Meuhstache

Quelque part entre les forêts ancestrales et les vallées où résonnent encore des échos païens, Meuhstache trace depuis l’été 2023 un sillon sonore aussi brut qu’envoûtant. Ce trio suisse incarne une vision du rock massif où l’authenticité n’est pas un argument marketing, mais une éthique de création.

Genèse d’une alchimie

Né de la convergence de trois parcours mélomanes, Meuhstache refuse d’emblée les postures convenues. Le projet repose sur un paradoxe assumé : fabriquer une musique artisanale, presque organique, tout en nourrissant l’ambition légitime de la porter au-delà du cercle des initiés. Pas de fausse modestie ici, pas non plus de grandiloquence — juste une démarche frontale qui dit ce qu’elle fait et fait ce qu’elle dit.

Un creuset d’influences sous haute tension

Le Desert Rock constitue le socle idéologique du groupe, mais Meuhstache ne se contente pas de recycler les codes californiens des années Kyuss. Le trio digère un spectre métal large, y injecte des résonances orientales et anglo-saxonnes, convoque l’ésotérisme autant que l’engagement sociétal. Cette hybridation produit une musique qui refuse les tiroirs et les étiquettes faciles. Les influences se télescopent, se répondent, créent des accidents heureux que le groupe cultive plutôt que de les lisser.

Architecture sonore : la densité comme manifeste

Musicalement, Meuhstache privilégie l’impact à l’esbroufe. Le son frappe par sa masse compacte, sans les artifices de production qui anesthésient trop souvent le rock contemporain. Les guitares délivrent des distorsions abrasives, taillées à la serpe, tandis que la rythmique emprunte aux percussions tribales leurs motifs hypnotiques. L’ensemble compose des atmosphères rituelles, presque cérémonielle, où chaque riff semble invoquer quelque chose de plus grand que lui.

Paroles : chroniques intimes et cris de révolte

Les textes de Meuhstache fonctionnent comme des fragments autobiographiques jetés à la face du monde. Tour à tour rageurs et contemplatifs, ils refusent le compromis et la demi-mesure. Le militantisme qui traverse l’œuvre ne verse jamais dans le tract ou le slogan — il surgit naturellement d’une vision du monde cohérente, ancrée dans des valeurs que le groupe ne négocie pas. Cette authenticité textuelle, parfois abrupte, constitue peut-être la signature la plus distinctive de Meuhstache : une parole qui ne cherche pas à plaire mais à dire.

Verdict

Dans un paysage rock francophone souvent timoré, Meuhstache détonne par son refus des concessions esthétiques et idéologiques. Le trio ne réinvente pas la roue, mais il la fait tourner avec une conviction qui force le respect. À surveiller de près pour quiconque cherche un rock qui ne s’excuse pas d’exister.

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Chroniques de concerts

Lez'Arts Murailles 2026 - Meuhstache, The Dungbeetle Conspiracy, Lofofora, SpaceBrain

L'Usine, Genève, Suisse
Pour sa troisième édition, le festival Lez’Arts Murailles avait vu les choses en grand : un double vernissage, une tête d’affiche légendaire, et une programmation qui faisait la part belle à la scène genevoise. Meuhstache © Photos / Marwan Khelif Meuhstache ouvre les hostilités. Premier passage du trio sur la scène du PTR, et déjà une présence qui s’impose. Deux guitares électriques, une batterie, et un chant habité : la formule est épurée, l’impact frontal. Le witchy stoner du groupe prend tout son sens en live, quelque part entre rituel païen et déflagration électrique. On sent une énergie brute, celle d’un groupe qui n’a pas besoin d’artifices pour captiver. Le vernissage de Nyctophilia trouve ici son écrin parfait. The Dungbeetle Conspiracy © Photos / Marwan Khelif The Dungbeetle Conspiracy prend le relais pour célébrer la sortie de son premier album éponyme. Quatre musiciens sur scène, basse-guitares-batterie, le dispositif …

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Critiques d'albums

Meuhstache - Nyctophilia

Il y a des albums qui ne se contentent pas d’occuper vos enceintes — ils s’y installent comme une entité invoquée, refusant de partir avant d’avoir accompli son rituel. Nyctophilia, premier album du trio genevois Meuhstache, appartient à cette catégorie d’œuvres qui exigent qu’on leur cède le terrain. Formé en 2023, Meuhstache s’est rapidement distingué sur la scène alternative suisse par une proposition singulière : un stoner rock teinté d’occultisme, porté par une énergie résolument sororale et une esthétique qui célèbre les marges plutôt que de s’en excuser. Le groupe ne se contente pas de jouer dans les bois — il vous y entraîne, torche à la main, pour une cérémonie dont vous ressortirez changé. Dès les premières mesures, le ton est donné. Les riffs, épais comme la brume d’un sous-bois à l’aube, s’installent avec une densité qui évoque autant les pionniers du genre (Kyuss, Sleep) qu’une tradition plus …

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