Nantuafest 2026 - Jour 1 - Jude, Danitsa, Maureen, Tayc, Hypaton
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Le site lui-même est une déclaration d’intention. Installé sur la Plaine des Sports de Nantua, à une heure de Lyon et une heure trente de Genève, le festival bénéficie d’un cadre naturel qui n’a rien à envier aux plus grandes scènes européennes. Les eaux du lac de Nantua et les reliefs calcaires du Bugey créent une atmosphère à part, entre énergie urbaine et grand air. Pour cette cinquième édition, la première soirée joue la carte du R&B, du groove et des musiques caribéennes — une affiche qui assume sa cohérence et sa fluidité, de l’ouverture électro jusqu’à la tête d’affiche afrolove.
Jude — La batteuse qui tape du pied droit
© Photos / Marwan Khelif
La lauréate du Tremplin Électro 2026, Jude, ouvre les festivités sur la grande scène. La fosse est encore vide — ou presque. Les premiers arrivants colonisent les bords, les plus prudents restent en retrait, café en main. Qu’importe : derrière les platines, la DJ lyonnaise ne fait pas semblant. Les beats tombent avec précision, le hardgroove pulse dans le sol, et pour qui prend la peine d’écouter, on comprend immédiatement d’où vient cette façon particulière de construire un rythme. Ancienne batteuse reconvertie à la techno, Jude a intégré le groove dans ses mains avant de l’intégrer dans ses machines. Ça tape du bien, comme il se doit. Un début de soirée qui méritait un public plus fourni — mais les lauréats de tremplin savent qu’on les regarde de haut. La suite leur appartient.
Danitsa — La soul qui réchauffe
© Photos / Marwan Khelif
La fosse commence à se remplir. Danitsa arrive sur scène accompagnée de Gaspard Summer et d’un second musicien — une configuration live qui transforme immédiatement l’expérience. Fini la console, place aux instruments, aux corps, au son qui respire.
Pétillante, concentrée d’énergie et de talent, Danitsa embarque dans son univers mélange de hip-hop, de soul et de reggae. Le set groove dans les règles de l’art — elle ambiance le public avec une aisance naturelle, joue la complicité, interpelle. Puis, au détour d’un titre, elle fait monter deux femmes depuis la fosse pour danser à ses côtés. Le geste est généreux, sincère, et la salle le lui rend. Ce « couteau suisse de la musique » prouve ce soir qu’elle sait aussi être couteau de poche — intime, directe, efficace.
DJ Skred — Le ciment entre les briques
Entre chaque plateau, DJ Skred assure la transition avec une autorité tranquille. Pas un bouche-trou, pas un fond sonore — un vrai set de maintien qui garde la chaleur, entretient l’élan, empêche la foule de se disperser vers les buvettes. Au top, sans détour possible.
Maureen — La Queen entre… bien tard
© Photos / Marwan Khelif
Beaucoup plus de monde. La plaine des sports s’est remplie, les rangs se resserrent, l’air change de densité. Le DJ de Maureen prend la scène en avance pour chauffer la salle — longue entrée, travail de montée en pression soigné, danseurs déjà en position. Et la Queen entre… vingt bonnes minutes après le début du set.
La chanteuse martiniquaise est devenue la personnification du shatta en métropole. Sur scène ce soir, elle est entourée de ses deux danseurs, maîtrise son espace, fait monter un homme depuis la fosse pour danser avec elle — le public applaudit, rit, participe. La complicité est là, le spectacle est maîtrisé.
Maureen est une grande performeuse — sa danse, sa présence, son énergie sont indéniables — mais sur une scène de festival en plein air, sous les étoiles du Bugey, on aurait aimé entendre sa voix plus souvent plutôt que le playback. Le show plaît, le public est conquis, au final, c’est le principal.
Tayc — L’afrolove en grande cérémonie
Julien Bouadjie, dit Tayc, né à Marseille de parents camerounais, a développé un style qu’il a baptisé l’« Afrolove », fusion de R&B, afrobeat, soul et zouk. Sur scène ce soir, c’est toute cette vision qui se déploie — dans les grandes largeurs.
L’entrée frappe fort. Des danseurs font leur apparition enchaînés, symboliquement captifs, dans une mise en scène qui évoque l’histoire et la mémoire avant de s’en libérer. Le message est là, posé en ouverture, sans ambiguïté. Puis le show se déploie : saxo, batterie, clavier, chœurs, et une escouade de danseurs, tout ce monde occupe chaque centimètre de la scène. Tayc est connu pour ses mélodies envoûtantes et ses textes profonds, et ce nouvel opus Joÿa s’annonce comme un tournant dans sa carrière. Ce soir, les nouveaux titres côtoient les classiques — N’y pense plus, les featurings devenus anthologies — et le public chante, mot pour mot, mesure après mesure.
C’est la tête d’affiche dans toute sa dimension. Pas de question sur le playback ici — l’orchestre sonne, la voix porte, le groove est réel. Tayc fait le show qu’on attendait, et il le fait bien.
Hypaton — Absent de cette chronique
Les jambes ont dit non avant la fin, je ne reste pour Hypaton — la fatigue a été plus forte. On lui devra une revanche.

























































