Asa
Aṣa, de son vrai nom Bukola Elemide, est une artiste franco-nigériane née le 17 septembre 1982 à Paris, de parents nigérians alors en France pour leurs études. Deux ans après sa naissance, sa famille retourne s’installer à Lagos, où elle grandit dans un environnement musical riche, bercée par la collection de disques de son père cinéaste : Marvin Gaye, Fela Kuti, Bob Marley, Aretha Franklin, Nina Simone, Miriam Makeba — une constellation d’influences qui forge son oreille et sa sensibilité artistique.
La formation et le retour à Paris
À l’adolescence, Aṣa commence à jouer de la guitare et à composer ses propres morceaux. À 18 ans, elle fait le chemin inverse et retourne à Paris, la ville de sa naissance, pour y lancer sérieusement sa carrière musicale. C’est là que son talent prend racine dans la scène parisienne, avant de s’épanouir à l’international.
Son premier album éponyme, Asa (2007), publié sur Naïve Records, frappe immédiatement par sa maturité. Le single « Fire on the Mountain », critique voilée de la situation politique et sociale du Nigeria, reçoit une large diffusion radiophonique à travers l’Europe. L’album tisse un mélange subtil de soul, pop, folk, jazz et reggae, soutenu par une voix d’une chaleur et d’une profondeur rares.
Ascension internationale
Beautiful Imperfection (2010), co-produit avec le compositeur français Nicolas Mollard, amplifie son rayonnement. L’album devient disque de platine en 2011 et s’inscrit dans les charts européens et américains. Bed of Stone (2014) poursuit cette trajectoire avec une direction plus intimiste, avant qu’une longue pause ne s’installe.
Lucid (2019) marque un retour attendu, plus introspectif et personnel. Puis vient V (février 2022), cinquième album studio, qui constitue une réinvention délibérée : Aṣa y plonge dans l’Afrobeats contemporain tout en conservant ses ancrages dans la soul et le folk, signalant une artiste capable de traverser les décennies sans jamais se figer.
Une voix qui traverse les genres
Ce qui distingue Aṣa dans le paysage musical international, c’est cette capacité à habiter plusieurs traditions à la fois sans jamais sembler déplacée dans aucune. Sa voix — grave, veloutée, chargée d’une mélancolie douce — est immédiatement reconnaissable. Ses textes, souvent engagés sans être militants, parlent de la complexité de l’identité, de l’amour, de la perte et de la résilience avec une économie de mots qui touche juste.
Élevée entre deux continents, chantant pour deux cultures, Aṣa incarne une forme d’artiste rare : universelle sans être aseptisée, profondément ancrée sans être enfermée.