Annie Lalalove
Annie Lalalove est une chanteuse, auteure-compositrice et bassiste française au profil résolument atypique. Née le 23 janvier 1981 à Abidjan, en Côte d’Ivoire, d’une mère guinéenne et d’un père breton, elle grandit au fil des déplacements de sa famille à travers l’Afrique — Éthiopie, Guinée, La Réunion — avant de poser ses valises en France métropolitaine. Ce parcours de vie entre deux mondes forge une sensibilité musicale riche et plurielle, à la croisée des musiques du monde, de la soul, du jazz et de la chanson.
Du duo Nungan à la scène solo
Avant de se lancer en solo, Annie Lalalove fait ses armes pendant plus d’une décennie au sein du duo Nungan, aux côtés d’un autre musicien. Ce duo, qui marie folk, soul et influences africaines, reçoit l’hommage de figures aussi illustres que Prince et Paul McCartney — distinction rare qui témoigne de la qualité et de l’originalité de leur musique. Après ces années fondatrices, Annie franchit le pas et entame une carrière sous son seul nom.
Sa notoriété s’élargit lorsqu’elle participe à The Voice, qui lui ouvre les portes d’un public plus large tout en lui permettant d’affirmer son identité artistique singulière. Elle devient également une habituée de l’émission Taratata, référence incontournable de la scène musicale française.
Une musique entre soul et monde
Sa musique est difficile à étiqueter, et c’est précisément ce qui la rend précieuse. Annie Lalalove pratique une pop organique aux couleurs soul et world music, portée par une voix à la fois douce et puissante, capable de passer de la caresse à l’intensité sans effort apparent. Ses influences déclarées — Tracy Chapman, Meshell Ndegeocello, Esperanza Spalding, Norah Jones — disent l’ambition : une chanson qui prend son temps, qui respire, qui laisse l’émotion s’installer.
Sa pratique de la basse (à la fois instrument de scène et outil de composition) donne à ses arrangements une assise rythmique particulière, organique et pulsante, qui distingue ses productions de la pop formatée. La légèreté n’y exclut jamais une certaine mélancolie sous-jacente.
Boom Boom Schack (2021), son premier album solo, illustre cette approche : une pop épicée de jazz et de sons caribéens et africains, légère en surface, profonde en dessous. Dream Catch Me If You Can (2023) confirme la trajectoire avec une maturité accrue, des textes plus ciselés et des arrangements encore plus soignés. Annie Lalalove est l’une de ces artistes qui avancent à leur rythme propre, imperméables aux modes, guidées par une vision musicale sincère et cohérente.