Quand Marseille rêve en Britpop
Il y a des groupes qui naissent d’une évidence — une rencontre, une affinité immédiate, la certitude que deux voix et deux guitares ensemble vont produire quelque chose qui n’existait pas encore. The Elephant Green est de ceux-là. Né à Marseille, ce quatuor rock possède une signature sonique faite de guitares électriques foudroyantes, de hooks vibrants et de performances vocales à haute tension. Un groupe qui n’existe que depuis peu, mais qui sonne déjà comme s’il avait des années de route derrière lui.
Une rencontre fortuite, une trilogie sacrée
The Elephant Green, c’est la rencontre fortuite entre Thiago, musicien brésilien, et Lucas, guitariste ayant déjà sévi dans plusieurs groupes de la scène indie locale. Thiago aime la pop et la sainte trilogie Beatles-Oasis-Teenage Fanclub. Il a écrit des morceaux qu’il fait écouter à Lucas et à Anselme (basse), avec en filigrane l’envie de monter un groupe — idée qui se finalisera avec l’arrivée de Simon à la batterie.
The Elephant Green a donc commencé avec Thiago Pedalino et Lucas Martinez, avant d’être complété par l’arrivée d’Anselm Reed et Simon Granier. Quatre personnalités, une vision commune : ramener le rock’n’roll à sa puissance mélodique originelle, sans sophistication inutile, sans ironie distante — juste la foi dans la chanson bien faite.
Un son qui traverse la Manche
Les références du groupe disent tout de leur esthétique. The Elephant Green ramène le rock and roll à sa puissance et à sa mélodie. Ils canalisent le swagger d’Oasis, l’éclat pop des Beatles et l’énergie vibrante de Teenage Fanclub. Avec des guitares qui s’envolent, des hooks accrocheurs et des refrains inoubliables, leur musique donne l’impression de vivre un rêve — épique, intemporel, toujours prêt pour le niveau suivant.
L’amour et l’admiration pour les Beatles et Oasis sont indéniablement présents dans le style de The Elephant Green — mais ce serait réducteur de s’en tenir là. Leur son absorbe aussi Teenage Fanclub pour sa façon de fondre la mélodie dans le bruit, et convoque par moments l’énergie glam d’un Mötley Crüe ou la rudesse du Britpop de deuxième génération. Ce n’est pas de la nostalgie : c’est une conviction que certaines façons de faire du rock restent indépassables, et que l’honorer honnêtement vaut mieux que de chercher à réinventer la roue.
Sur scène comme en studio, la dualité vocale entre Thiago et Lucas est l’une des forces du groupe. Portées par un chant parfois partagé à deux et des chœurs à l’unisson, les superbes compositions du groupe se succèdent à un rythme effréné, juste ralenti par des titres plus mid-tempo, archétypes mêmes de la ballade pop.
Une irruption remarquée sur la scène marseillaise
The Elephant Green débarque sur la scène marseillaise début 2025 avec une urgence qui surprend. Le groupe maintient une présence vibrante sur les réseaux sociaux, partageant de délicieuses reprises de titres iconiques d’artistes tout aussi iconiques — The Smiths, David Bowie et, bien sûr, les Beatles. Et la joie communicative qui émane de chaque membre du groupe ne fait qu’amplifier le charme de ces reprises.
Leurs premiers singles s’enchaînent rapidement : She’s a Wildfire d’abord — une véritable fusée tirée à travers la porte de la scène rock marseillaise — puis Shattered Glass. Des riffs de guitare graveleux et haute tension, une batterie au galop, une mélodie qui semble être l’enfant illégitime de Mötley Crüe et Teenage Fanclub : voilà l’intro qui vous accueille dans le paysage sonore vivace de Shattered Glass. Le titre convoque des émotions contradictoires — douleur et liberté, acceptation et libération — et les voix de Thiago et Lucas y épousent les harmonies avec une naturelle décontraction britpop.
Même en approchant de la fin du morceau, l’énergie du groupe ne vacille pas une seule seconde — leur amour de leur musique brille d’une chaleur blanche du début à la fin.
She Said et l’album à venir
La liste des titres qui composent le répertoire live du groupe s’étoffe rapidement. Something Rising, She Said, I Believe, Good Enough — autant de morceaux qui démontrent la maîtrise des dynamiques, la capacité à passer de l’urgence électrique à la ballade sans jamais perdre le fil. C’est facile de comprendre pourquoi le groupe a rapidement décroché des concerts dans des salles comme La Maison Hantée et Le Molotov.
Le groupe prévoit la sortie de son premier album pour septembre 2025 en vinyle et en digital — un premier disque très attendu, qui devrait cristalliser tout ce que leurs premières sorties ont laissé entrevoir. La confiance d’Oasis, la sensibilité pop des Beatles, l’énergie jangly de Teenage Fanclub — mis en bouteille, pressés sur vinyle, expédiés depuis Marseille.
Ce que Marseille produit de mieux
The Elephant Green s’inscrit dans une vague plus large. La scène rock marseillaise fourmille depuis quelque temps et, à intervalles réguliers, voit débarquer sans crier gare un nouveau groupe qui vient enrichir et diversifier un panorama déjà riche. Le Molotov, La Maison Hantée, Leda Atomica, La Sainte Rock au 6MIC — les scènes de la région constituent un terreau fertile pour des groupes qui, comme The Elephant Green, ont du son, des idées, et la conviction que le rock mérite d’être défendu avec ardeur.
The Elephant Green est la quintessence du type de découverte dont on parle, surtout avec leur deuxième single. Malgré le fait d’avoir à peine entamé leur parcours musical collectif, ils sonnent comme s’ils faisaient de la grande musique ensemble depuis des décennies. C’est peut-être leur force la plus précieuse : une maturité sonique qui n’a pas attendu les années pour s’installer.
Actualités
Aucune actualité récente
Chroniques de concerts
La Sainte Rock 2026 - The Bundies, La Flemme, The Elephant Green, The Last Internationale, Le Bleu, Deportivo
Critiques d'albums
Aucune critique d'album
