Dernières chroniques de concerts
Antigel 2026 - Finnegan Tui
Temple De Carouge,
Genève,
Suisse
Il y a des soirs où le lieu fait le concert autant que l’artiste. Et puis il y a des soirs où l’artiste et le lieu se trouvent si parfaitement que la distinction s’efface, que la musique semble avoir toujours habité ces murs. Ce mardi soir au Temple de Carouge, dans le cadre du festival Antigel, Finnegan Tui a offert l’un de ces moments rares — un concert où tout converge, où l’intime devient sacré.
Le cadre, d’abord. La paroisse protestante de Carouge, avec ses lignes épurées et sa solennité tranquille, semblait avoir été dessinée pour accueillir exactement ce type de musique. Pas de scène démesurée, pas de dispositif spectaculaire — juste un homme, sa guitare, sa voix, et l’acoustique naturelle d’un lieu de recueillement. On ne pouvait rêver meilleure scène pour Finnegan Tui.
© Photos / Marwan Khelif Dès les premières notes, le Néo-Zélandais installe un silence particulier, celui qui ne s’impose pas mais qui s’offre. Sa …
Antigel 2026 - Macie Stewart, Jeff Tweedy
L'Alhambra,
Genève,
Suisse
Ce soir, l’Alhambra de Genève accueillait une double dose de Chicago dans le cadre du festival Antigel. Deux artistes issus de la même scène, liés par des collaborations étroites — Macie Stewart figure parmi les musiciens de Twilight Override — mais porteurs de propositions bien distinctes. Une soirée en forme de dialogue entre l’intime et le collectif, la jeunesse et la maturité, la simplicité nue et l’étoffe d’un groupe rodé.
Macie Stewart : l’art du dépouillement © Photos / Marwan Khelif Macie Stewart ouvre la soirée dans un dénuement radical. Seule sur scène avec sa guitare acoustique et sa voix, elle impose d’emblée un silence attentif dans la salle. Pas d’effets, pas de fioritures : juste une artiste et ses chansons. On connaît Stewart pour sa polyvalence — piano, violon, synthétiseurs, compositions pour le ballet et installations sonores — mais ce soir, elle choisit le format le plus dépouillé qui soit.
Et c’est précisément …
Antigel 2026 - Eckhart, Last Train
L'Alhambra,
Genève,
Suisse
Ce soir, Antigel avait choisi de secouer les murs de l’Alhambra. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le contrat a été rempli — et largement dépassé. Devant une salle dont la moyenne d’âge trahissait l’appétit d’une nouvelle génération pour un rock vivant et sans filtre, la soirée a offert deux propositions radicalement différentes mais unies par une même intensité.
Eckhart : la machine humaine © Photos / Marwan Khelif Quand les deux membres d’Eckhart prennent place sur scène — un batteur et un chanteur —, on ne sait pas encore très bien à quoi s’attendre. Une voix traitée par des effets qui la déforment, la tordent, la rendent méconnaissable, et un arsenal de pédales qui transforme ce duo minimaliste en quelque chose de bien plus vaste. Le premier abord est déstabilisant, il faut l’admettre. On cherche ses repères dans ce magma sonore où s’entrechoquent des échos de trip-hop, de textures industrielles et de …
Antigel 2026 - Hinako Omori, Anna Von Hausswolff
L'Alhambra,
Genève,
Suisse
Il y a des soirées où la musique ne se contente pas d’occuper l’espace : elle le reconfigure. Ce jeudi soir, dans le cadre du festival Antigel, l’Alhambra genevoise s’est muée en terrain de métamorphose sonore. Deux artistes, deux univers en apparence antinomiques — l’apesanteur ambient de Hinako Omori et la déflagration rituelle d’Anna von Hausswolff — et pourtant, une continuité troublante. Comme si la première avait préparé le terrain, abaissé les défenses de l’auditoire, pour que la seconde puisse y planter ses crocs.
Hinako Omori : l’art de la suspension © Photos / Marwan Khelif L’artiste japonaise basée à Londres s’installe sans cérémonie. Pas de grand geste, pas de posture. Juste une présence discrète derrière ses synthétiseurs, et une voix murmurante qui s’infiltre dans la salle comme un courant d’air tiède. C’est planant, au sens le plus noble du terme — non pas l’ambient de décoration …
Lez'Arts Murailles 2026 - Meuhstache, The Dungbeetle Conspiracy, Lofofora, SpaceBrain
L'Usine,
Genève,
Suisse
Pour sa troisième édition, le festival Lez’Arts Murailles avait vu les choses en grand : un double vernissage, une tête d’affiche légendaire, et une programmation qui faisait la part belle à la scène genevoise.
Meuhstache © Photos / Marwan Khelif Meuhstache ouvre les hostilités. Premier passage du trio sur la scène du PTR, et déjà une présence qui s’impose. Deux guitares électriques, une batterie, et un chant habité : la formule est épurée, l’impact frontal. Le witchy stoner du groupe prend tout son sens en live, quelque part entre rituel païen et déflagration électrique. On sent une énergie brute, celle d’un groupe qui n’a pas besoin d’artifices pour captiver. Le vernissage de Nyctophilia trouve ici son écrin parfait.
The Dungbeetle Conspiracy © Photos / Marwan Khelif The Dungbeetle Conspiracy prend le relais pour célébrer la sortie de son premier album éponyme. Quatre musiciens sur scène, basse-guitares-batterie, le dispositif …
Dernières critiques d'albums
Powerwolf - Wildlive (Live at Olympiahalle)
Les albums live se font rares dans le paysage metal contemporain. Quand ils existent, ils oscillent souvent entre le document sonore honnête mais un peu plat et le produit lissé au point d’en perdre toute authenticité. Wildlive (Live at Olympiahalle) n’est ni l’un ni l’autre. C’est une messe — au sens propre du terme powerwolfien — captée au sommet de la trajectoire d’un groupe qui, en vingt ans d’existence, a transformé le power metal en spectacle total. Et le résultat est, il faut bien le dire, impressionnant.
Le contexte : une Olympiahalle sold out, un groupe au zénith Le concert qui donne naissance à ce live a été enregistré le 25 octobre 2024 à l’Olympiahalle de Munich, lors de l’étape finale de la Wolfsnächte Tour 2024 — la plus grosse tournée headliner de l’histoire de Powerwolf. Le groupe venait de sortir Wake Up The Wicked (juillet 2024), son huitième album studio, entré directement numéro un dans plusieurs pays …
Meuhstache - Nyctophilia
Il y a des albums qui ne se contentent pas d’occuper vos enceintes — ils s’y installent comme une entité invoquée, refusant de partir avant d’avoir accompli son rituel. Nyctophilia, premier album du trio genevois Meuhstache, appartient à cette catégorie d’œuvres qui exigent qu’on leur cède le terrain.
Formé en 2023, Meuhstache s’est rapidement distingué sur la scène alternative suisse par une proposition singulière : un stoner rock teinté d’occultisme, porté par une énergie résolument sororale et une esthétique qui célèbre les marges plutôt que de s’en excuser. Le groupe ne se contente pas de jouer dans les bois — il vous y entraîne, torche à la main, pour une cérémonie dont vous ressortirez changé.
Dès les premières mesures, le ton est donné. Les riffs, épais comme la brume d’un sous-bois à l’aube, s’installent avec une densité qui évoque autant les pionniers du genre (Kyuss, Sleep) qu’une tradition plus …






























