SUN Brutal Pop

Il existe une question que beaucoup se posent en découvrant SUN pour la première fois : comment peut-on aimer à la fois ABBA et Gojira ? La réponse, c’est Karoline Rose — et la réponse s’appelle la Brutal Pop.

Derrière le nom de SUN se cache Karoline Rose, autrice, compositrice, chanteuse et guitariste d’un projet débuté en 2017, qui se définit par l’appellation brutal pop — en résumé : mélodies catchy, univers visuel coloré, parties vocales parfois hurlées et double pédale de grosse caisse. Une définition qui dit presque tout, mais pas l’essentiel : ce que cette musique fait ressentir.

Une trajectoire hors normes

Karoline Rose Sun est née à Karlsruhe, en Allemagne, et s’est installée en France à l’adolescence. À l’âge de douze ans, elle a découvert sa technique de growl et s’est rapidement mise à tourner avec des groupes de rock locaux.

Son parcours est celui d’une artiste totale, incapable de se cantonner à un seul territoire. Elle commence sa carrière en tant que chanteuse et guitariste dans le groupe de brutal death metal Psychobolia. Parallèlement, elle explore les scènes de comédie musicale, de théâtre contemporain et d’opéra — jouant le rôle d’Édith Piaf en France, en Corée du Sud et au Japon, et incarnant Solène dans 1789 : Les Amants de la Bastille au Palais des Sports de Paris.

En 2013, elle participe à The Voice sur TF1 dans l’équipe de Florent Pagny, atteignant le stade des battles. En 2014, elle est présélectionnée pour représenter l’Allemagne à l’Eurovision, où elle se classe deuxième avec la chanson Amber Sky. Deux vitrines grand public pour une artiste dont l’ADN est résolument underground.

En 2016 et 2017, elle assure les premières parties de Nina Hagen, Jeanne Added, Poni Hoax et Vick Moan. Des noms qui dessinent la carte d’une scène — celle des musiciens qui refusent les cases.

Un nom, un hommage

Le nom SUN est un hommage à son père, décédé la veille de ses six ans. Une fleur de tournesol ornait sa tombe. Un jour, elle a découvert que la tombe avait disparu. Elle a alors choisi le nom SUN pour le garder vivant. Il y a dans ce geste quelque chose qui explique l’intensité de sa musique — une façon de conjurer la perte par le bruit, la lumière, la présence.

La Brutal Pop : un genre inventé, pas revendiqué

Brutal Pop, son premier EP sous son nom actuel SUN, a été produit par Dan Lévy, producteur de The Dø. Quatre titres — I Killed My Man, Fast Car, Higher Fire, Enemy — qui posent les fondations d’un genre entièrement neuf. I Killed My Man est une “messe d’adieu à l’Amour toxique, celui qui nous fait perdre notre propre identité et qui peut détruire des vies”, décrit Karoline. Fast Car déboule avec une rythmique hypnotique, alternant chant clair et growls dans un même souffle. La violence et la douceur ne se succèdent pas : elles cohabitent, mot par mot, note par note.

SUN revendique comme influences : Morbid Angel, The Beatles, Immolation, ABBA, Rihanna et Gojira. Un mélange qui en dit long — et qui résume parfaitement l’esthétique d’une artiste qui refuse de choisir entre la beauté et la brutalité.

Brutal Pop II, sorti en janvier 2023, franchit un cap. Pour le mixage, elle fait appel au producteur Andrew Scheps — connu pour ses collaborations avec U2, Metallica, Adèle et Beyoncé, trois Grammy Awards à son actif — tout en se réservant la production et la réalisation. Pour cet EP, SUN s’entoure de Bassem Ajaltouri à la basse et à l’orgue Hammond, et de Loris Larosa à la batterie. Le résultat est plus ample, plus sophistiqué, sans rien perdre de l’urgence des débuts.

Krystal Metal : le premier album

Mai 2025. Après huit ans de scène, deux EPs et des centaines de concerts sur quatre continents, SUN sort enfin son premier album. Krystal Metal compte neuf titres et une durée de 35 minutes — sans compromis, viscéral, inattendu. L’album mêle des ambiances à la Deftones pour la brutalité contenue, Nine Inch Nails pour la noirceur, Aurora pour la dimension théâtrale, et Poppy période I Disagree pour le chaos stylisé. Mais SUN ne copie rien : elle transforme tout ce qu’elle touche.

