Milla

Il y a des voix qui s’imposent dans le fracas. Celle de Milla choisit le chemin inverse : elle s’insinue, feutrée, dans les silences, et c’est là qu’elle devient inoubliable.

Née en l’an 2000 en Valais, Milla Besson a grandi entre la vallée de Bagnes et Martigny, dans un foyer où la musique ne connaissait pas d’horaires. Son père, guitariste passionné et mélomane, lui a transmis très tôt le goût des belles harmonies. Dès l’âge de sept ans, elle l’accompagne à des concerts plusieurs fois par mois, engrangeant une culture musicale vaste et éclectique — des Beatles, qu’elle écoute en boucle pendant une période entière, à Chet Baker et Jean-Louis Murat. Parallèlement, l’adolescente se plonge dans la littérature française classique et la poésie, de Prévert à Aragon, nourrissant une sensibilité qui irriguera plus tard chacun de ses textes.

Pourtant, le chant ne va pas de soi. Milla s’est longtemps interdit de chanter, ne prenant ses premiers cours de technique vocale qu’à dix-neuf ans. Avant d’oser poser sa voix sur une mélodie, elle écrivait déjà — des poèmes offerts en cadeau, des textes intimes qui touchaient leur destinataire avec une justesse désarmante. Le passage de l’écriture à la chanson se fait naturellement, comme une évidence longtemps contenue.

Depuis 2019, Milla collabore et compose avec des figures de la scène romande : Marc Aymon, Jérémie Kisling et le duo Aliose. Cette rencontre avec Marc Aymon, en particulier, se révèle déterminante — une collaboration de plus de quatre ans qui évolue en un véritable échange artistique. En décembre 2023, elle est sélectionnée parmi les neuf artistes du programme Émergences musicales à Montreux, aux côtés d’Aliose et sous le regard bienveillant de Francis Cabrel — une reconnaissance qui confirme la solidité de son écriture et la singularité de son univers.

En mars 2024, elle publie Courbes, un premier EP qui frappe par sa maturité. Enregistré à Paris avec le réalisateur Frédéric Jaillard — connu pour son travail avec Thomas Dutronc, Claire Keim ou Feu Chatterton — le disque tisse des mélodies acoustiques délicates rehaussées de touches électroniques subtiles. Le résultat est d’une élégance rare : des chansons qui bercent mais qui piquent, portées par une voix à la fois fragile et assurée, capable de transformer un murmure en paysage intérieur. L’EP lui ouvre les portes de grands festivals romands — Tohu Bohu, Palp, Label Suisse —, confirmant que Milla n’est pas qu’une promesse mais bien une artiste en plein élan.

Car Milla est aussi une créatrice au sens large. Passionnée de peinture et de littérature, diplômée des beaux-arts de Genève (HEAD), elle a présenté dès 2021 sa première exposition, Le ventre creux, à Martigny. Cette double sensibilité — visuelle et littéraire — imprègne sa musique d’une qualité presque picturale, où chaque mot semble choisi comme on poserait une touche de couleur sur une toile.

Pour cette ouverture de soirée, Milla sera accompagnée d’Arno Cuendet — un format intimiste taillé sur mesure pour une artiste dont la force réside précisément dans la proximité et le dépouillement. Une invitation à ralentir, à écouter vraiment, et à se laisser porter par cette douceur mélancolique qui est devenue sa signature.

Actualités

Aucune actualité récente

Concerts à venir

Aucun concert annoncé

Chroniques de concerts

Aucune chronique de concert

Critiques d'albums

Aucune critique d'album

Commentaires

comments powered by Disqus