The Cure à Dublin : une nuit à Marlay Park et un nouvel album dans les tiroirs
Ce soir, Robert Smith et ses acolytes posent leurs valises à Marlay Park pour l’une des dates les plus attendues de leur tournée estivale européenne. Dublin — ville qui a toujours réservé à The Cure un accueil particulièrement électrique — se prépare à une soirée de plusieurs heures, dans la grande tradition des marathons live qui ont fait la légende du groupe.
Une tournée qui ne ressemble à aucune autre
Depuis le début juin, The Cure enchaîne les festivals avec une régularité qui force le respect. Primavera Sound à Barcelone, Nova Rock en Autriche, l’Isle of Wight Festival, Blackweir Fields à Cardiff — le groupe ne chôme pas. Mais la date de Dublin est d’une nature différente : ce n’est pas un passage dans un programme de festival, c’est un vrai concert de tête d’affiche, avec ses trois heures de set, ses multiples rappels, et cette façon bien particulière qu’a Robert Smith de transformer chaque soir en événement unique.
The Twilight Sad, Just Mustard et Stella and The Dreaming assurent la première partie — un plateau de supports qui dit beaucoup sur l’attachement de Smith à la scène indie britannique et irlandaise contemporaine. Pas des noms au hasard, mais des groupes avec lesquels The Cure entretient des liens d’estime sincère.
Un setlist qui voyage dans le temps
Pour ce leg européen, le groupe pioche dans l’ensemble de sa discographie avec une liberté qui ravit les fans de la première heure et désoriente agréablement les néophytes. Lullaby, A Forest, Pictures of You, Lovesong, Friday I’m In Love, From the Edge of the Deep Green Sea — les classiques sont là, mais Smith et ses musiciens ne résistent pas à l’envie de ressortir des raretés que les setlists habituels n’avaient pas accueillies depuis des années. C’est l' un des plaisirs de cette tournée : ne jamais savoir exactement ce qui va arriver.
Ce qui se prépare dans l’ombre
Au-delà des concerts, une information circule depuis plusieurs mois : The Cure ont enregistré 13 nouvelles chansons, compagnon annoncé de Songs of a Lost World (2024). Robert Smith avait évoqué un disque au caractère plus mélancolique encore, avec du matériel datant parfois de 2016. Le groupe n’a pas communiqué de date de sortie officielle, mais la promesse d’un nouvel album avant la fin de l’année plane sur toute cette tournée — et donne à chaque concert un parfum de transition, d’entre-deux suspendus entre deux chapitres de l’histoire d’un groupe qui, plus de quarante ans après ses débuts, n’a toujours pas fini de surprendre.
Après Dublin, The Cure joue à Belfast (Belsonic, 28 juin), puis continue l’été avec des passages au Open’er Festival en Pologne, Rock Werchter en Belgique, et plusieurs dates en Allemagne et en Europe de l’Est. La tournée se prolonge jusqu’à Electric Castle en Roumanie mi-juillet.