Nantuafest 2026 - Jour 2 - Laura Laffon, Juste Shani, Danakil, Josman, Petit Biscuit
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Si la première soirée du Nantuafest jouait la carte du groove caribéen et de l’afrolove, le samedi s’annonçait plus composite — une affiche qui mélange rap introspectif, électro planante et reggae de référence. Moins de cohérence apparente, plus de surprises. Et une soirée qui trouvera son point d’orgue dans un hommage qu’on n’attendait pas avec autant d’intensité.
Laura Laffon — Le dancefloor s’éveille
© Photos / Marwan Khelif
Grâce à sa culture musicale variée, elle explore aisément différents styles et s’impose par ses mix créatifs et ses sets dynamiques, toujours en connexion avec son public. Ce soir, la DJ perpignanaise ouvre les festivités sur la grande scène avec un mandat clair : chauffer une plaine des sports encore clairsemée. La fosse n’est pas pleine — loin de là — mais ça bouge.
Black Eyed Peas, David Guetta, les tubes incontournables des années 2000 et 2010 défilent avec des drops bien placés, des montées soignées, une interaction constante avec le public. Laura Laffon n’est pas là pour imposer un univers personnel — elle est là pour mettre en route la machine, et elle s’en acquitte avec le professionnalisme d’une DJ qui a passé dix ans à lire des salles dans les Pyrénées-Orientales. Le public répond. Doucement, mais il répond.
Juste Shani — La flow et la chair
© Photos / Marwan Khelif
La rappeuse essonnaise arrive avec un dispositif live complet — walkman, claviériste, guitariste — et ça change tout. Dans la ligue des rappeuses, Juste Shani est le talent brut sur lequel miser. Qu’elle chante ou qu’elle kicke, toujours avec éloquence, sa pluralité lui permet de toucher à la fois les amoureux du rap et les amoureux des mots.
Ce soir, elle démontre les deux faces. La belle voix d’abord — veloutée, posée, capable de holds émotionnels que peu de rappeuses de sa génération s’autorisent. Puis la démonstration de flow, les débuts rappelés à travers une maîtrise technique irréprochable, le flow dense et clair de ses années open mic. Sur Tout Schuss, elle fait former un cercle dans la fosse pour faire danser les gens — le geste est simple, direct, généreux. Quand elle entre sur scène, Juste Shani ne cherche pas à dominer l’espace : elle l’habite. Vrai.
Danakil — La nuit où le reggae a pleuré debout
© Photos / Marwan Khelif
Il y a des groupes qu’on n’a plus besoin de présenter, et d’autres qu’on n’a jamais vraiment fini de découvrir. Danakil appartient aux deux catégories à la fois. Vingt ans de scène, une discographie qui tient la route d’un album à l’autre, et ce soir à Nantua, une démonstration tranquille de ce que le reggae français a de mieux à offrir quand il se donne sans calcul.
Le set est plein, charnu, rythmiquement implacable. Les cuivres assoient chaque montée, la basse pulse sans jamais écraser, les voix s’entrecroisent avec cette fluidité qu’on ne s’invente pas. Danakil n’a pas besoin de décor spectaculaire ni de mise en scène élaborée — la musique fait le travail, et elle le fait bien. La plaine des sports se transforme en quelque chose qui ressemble à une fête de quartier agrandie aux dimensions d’un festival, et c’est exactement ce qu’il fallait.
Gabty rejoint le groupe en cours de set. La scène se resserre, l’énergie monte d’un cran. Le public, lui, n’a jamais décroché.
Josman — Le volcan et ses zones d’ombre
© Photos / Marwan Khelif
La scène est habillée pour lui : un décor de lave éclairée, des flammes, quelque chose qui évoque un volcan en éruption. La mise en scène est impressionnante, la production soignée. L’intensité underground est là, la connexion avec le public évidente. Josman n’use pas l’autotune jusqu’à la moelle — sa voix existe, son flow aussi. Techniquement, le concert est solide.
Mais les paroles, ce soir, font tiquer. Certains textes portent une vision des femmes qui, en 2026, sonne comme un angle mort assumé plutôt qu’une posture artistique travaillée. Rien de comparable aux pires travers du genre — pas de provocation frontale — mais une façon de parler des femmes qui contraste avec ce que Juste Shani, deux sets plus tôt, incarnait avec une tout autre ambition. La dissonance est réelle. On peut apprécier le flow et regretter les mots en même temps. Ce soir, les deux coexistent.
Petit Biscuit — Absent de cette chronique
Encore une fois, la fatigue a eu le dernier mot. Je n’aurai finalement pas tenu jusqu’à Petit Biscuit.



































































































