Noé Preszow

Noé Preszow — que l’on prononce Prèchof — est né le 13 septembre 1994 à Bruxelles. Il est le fils d’une mère traductrice et musicienne et d’un père passionné d’art brut et de cinéma, un contexte familial propice à l’accomplissement de soi à travers les arts. Ses parents sont décrits comme des progressistes qui débattaient beaucoup de politique et de poésie, invitant leurs enfants à échanger et à être attentifs à leur époque.

Son nom de famille porte en lui une histoire dispersée aux quatre vents : ses racines polonaises se retrouvent de la Moldavie à la Grèce, et la question du déracinement, qu’il évoque notamment dans la chanson “Exils”, le touche profondément. C’est d’ailleurs ce bagage personnel qui donnera son titre à son deuxième album : [prèchof], la transcription phonétique de son nom, une manière de revendiquer une identité longtemps tue.

L’éveil musical : du violon à la guitare

Dès l’âge de 3 ans, Noé apprend le violon, puis découvre la guitare à 12 ans, instrument qui deviendra son alter ego — le prolongement de sa voix, de son corps. Adolescent, il utilise un petit magnéto à la maison pour enregistrer ses premières démos, qu’il fait écouter à ses amis d’école, son premier public.

Entre 17 et 22 ans, il accumule des centaines de maquettes qu’il distribue sous le pseudonyme « Posthume » — une façon de dire : qu’on le découvre ou non, il aura fait ce qu’il avait à faire. Cette pratique du “bricolage” en chambre, comme il la nomme lui-même, ne le quittera jamais vraiment, même après sa consécration.

Des influences entre France et rock

Le paysage musical de Noé Preszow se construit à l’intersection de plusieurs mondes. Sa première révélation musicale arrive à 6 ans, avec Renaud, dont il dira : “Je suis né quand j’ai découvert Renaud.” Il prend ensuite un second virage en découvrant Indochine, ce qui lui permet de s’ouvrir “à autre chose et d’avoir une musique plus décomplexée.”

Il se souvient d’avoir écouté la chanson française avec ses grands-parents — Brel, Barbara, Anne Sylvestre — et dit que cette musique l’a “animé et plus jamais quitté.” À ces influences s’ajoutent, selon ses propres mots, Léo Ferré, Daft Punk, Barbara, mais aussi Nirvana et Indochine, qu’il écoutait beaucoup à l’adolescence. Cette alchimie singulière — chanson française classique, pop rock anglo-saxonne, engagement politique — définit tout l’ADN de son univers.

Les débuts et la révélation : À nous (2020)

Il signe avec le label français Tôt ou Tard en 2019 et se produit en première partie de Vincent Delerm à la Cigale. Son premier single, À nous, sort le 10 mars 2020. Le timing est saisissant : écrit plusieurs années auparavant, les médias le qualifient de chanson “prémonitoire” tant il colle avec le premier confinement lié à la pandémie de COVID-19.

La chanson est élue “Découverte Francophone” par les Médias Francophones Publics pour la période mai-août 2020. En quelques semaines, Noé Preszow s’installe dans le paysage musical francophone. La chanson évoque le sentiment de solitude et le besoin de solidarité — montrer qu’il est possible d’être à la fois solitaire et solidaire. Cette dualité deviendra la marque de fabrique de l’artiste.

Son premier EP Ça ne saurait tarder, composé de quatre titres, sort en septembre 2020. Porté par “À nous”, “Que tout s’danse”, “Les armes que j’ai” et “Je te parle encore”, il permet de découvrir tout l’univers d’un artiste dont l’écriture aborde l’entraide, la solidarité et l’espoir.

Premier album À nous (2021) : l’émergence confirmée

Après son premier album éponyme À nous, sorti en 2021, il est nominé aux Victoires de la Musique et entame une tournée d’ampleur nationale. Ce disque volontairement retenu, presque intime, ressemble à sa chambre : il chante un peu moins fort, met un peu moins de guitare, mais assume chaque texte, chaque mélodie, chaque arrangement.

Deuxième album [prèchof] (2024) : la libération

Sorti le 16 février 2024, [prèchof] marque une rupture dans la trajectoire de Noé Preszow. Musicalement marqué par l’omniprésence des guitares et par des thématiques politiques, l’album aborde notamment la guerre en Ukraine dans “La gare” et la montée de l’extrême droite en Europe dans “Juste devant.”

Treize titres indociles et profonds, combatifs et authentiques, où se contrastent les sujets sociétaux et les réflexions intimes — un disque où se balancent sensibilité, tendresse, politique et espoir.

Pour cet album, Noé Preszow s’entoure du bassiste Romain Descampe et du batteur Ziggy Franzen, tous deux issus de Puggy, ainsi que du producteur Ambroise Willaume, alias Sage, connu pour son travail avec Clara Luciani, Clara Ysé et Albin de la Simone.

Le titre de l’album n’est pas anodin. Noé explique avoir voulu un mot qui ne soit ni français, ni une expression étrangère, ni un album éponyme au sens strict. Son nom phonétique, [prèchof], est une manière de remettre les points sur les “i” — de se dévoiler enfin, après avoir gardé son histoire familiale pour lui sur le premier disque.

L’artiste engagé : solitaire et solidaire

La formule de Camus — “solitaire et solidaire” — résume parfaitement la posture de Noé Preszow. Il se dit militant mais non enchaîné : il peut défendre des causes, aller en manifestation, et ressentir en même temps le besoin de passer du temps seul, à l’écoute du monde, pour se forger sa propre opinion sans suivre personne d’autre que son ombre.

Il se produit à plusieurs reprises lors de concerts en soutien au peuple palestinien, à Paris, à Bruxelles, à Namur et à La Louvière. C’est le sort réservé aux exilés, aux réfugiés, aux sans-papiers qui reste selon lui la cause pour laquelle il serait toujours prêt à descendre dans la rue.

Plume pour les autres

Au-delà de sa propre carrière, Noé Preszow s’impose également comme auteur-compositeur pour d’autres artistes. En 2025, il contribue à l’album Sains & Saufs de Zaz en écrivant et/ou composant pas moins de six chansons. Il est aussi co-auteur de nouvelles chansons d’Alice On The Roof et de Mentissa. En parallèle, il signe en 2023 la préface du livre de poésie Billet d’où de Laurence Vielle, aux éditions Castor Astral — témoignage de son attachement sincère à la poésie comme art à part entière.

Sur scène et dans les salles

Sa deuxième tournée le conduit à travers la France — notamment à l’Olympia —, en Belgique au Cirque Royal, en Suisse et au Canada. Sa salle préférée au monde reste Forest National, emblème de la musique populaire bruxelloise. Pour lui, la scène n’est pas un prolongement anecdotique du disque, c’est l’espace où la chanson trouve son véritable sens : collectif, vivant, partagé.


Noé Preszow incarne une certaine idée de la chanson française du XXIe siècle : héritière de Brel et de Renaud, mais nourrie de rock, de folk et d’engagement contemporain. Avec une plume acérée, une voix reconnaissable entre toutes et une intégrité artistique qui refuse les compromis, il construit disque après disque une œuvre dense, personnelle et résolument tournée vers le monde.

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