Chroniques de concerts

Antigel 2026 - Finnegan Tui

Temple De Carouge, Genève, Suisse
Il y a des soirs où le lieu fait le concert autant que l’artiste. Et puis il y a des soirs où l’artiste et le lieu se trouvent si parfaitement que la distinction s’efface, que la musique semble avoir toujours habité ces murs. Ce mardi soir au Temple de Carouge, dans le cadre du festival Antigel, Finnegan Tui a offert l’un de ces moments rares — un concert où tout converge, où l’intime devient sacré. Le cadre, d’abord. La paroisse protestante de Carouge, avec ses lignes épurées et sa solennité tranquille, semblait avoir été dessinée pour accueillir exactement ce type de musique. Pas de scène démesurée, pas de dispositif spectaculaire — juste un homme, sa guitare, sa voix, et l’acoustique naturelle d’un lieu de recueillement. On ne pouvait rêver meilleure scène pour Finnegan Tui. © Photos / Marwan Khelif Dès les premières notes, le Néo-Zélandais installe un silence particulier, celui qui ne s’impose pas mais qui s’offre. Sa …

Lire la suite

Antigel 2026 - Eckhart, Last Train

L'Alhambra, Genève, Suisse
Ce soir, Antigel avait choisi de secouer les murs de l’Alhambra. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le contrat a été rempli — et largement dépassé. Devant une salle dont la moyenne d’âge trahissait l’appétit d’une nouvelle génération pour un rock vivant et sans filtre, la soirée a offert deux propositions radicalement différentes mais unies par une même intensité. Eckhart : la machine humaine © Photos / Marwan Khelif Quand les deux membres d’Eckhart prennent place sur scène — un batteur et un chanteur —, on ne sait pas encore très bien à quoi s’attendre. Une voix traitée par des effets qui la déforment, la tordent, la rendent méconnaissable, et un arsenal de pédales qui transforme ce duo minimaliste en quelque chose de bien plus vaste. Le premier abord est déstabilisant, il faut l’admettre. On cherche ses repères dans ce magma sonore où s’entrechoquent des échos de trip-hop, de textures industrielles et de …

Lire la suite

Antigel 2026 - Hinako Omori, Anna Von Hausswolff

L'Alhambra, Genève, Suisse
Il y a des soirées où la musique ne se contente pas d’occuper l’espace : elle le reconfigure. Ce jeudi soir, dans le cadre du festival Antigel, l’Alhambra genevoise s’est muée en terrain de métamorphose sonore. Deux artistes, deux univers en apparence antinomiques — l’apesanteur ambient de Hinako Omori et la déflagration rituelle d’Anna von Hausswolff — et pourtant, une continuité troublante. Comme si la première avait préparé le terrain, abaissé les défenses de l’auditoire, pour que la seconde puisse y planter ses crocs. Hinako Omori : l’art de la suspension © Photos / Marwan Khelif L’artiste japonaise basée à Londres s’installe sans cérémonie. Pas de grand geste, pas de posture. Juste une présence discrète derrière ses synthétiseurs, et une voix murmurante qui s’infiltre dans la salle comme un courant d’air tiède. C’est planant, au sens le plus noble du terme — non pas l’ambient de décoration …

Lire la suite

Lez'Arts Murailles 2026 - Meuhstache, The Dungbeetle Conspiracy, Lofofora, SpaceBrain

L'Usine, Genève, Suisse
Pour sa troisième édition, le festival Lez’Arts Murailles avait vu les choses en grand : un double vernissage, une tête d’affiche légendaire, et une programmation qui faisait la part belle à la scène genevoise. Meuhstache © Photos / Marwan Khelif Meuhstache ouvre les hostilités. Premier passage du trio sur la scène du PTR, et déjà une présence qui s’impose. Deux guitares électriques, une batterie, et un chant habité : la formule est épurée, l’impact frontal. Le witchy stoner du groupe prend tout son sens en live, quelque part entre rituel païen et déflagration électrique. On sent une énergie brute, celle d’un groupe qui n’a pas besoin d’artifices pour captiver. Le vernissage de Nyctophilia trouve ici son écrin parfait. The Dungbeetle Conspiracy © Photos / Marwan Khelif The Dungbeetle Conspiracy prend le relais pour célébrer la sortie de son premier album éponyme. Quatre musiciens sur scène, basse-guitares-batterie, le dispositif …

Lire la suite

The Legendary Orchestra, Sabaton

LDLC Arena, Décines-Charpieu, France
En annonçant leur « Legendary Tour 2025 », Sabaton promettait de faire quelque chose qu’ils n’avaient jamais fait auparavant. Ce samedi 29 novembre, la LDLC Arena de Lyon a pu juger sur pièces : les Suédois n’ont pas menti. Ce qui s’est déroulé ce soir-là dépasse le simple concert de power metal pour entrer dans la catégorie du spectacle total, un événement où pyrotechnie, théâtre et musique fusionnent en une expérience sensorielle hors normes. The Legendary Orchestra : l’ouverture épique À 20h, les lumières s’éteignent sur un décor de château fort médiéval. Trois silhouettes féminines prennent place : Noa Gruman au centre, chef de chœur et voix principale d’une puissance sidérante, flanquée sur les deux tours de la violoniste Mia Asano et de Patty Gurdy, armée de sa vielle à roue électrifiée. Trois guerrières mythiques pour une entrée en matière magistrale. Le concept est audacieux : revisiter le répertoire de Sabaton en version orchestrale, …

