Evanescence de retour avec « Sanctuary » : un sixième album et une tournée mondiale qui ne fait pas dans la demi-mesure
Cinq ans après The Bitter Truth, Evanescence revient avec Sanctuary, sixième album studio du groupe sorti le 5 juin 2026 via BMG. Et dès l’annonce des premières dates de tournée — une traversée de l’Amérique du Nord d’abord, puis de l’Europe jusqu’en août — il est devenu évident que le groupe d’Amy Lee ne comptait pas rentrer discrètement par la petite porte.
Un album ancré dans un son plus lourd
Sanctuary a été co-produit par Jordan Fish, Nick Raskulinecz et Zakk Cervini — un triumvirat qui dit beaucoup sur les ambitions du projet. Jordan Fish est connu pour son travail sur les albums récents de Bring Me The Horizon, où il a contribué à redéfinir les contours du rock hybride contemporain. Raskulinecz, lui, a fabriqué certains des disques de metal les plus solides des vingt dernières années (Foo Fighters, Rush, Mastodon, Alice in Chains). Cervini complète l’équipe avec une sensibilité pop-rock plus directe. Le résultat : un album qui conserve la signature émotionnelle d’Evanescence — voix d’Amy Lee au premier plan, arrangements orchestraux, dynamiques extrêmes — mais dans un habillage plus sombre et plus abrasif que tout ce qu’ils avaient livré jusqu’ici.
L’album marque également l’arrivée d’Emma Anzai à la basse, première titulaire du poste à figurer officiellement sur un disque du groupe. Les amateurs de Sick Puppies reconnaîtront le nom.
Deux singles avaient préparé le terrain : « Afterlife », sorti en mars 2025 dans le cadre de la bande originale du jeu Devil May Cry, et « Who Will You Follow », dévoilé en avril 2026. Le premier avait déjà signalé un virage vers un son plus électriquement chargé. Le second a confirmé que le groupe avait trouvé un équilibre entre grandeur cinématique et vélocité moderne.
Une tournée à plateaux soignés
La tournée mondiale Sanctuary a démarré le 11 juin aux États-Unis. Les dates nord-américaines accueillent Spiritbox en première partie — un choix qui fait sens : le groupe canadien, porté par la voix extraordinaire de Courtney LaPlante, occupe dans le metal actuel une position comparable à celle qu’Evanescence tenait il y a vingt ans. Deux formations dont les registres se répondent sans se confondre.
Pour les dates britanniques et européennes, la configuration change. Poppy assure le support sur la majeure partie du leg, avec Nova Twins en renfort sur les shows hors Royaume-Uni. Ces dernières — duo électro-punk londonien dont la présence sur scène est devenue une valeur sûre du circuit rock européen — apportent une énergie de première partie calibrée pour chauffer une salle avant qu’Amy Lee en prenne la pleine possession.
L’ensemble du parcours européen court jusqu’en août, avec plusieurs passages dans des festivals et des salles de jauge variable, du club à l’arène couverte.
Le retour d’une certaine grandeur
Il y a quelque chose de particulier dans la trajectoire d’Evanescence. Le groupe a émergé en 2003 avec Fallen — un album à 17 millions d’exemplaires vendus, un Grammy, une génération entière de fans formatés à cette alchimie de rock orchestral et de pop gothique. Ce qui aurait pu être une histoire de fulgurance unique s’est révélé être le début d’une carrière longue et souvent imprévisible, jalonnée de silences prolongés et de retours toujours attendus.
Sanctuary n’est pas un album de la nostalgie. Il ne cherche pas à rejouer Fallen ni à capitaliser sur un public acquis. Il prend des risques sonores réels, s’autorise des zones de turbulence, et fait confiance à la capacité d’Amy Lee à porter n’importe quelle structure musicale sans jamais perdre le fil de l’émotion.
Pour les fans qui avaient fait le déplacement aux dernières dates françaises du groupe, l’attente de nouvelles dates européennes est déjà bien entamée. Les informations de billetterie sont disponibles sur le site officiel du groupe.
Sanctuary est disponible sur toutes les plateformes.