Bloodbath

Bloodbath est un supergroupe de death metal suédois formé à Stockholm en 1998, né d’une volonté commune de ressusciter l’art du death metal pur et brut dans toute sa noirceur originelle.

Le projet naît lors d’une soirée entre amis : Mikael Åkerfeldt (Opeth), Anders Nyström et Jonas Renkse (tous deux de Katatonia) ainsi que Dan Swanö (Edge of Sanity) décident de créer un groupe entièrement dédié au death metal old school, dans la veine d’Entombed mêlé aux grands noms de la scène floridienne. Le nom du groupe est emprunté au titre “Blood Bath” de l’album To the Gory End du groupe britannique Cancer. La genèse est foudroyante : le premier EP, Breeding Death, est écrit en deux jours et paraît moins d’un an après la formation du groupe, établissant d’emblée la signature sonore de Bloodbath — riffs lourdement accordés, growls caverneux, tempos implacables.

Un line-up d’exception en mutation constante

L’histoire de Bloodbath est intimement liée aux va-et-vient de ses membres illustres. En 2004, Åkerfeldt quitte le groupe pour se concentrer sur Opeth, laissant place à Peter Tägtgren (Hypocrisy) pour l’album Nightmares Made Flesh. Après le départ de Tägtgren en 2005, Åkerfeldt revient en 2008 accompagné d’un nouveau guitariste. Puis, en 2014, une nouvelle page s’ouvre avec l’arrivée de Nick Holmes, chanteur du groupe de doom gothique Paradise Lost, apportant une couleur vocale différente mais tout aussi convaincante à l’édifice death metal du groupe.

Un son au service de la brutalité

Le style de Bloodbath n’a jamais dévié de sa ligne directrice : riffs d’une lourdeur punitive, rythmiques martelantes, thématiques volontairement extrêmes oscillant entre gore, occultisme et blasphème. Le groupe se nourrit ouvertement de ses influences — Entombed, Deicide, Morbid Angel — sans jamais chercher à les dissimuler ni à les dépasser mais plutôt à les honorer et à les perpétuer avec intégrité et passion.

Leur discographie compte six albums studio, deux EPs et deux DVDs live (Wacken Open Air 2005, Bloodstock Open Air 2010), chacun constituant une déclaration d’amour viscérale au death metal des origines. Des albums comme Resurrection Through Carnage (2002), Nightmares Made Flesh (2004) ou The Arrow of Satan Is Drawn (2018) avec Nick Holmes au chant sont autant de jalons d’une œuvre cohérente et résolument hostile à tout compromis commercial.

Un héritage indélébile

Dans un paysage metal saturé d’innovations et de fusions de genres, Bloodbath incarne une résistance noble : celle du purisme assumé, de la fidélité aux racines et du refus de la concession. Composé de musiciens dont les groupes principaux ont évolué vers des sonorités plus progressives ou accessibles, ce projet parallèle représente pour eux un exutoire vital, une manière de rester connectés à l’émotion brute du metal extrême. Pour le public, c’est la garantie d’un death metal sans fard, brutal et authentique.

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