Bolzer
Bölzer est un duo de metal extrême suisse formé à Zurich en 2008, composé du guitariste-chanteur Okoi “KzR” Jones, originaire de Nouvelle-Zélande, et du batteur Fabian “HzR” Wyrsch. Leur approche singulière du black metal et du death metal, fondée sur un minimalisme radical et une densité sonore hors du commun, en a fait l’un des phénomènes les plus discutés du metal underground européen.
Le nom Bölzer est défini par ses créateurs comme “une force puissante, un coup, une frappe qui n’a aucun égard pour les conséquences ou les répercussions — non pas une force dirigée, mais une frappe chaotique d’énergie, une force de chaos, de vie et de mort.” Cette définition illustre parfaitement l’esthétique du groupe : une puissance brute, imprévisible, qui semble surgir d’un espace rituel ancien.
Un son impossible avec deux musiciens
Ce qui rend Bölzer particulièrement fascinant, c’est leur capacité à générer un mur de son colossal avec seulement deux instruments. La guitare à dix cordes de KzR — accordée dans des zones spectrales extrêmes — et les percussions quasi rituelles de HzR créent des textures d’une densité rarement atteinte par des formations si réduites. Cette économie de moyens pousse à son paroxysme l’idée que la force n’est pas une question de nombre.
Bölzer se forme en 2008 mais ne publie son premier EP, Roman Acupuncture, qu’en octobre 2012. C’est leur deuxième EP, Aura (2013), qui propulse le duo sur le devant de la scène internationale : acclamé par la critique et les amateurs de metal extrême, il les impose comme une des formations les plus originales et les plus prometteuses du genre. Leurs publications suivantes — l’EP Soma (2014) et l’album Hero (2016) sur Iron Bonehead Productions — confirment et approfondissent leur vision artistique, sans jamais chercher à l’adoucir pour plaire à un public plus large.
Entre traditions et ruptures
Le style de Bölzer ne se laisse pas facilement catégoriser. Oscillant entre death metal caverneux et black metal atmosphérique, il incorpore des éléments de rituels primitifs, de mysticisme et d’une forme de spiritualité radicale. Les textes, souvent ésotériques, explorent des thèmes archaïques de mort, de renaissance et de transcendance. Sur scène, la présence magnétique de KzR et la puissance tellurique de HzR font de chaque concert une expérience intense, presque cérémonielle.
Dans un metal extrême parfois sclérosé par ses propres conventions, Bölzer incarne une voie de traverse : celle d’un art qui prend ses racines au sérieux tout en les projetant vers des contrées inexplorées.