Lire la suite

Ace G, John Mavro, Saya Gray

Les Docks, Lausanne, Suisse
La Canadienne débarque aux Docks avec son premier album SAYA, fruit d’un voyage solitaire au Japon, pour offrir une démonstration de folk-rock sophistiqué qui confirme toutes les promesses de ses influences revendiquées. Entre héritage des Beatles, puissance de Led Zeppelin et profondeur poétique de Joni Mitchell. Cette performance promet de révéler une artiste qui refuse les facilités esthétiques pour explorer tous les territoires sonores entre folk, rock et pop. Accompagnée d’Ace G aux claviers et beatbox, et de John Mavro à la guitare, Saya Gray construit une architecture sonore qui alterne entre moments collectifs et passages en solo. © Photos / Marwan Khelif La maîtrise vocale et instrumentale Sa voix saisissante confirme immédiatement toutes les attentes : capacité à naviguer entre douceur folk et puissance rock avec une aisance technique exceptionnelle. Cette maîtrise de voix témoigne d’un travail vocal approfondi, rare dans une génération indie souvent …

Lire la suite

Atrack'Son 2025 - Jour 1 - Follo, The Harbingerz, Lou Beurier, Mad in Ska, Cotton Blood, Marcel et son Orchestre, Greasy Lumberjacks, Autothune

Orchamps-Vennes, France
Cette première journée de l’Atrack’Son Festival dessine une cartographie ambitieuse des musiques actuelles : de l’électro planante au burlesque engagé, du reggae dub au blues rock écorché, en passant par le rock français et le ska militant. Cette programmation éclectique interroge les mutations de la scène festivalière régionale : comment faire cohabiter des univers aussi divergents ? Quelle place pour l’engagement politique dans un contexte de divertissement ? Entre montée en puissance progressive et longueurs assumées, entre intimité des débuts d’après-midi et communion finale, cette journée d’ouverture promet de révéler toutes les tensions esthétiques qui traversent un festival qui refuse le formatage commercial. L’exercice est audacieux : transformer la diversité en cohérence narrative, du plus confidentiel au plus spectaculaire. Follo : l’ouverture électronique planante © Photos / Marwan Khelif Le DJ ouvre cette première journée …

Lire la suite

Venoge Festival 2025 - Jour 4 - Nuit Incolore, Flèche Love, Adèle Castillon, Carbonne, IAM, Eddy de Pretto, MIKA, Mosimann

Penthaz, Suisse
© Photos / Marwan Khelif La révélation valaisanne confirme sa singularité avec une scénographie épurée dominée par un immense papillon lumineux à LEDs, référence directe à “La note noire” et son album “La nuit du papillon”. Guitare-chant et batterie suffisent à porter ses mélodies sombres et introspectives qui explorent l’abandon et la solitude contemporaine. “J’ai besoin de prendre l’air”, repris en chœur par un public conquis, révèle cette capacité rare à transformer l’intime en communion collective. Cependant, un léger oubli en fin de set et la difficulté apparente à remplir une heure complète de concert trahissent une carrière encore en construction. Sa chanson française teintée d’urbain moderne trouve néanmoins son public, preuve que l’authenticité émotionnelle prime sur les artifices techniques. Entre piano envoûtant et productions contemporaines, Nuit Incolore incarne cette nouvelle génération …

Lire la suite

Venoge Festival 2025 - Jour 3 - Vendredi sur Mer, Sens Unik, Bon Entendeur, Bigflo & Oli, Vladimir Cauchemar, Jason Derulo, DJ Bens

Penthaz, Suisse
Cette troisième journée du Venoge Festival dessine une cartographie ambitieuse des musiques contemporaines : de la nouvelle chanson française électronique aux origines du rap suisse, de l’électro-pop méditerranéenne au hip-hop commercial français, en passant par l’expérimentation sonore et le show business américain. © Photos / Marwan Khelif L’ancienne photographe transformée en chanteuse confirme sa singularité esthétique avec une scénographie dépouillée où des draps blancs tendus dessinent des montagnes abstraites en fond de scène. Cette approche visuelle minimaliste reflète parfaitement son univers musical, né de la composition de bandes-son pour ses propres clichés photographiques. Accompagnée d’une formation réduite - batterie, guitare et piano - elle prouve que la nouvelle chanson française peut s’affranchir des artifices pour retrouver une essence poétique authentique. Son chanté-parlé singulier, hérité de ses “Premiers émois”, …

Lire la suite

Venoge Festival 2025 - Jour 2 - Sugarhill Gang, Sheila, UB40, Murray Head, Sean Paul, Show Minuit 27 (Laroche Valmont, Léopold Nord et Vous, Helmut Fritz, Yannick, Plastic Bertrand)

Penthaz, Suisse
Cette deuxième soirée du Venoge Festival s’annonce comme un voyage temporel ambitieux à travers les révolutions musicales des dernières décennies. Au programme : une plongée dans les origines du hip-hop new-yorkais, l’âge d’or du disco français, la fusion reggae-pop britannique, le folk-rock international, l’explosion du dancehall jamaïcain, et l’apothéose kitsch des tubes des années 80-90. © Photos / Marwan Khelif Les pionniers du mouvement hip-hop débarquent sur scène avec une formation réduite à l’essentiel : deux MCs et un DJ qui n’hésite pas à abandonner ses platines pour prendre le micro. Cette configuration minimaliste révèle toute la substance du hip-hop originel, celui des block parties du Bronx où l’improvisation et l’interaction directe avec le public primaient sur les artifices. Quarante-cinq ans après “Rapper’s Delight”, premier succès commercial du genre, The Sugarhill Gang prouve que les …

Lire la suite