Parmi les titres, Warrior Riot Grrrl convoque les fantômes de Bikini Kill avec la puissance d’un groupe de death ; Painful Attraction, inspirée des rythmes zouk des Caraïbes, prouve que la Brutal Pop est capable d’absorber n’importe quelle géographie musicale sans se dissoudre ; Khaos Star impose une structure rythmique et vocale qui cloue sur place.

Scène : la preuve par le feu

La scène est là où tout se cristallise. SUN s’est produite sur le parvis du Stade de France pour le pré-show de Metallica le 19 mai 2023, a arpenté les plus grandes salles de l’Hexagone en ouvrant pour la tournée finale de Shaka Ponk dans les Zéniths et Arenas de France en 2024, et a ouvert la journée du vendredi sur la Main Stage du Hellfest 2025.

Depuis 2022, SUN a donné 120 concerts dans 18 pays sur quatre continents, jouant dans des festivals comme Rock en Seine, les Trans Musicales, The Great Escape et le Fusion Festival. Elle est managée aux États-Unis par Vicky Hamilton — la femme qui a signé Guns N’ Roses — et endorsée par Fender.

Une artiste totale, un univers complet

SUN ne se limite pas à la musique. En 2021, elle joue le rôle d’une forgeron, chanteuse et guitariste dans le film Tom Medina de Tony Gatlif, sélectionné dans la section officielle du Festival de Cannes 2021. Elle compose cinq chansons pour la bande originale du film. En 2023, elle est castée dans She Is Conann de Bertrand Mandico, et dans Vincent Must Die. En 2024, elle apparaît dans Dragon Dilatation du même Mandico.

En septembre 2021, SUN reçoit le Prix FAIR — la plus importante récompense française pour la musique actuelle. Une reconnaissance institutionnelle pour une artiste qui a tout construit en dehors des circuits balisés.

La Brutal Pop comme manifeste

Il y a quelque chose de politique dans la trajectoire de SUN — pas au sens des chansons à message, mais au sens d’une façon d’exister dans un paysage musical qui range les femmes d’un côté et le metal de l’autre. Ses chansons expriment la violence des grandes émotions : l’amour vrai, la joie, le deuil. SUN porte un message d’espoir, de courage et d’amour — la vie vaut la peine d’être vécue même dans les moments les plus difficiles.

C’est peut-être ça, finalement, la définition la plus juste de la Brutal Pop : une musique qui crie pour ne pas pleurer, et qui fait les deux en même temps.

Actualités

Aucune actualité récente

Concerts à venir

Aucun concert annoncé

Chroniques de concerts

La Sainte Rock 2026 - Wicked Elephant Revival, Datcha Mandala, Loons, Sun Brutal Pop, Catchy Peril, Cachemire

6MIC, Aix-en-Provence, France
Pour sa troisième édition, La Sainte Rock a planté son chapiteau électrifié au 6MIC, à l’ombre symbolique de la Sainte-Victoire, et a rappelé d’emblée pourquoi le festival s’est imposé en quelques années comme le rendez-vous incontournable du rock dans le Sud. Deux scènes, douze artistes sur deux jours, et cette promesse simple qu’aucune autre programmation aixoise ne tient avec autant de constance : du rock, du vrai, dans toutes ses déclinaisons. Le premier soir s’est ouvert avec une affiche dense, six groupes qui se sont relayés en alternance entre la Salle Club et la Grande Salle, et un public clairement venu en découdre. Tour d’horizon d’une soirée qui a posé la barre haut pour la suite. Wicked Elephant Revival — l’ouverture qui met le ton © Photos / Marwan Khelif Mission délicate que celle d’ouvrir un festival, surtout quand le public se compte encore et qu’il faut convaincre les premiers arrivés que la soirée vaut …

Lire la suite

Critiques d'albums

Aucune critique d'album

Commentaires

comments powered by Disqus