de projet en projet et que le groupe accueille en février 2024 pour remplacer le guitariste originel.

De cette idée étrange surgit un groupe d’une aisance et d’un cool irrésistibles, balançant des compositions frénétiques avec une immédiateté sans chichis — le genre qui se loge dans même les mémoires musicales les plus sélectives.

Marseille comme état d’esprit

Il y a dans La Flemme ce quelque chose qui les rattache à l’histoire de la musique made in La Plaine, tels Pogy & les Kefars ou Tommy & les Cougars avant eux. Il n’y a qu’à voir le CV de ses membres, toute et tous dans des groupes reconnus de la jeune scène rock marseillaise. On avait vu flamboyer Parade, étinceler Avee Mana, pour ne parler que des groupes récents aperçus ailleurs en tournée en France, et voilà que déboule sans crier gare La Flemme, avec une énergie juvénile si contagieuse que l’on jurerait, en l’écoutant, d’avoir à nouveau vingt ans.

Marseille bouillonne et le reste de la France l’ignore encore. La cité phocéenne s’électrise, crépite, s’enflamme sous les assauts sans complexe d’une jeune génération qui a redécouvert que le rock, ça te prend à la gueule, et que c’est de ça dont on a besoin. La Flemme est l’incarnation de ce mouvement — une formation qui n’a pas eu besoin de chercher son identité parce qu’elle l’a trouvée dans le mistral électrique de son propre quartier.

Un son à la croisée de plusieurs feux

Un son à la croisée de Thee Oh Sees, Ottis Coeur et Ty Segall, avec cette touche méditerranéenne qui fait toute la différence. Les guitares de Jules et Ronie s’entrechoquent avec une urgence garage-punk héritée des scènes américaines, mais ce serait réducteur de s’arrêter là. Il y a dans La Flemme une capacité à marier les contraires qui fait toute leur valeur : la force du groupe tient dans cette dichotomie constante entre effet joyeux et effet désabusé, cette façon d’évoquer l’envie de s’amuser et son rejet, les contradictions d’une génération qui ne sait jamais sur quel pied danser et qui ne veut pas choisir.

Ce qui distingue aussi La Flemme, c’est la dualité vocale entre Jules Massa et Stella Lopez. Le chant un peu surf de Stella Lopez fait effet de contre-point à l’énergie ambiante avec une mélancolie faussement détachée. À l’inverse, les morceaux incarnés par Jules Massa sont plus francs du collier et vont à l’essentiel, et cette alternance entre urgences bruyantes et instants suspendus fait tout le sel de La Flemme.

De l’EP à La Fête : une ascension fulgurante

En mars 2024 sort un premier EP de quatre titres très remarqués. Enregistré au Peyresc Studio, il circule rapidement dans les réseaux de la presse spécialisée et des programmateurs, et confirme que le pari des deux mois était non seulement tenu, mais largement dépassé.

En à peine deux ans, La Flemme a déjà imposé son rythme effréné et son énergie communicative à la scène musicale française. Après avoir remporté le tremplin Inrocks Super Club en début d’année 2025, La Flemme revient dans les bacs avec son premier album La Fête. Sorti le 25 avril 2025 chez Exag’ Records — label belge reconnu pour son flair sur les scènes garage et indé —, au programme, neuf titres énergiques aux paroles en français finement ciselées qui nous font naviguer du garage rock à la pop avec des touches de psychédélisme.

Dès le morceau d’ouverture, le ton est donné : une ligne de basse sourde, des guitares frondeuses et un chant scandé aux allures de slogan — « les jeunes veulent faire la fête » — pour 1min30 brute, qui plante le décor à venir. Laissez-moi Tranquille est le temps fort, le titre capable d’ouvrir des portes. Tunnel, long morceau instrumental, flirte avec un esprit krautrock lourd et poisseux — témoignage de l’ambition des sudistes à s’emparer d’un maximum d’influences pour se construire des fondations salutaires et un univers aussi large que solide. Les singles Demain et Sans Fond ont été clippés respectivement par Lénaïc Lannoy et Jade Garnier (Pollen Sessions), confirmant une cohérence visuelle et artistique rare chez un groupe aussi jeune.

Une reconnaissance en temps record

Le quatuor marseillais a déjà marqué les esprits : vainqueur du Inrocks Super Club, présent à l’Inrocks Festival 2025, deux apparitions dans l’émission Quotidien, et plus de 100 concerts à travers la France, la Belgique, la Suisse et le Canada — La Flemme a su se faire une place au soleil plus vite que personne ne l’attendait.

Révélés par Les Inrocks, largement soutenus par les médias — Culturebox, France Inter, RTL2, Rolling Stone, Rock & Folk — La Flemme s’impose comme la nouvelle sensation du rock français. Sur scène ? C’est électrique, poétique, et sauvage.

Ce que La Flemme dit de sa génération

Il y a dans le premier album de La Flemme quelque chose qui dépasse la simple réussite musicale. La Fête dit quelque chose de vrai sur une génération tiraillée entre l’euphorie collective et l’introspection, entre l’envie de s’amuser et la conscience que le monde mérite mieux. La fête, c’est pas seulement s’amuser. Il y a une part de mélancolie derrière l’euphorie.

La flemme, c’est sûr, a la flamme.

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