Apocalyptica
Apocalyptica est un groupe finlandais fondé en 1993 à l’Académie Sibelius d’Helsinki, dont la démarche musicale repose sur un postulat audacieux et immédiatement reconnaissable : remplacer les guitares électriques du heavy metal par des violoncelles classiques. Ce qui aurait pu n’être qu’une curiosité est devenu l’une des expériences musicales les plus originales et durables du metal contemporain.
Des classiques de Metallica aux violoncelles
À l’origine, le quatuor — composé d’Eicca Toppinen, Paavo Lötjönen, Perttu Kivilaakso et Max Lilja — voit le jour comme un projet d’hommage à Metallica entre étudiants du conservatoire. Leur premier album Plays Metallica by Four Cellos (1996) est une révélation : huit reprises de Metallica jouées uniquement aux violoncelles, avec une puissance et une précision qui sidèrent autant les amateurs de metal que les mélomanes classiques. L’album connaît un succès inattendu et propulse le groupe sur la scène internationale.
Une identité propre
Après cet essai fondateur, Apocalyptica développe rapidement un répertoire original. Inquisition Symphony (1998) marque une première évolution, et Reflections (2003) est leur premier album composé exclusivement de musique originale. Le groupe commence également à inviter des vocalistes — de Lauri Ylönen (The Rasmus) à Till Lindemann (Rammstein), en passant par Corey Taylor (Slipknot) — pour enrichir leur palette expressive. En 2008, le single « I Don’t Care » (avec Adam Gontier de Three Days Grace) atteint la première place des classements rock américains, faisant d’Apocalyptica le premier groupe finlandais à dominer les charts américains.
Un héritage à double tranchant
Apocalyptica a vendu plus de quatre millions d’albums dans le monde et continue de se produire sur les plus grandes scènes. En 2024, ils bouclent la boucle avec Plays Metallica Vol. 2, un deuxième album de reprises qui invite James Hetfield et Robert Trujillo de Metallica à participer. Ce retour aux sources confirme que l’aventure Apocalyptica demeure aussi fraîche et surprenante qu’à ses débuts : un paradoxe fascinant entre tradition classique et violence musicale contemporaine.