Yuston XIII

Yuston XIII est l’un des artistes francophones les plus singuliers de sa génération. Là où d’autres passent par les conservatoires ou les écoles de musique, lui construit son univers en solitaire, depuis sa chambre d’adolescent, armé d’une connexion internet et d’une curiosité dévorante. C’est sur YouTube qu’il apprend les rudiments de la composition, de l’enregistrement et du mixage — une formation atypique qui forge, paradoxalement, une identité artistique d’une cohérence rare.

Son parcours académique, lui, emprunte d’abord une voie plus conventionnelle : des études d’ingénierie à Lyon, ville qu’il investit et qui l’inspire. Mais la musique, journal intime qu’il tient en silence depuis des années, finit par l’emporter. Yuston XIII prend une décision radicale : tout quitter pour se consacrer entièrement à son art. Il s’accorde une année entière de retraite créative, peaufinant ses compositions, ses textes, son univers visuel. De cette période d’isolement productif naît quelque chose de cohérent, de dense, d’abouti.

Un univers entre ombre et lumière

Ce qui distingue immédiatement Yuston XIII, c’est la singularité de sa voix — ténébreuse, envoûtante, capable d’habiter une syllabe avec une intensité qui déconcerte. Il se situe dans un entre-deux stylistique savamment entretenu : ni tout à fait rappeur, ni tout à fait chanteur, la frontière est floue et c’est précisément là que réside sa force. Poète, rappeur ou chanteur, la ligne est mince pour cet autodidacte qui réalise également ses propres instrumentales et la plupart de ses clips, devenant ainsi pleinement maître de son art.

Son écriture est introspective, imagée, sans filtre. C’est avec une profonde sensibilité qu’il exprime ses déceptions et ses doutes face à la complexité du monde qui l’entoure — une sincérité renforcée par une écriture qui touche et ramène à sa propre histoire. Sa musique ne cherche pas le divertissement facile ; elle cherche la résonance, l’écho intérieur. Chaque titre fonctionne comme une page d’un journal que tout le monde pourrait avoir écrit.

La trajectoire fulgurante

Fantôme et l’irruption dans le paysage musical (2021)

Son premier single, « Fantôme », sorti en décembre 2021, connaît un succès immédiat, captivant son public et conquérant ses fans sur les réseaux sociaux. Le titre atteint rapidement le million d’écoutes sur les plateformes de streaming dès ses premières semaines. L’alchimie est là : une voix qui prend aux tripes, une production atmosphérique, des textes qui portent une charge émotionnelle brute. Son premier concert en tête d’affiche à La Boule Noire affiche complet en seulement 24 heures — un signal fort que quelque chose d’authentique est en train de naître.

Origine — Premier EP (février 2023)

En février 2023, il sort son premier EP, Origine, un recueil de 7 titres introspectifs qui plonge dans une histoire poétique mêlant habilement rap et chant. Le projet confirme ce que Fantôme avait promis : un artiste capable de construire un monde sonore cohérent et habité. Origine se présente comme une plongée dans les strates identitaires de l’artiste, une interrogation sur les racines, le sens, la place dans un monde complexe.

La conquête des grandes scènes

L’ascension est vertigineuse. De ses débuts dans des salles intimistes, il passe à La Cigale puis à l’Olympia à guichets fermés, transformant ses concerts en expériences immersives inoubliables. En octobre 2024, l’Olympia — salle mythique du boulevard des Capucines — accueille l’un de ses passages les plus remarqués, dans le cadre d’une tournée hexagonale qui l’emmène à Lille, Strasbourg, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux et Nantes.

Avec plus de 200 millions de streams, l’artiste s’est imposé comme l’une des figures montantes du paysage francophone.

Les Enfants du Chaos — Premier album studio (janvier 2026)

Son premier album studio, intitulé Les Enfants du Chaos, sort le 30 janvier 2026. Ce disque immerge l’auditeur dans un univers dystopique, mêlant instrumentaux orchestraux à des titres alternant rap et chant. L’ambition est clairement plus vaste que celle de l’EP : Yuston XIII cherche à créer une œuvre totale, un objet artistique entre musique et cinéma, comme l’indique son propre site officiel qui décrit l’album comme « une expérience immersive entre musique et cinéma ». 20 titres exclusifs pour un projet qui entend marquer durablement les esprits.

La scène comme espace rituel

Capable de naviguer entre ombre et lumière, il crée sur scène des moments suspendus, où chaque note et chaque image ébranlent. Ses performances ont quelque chose de cérémoniel. L’univers visuel soigné, les jeux de lumière, la présence physique — tout concourt à transformer le concert en expérience sensorielle globale. Il ne chante pas seulement des chansons, il installe une atmosphère.

2026-2027 : vers les sommets

La tournée 2026, baptisée « L’enfant des cendres », marque un nouveau chapitre. Après plus d’un an de quasi-silence suivant son passage à l’Olympia, Yuston XIII revient avec une série de dates dans toute la France — Zénith de Paris en ouverture début février, suivi de Lille, Rouen, Marseille, Nîmes, Clermont-Ferrand, Reims, Lyon, Nancy et d’autres villes. Après La Boule Noire, La Cigale, l’Olympia et le Zénith de La Villette, une date à l’Accor Arena de Paris est d’ores et déjà programmée pour le 20 mars 2027 — une salle de 20 000 personnes qui représente l’une des plus grandes scènes d’Europe. La progression est spectaculaire.

Ce qui le rend unique

Dans un paysage urbain francophone parfois saturé de codes et de postures, Yuston XIII tranche par sa sincérité désarmante. Il n’a pas cherché à coller à une tendance ; il a construit quelque chose qui lui ressemble, avec les moyens du bord, depuis une chambre, puis il a trouvé un public qui s’y reconnaissait. Sa musique réconfortante, ponctuée d’une énergie brute et sans limite, met en lumière un artiste écorché vif dont la trajectoire ressemble à celle qu’il décrit dans ses textes : une quête, une construction de soi, un combat contre le doute — mené jusqu’à la lumière des plus grandes salles.

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L'Autre Canal, Nancy, France Yuston XIII
La Sirène, La Rochelle, France Yuston XIII
MTELUS, Montréal, Canada Yuston XIII
Zénith De Saint-Étienne, Saint-Étienne, France Georgio, Yoa, Yuston XIII

Chroniques de concerts

Festival de la Paille 2024 - Jour 2 - Flaur, Yuston XIII, Mystically, MC Solaar, Zed Yun Pavarotti, Vladimir Cauchemar, Manudigital

Métabief, France
Pour sa deuxième journée, le Festival de la Paille a déployé une programmation éclectique oscillant entre moments d’introspection et explosions festives. Seul bémol dans cette organisation par ailleurs bien huilée : la proximité des deux scènes qui a parfois créé quelques interférences sonores, les balances d’une scène se faisant entendre pendant les concerts de l’autre. Une configuration qui n’a néanmoins pas empêché le public de profiter pleinement de cette soirée riche en contrastes. © Photos / Marwan Khelif C’est Flaur qui a ouvert cette deuxième journée avec une pop aérienne et mélancolique aux accents folk, particulièrement lorsque l’artiste s’emparait de sa guitare. Si la fosse n’affichait pas encore complet, le public, confortablement installé dans la descente de la piste de ski, a su apprécier cette entrée en matière tout en délicatesse. Le titre “Hold Down” a particulièrement fait mouche, invitant les premiers …

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