Eckhart

Eckhart est un projet electro-punk suisse basé à Vevey, dans le canton de Vaud. Fondé en 2023 par le producteur et chanteur John Silvestre, figure déjà active de la scène alternative romande à travers ses projets Typhon, Spare et son label Ohro Records, Eckhart naît comme le versant électronique de l’univers créatif de Silvestre. Musicien et autoproducteur depuis 2008, ce dernier a construit au fil des années une expertise singulière en composition, enregistrement et ingénierie du son depuis son studio 603 à Vevey, où il a façonné l’essentiel de sa discographie sous différentes formations.

Le projet prend une nouvelle dimension en 2024 avec l’arrivée de Laurent Glur à la batterie — lui-même membre du groupe Fomies et impliqué dans le collectif Bleu Lagon Records — et d’Olivia Madhuri au chant. Ce trio transforme ce qui était initialement un side project solitaire en une véritable machine de scène, capable de délivrer des performances à haute intensité.

Identité musicale

Eckhart se définit par le qualificatif auto-attribué de « mystical trash », une formule qui capture bien l’essence paradoxale du projet. La musique d’Eckhart est abrasive, à la fois dansante, rageuse et introspective, abordant par les textes des problématiques existentielles et contemporaines tout en explorant un large panel de styles musicaux allant du trip-hop à l’industriel, en passant par le post-rock, le breakcore et la techno.

Le spectre sonore d’Eckhart est remarquablement étendu pour un projet aussi jeune. On y retrouve des nappes sombres héritées du trip-hop, des déflagrations rythmiques empruntées au breakcore, la rugosité brute de l’industrial rock, l’énergie frontale du punk et des textures électroniques qui convoquent aussi bien la coldwave que la techno. Le festival Nox Orae, qui les a programmés en août 2024, résumait leur univers comme une hallucination à mi-chemin entre William S. Burroughs, Psychic TV, Death Grips et les Chemical Brothers — un carrefour d’influences qui dit beaucoup de la singularité du trio.

Thématiques

Eckhart ne se contente pas de frapper fort musicalement : le projet porte un discours. Les textes de John Silvestre s’attaquent frontalement aux maux de l’ultra-modernité — l’aliénation par le divertissement, la société de consommation, l’hyper-communication et la marchandisation des rapports humains. La perte de sens, la quête d’un émerveillement effacé, la disparition du sacré dans un monde saturé d’écrans et de stimuli : autant de fils conducteurs qui traversent la discographie du groupe avec une urgence palpable.

Discographie

Les premiers pas d’Eckhart remontent à 2023 avec des singles autoproduits comme « Down The Sewer » (mars 2023), « He Who Shattered The Light / Ghosts Of Their Bedroom » (mai 2023) et « farewell » (décembre 2023), qui dessinent déjà les contours d’un univers sombre et percutant.

Le premier album, Far From God, sort le 24 mai 2024 sur les labels Blizzard Audio Club et Bleu Lagon Records. Entièrement écrit, composé, enregistré et mixé par John Silvestre, avec une voix additionnelle d’Olivia Saxena (Madhuri) sur « Willing To Ignore » et un mastering signé Antoine F. Martin (Krispy Records), le disque déploie dix titres qui balaient un spectre stylistique impressionnant. La tracklist — de « Post-Cum Depression I (Embrace Me Like A Broken Toy) » à « Inevitable », en passant par une relecture audacieuse du « Where Is My Mind? » des Pixies — compose un arc narratif dense et sans compromis. Le disque a été catégorisé sur les plateformes dans les registres industrial rock et breakcore, confirmant l’hybridité revendiquée du projet.

En 2025, Eckhart contribue au titre « Cracked Egg » sur la compilation collaborative 180.0 Bleu Lagon, quatrième opus du label veveysan, et multiplie les sorties : singles, remixes (dont une relecture de Dua Lipa) et des titres comme « Ain’t It A Lonely Feeling » ou « Here’s One ».

Reconnaissance et scène

Le parcours scénique d’Eckhart s’accélère rapidement. En août 2024, le duo (devenu trio) se produit au festival Nox Orae à La Tour-de-Peilz, partageant l’affiche avec des noms comme Ty Segall, Yves Tumor, Glass Beams et Los Bitchos — une programmation exigeante qui témoigne de la crédibilité acquise en peu de temps.

En 2025, Eckhart est primé à la Demotape Clinic du M4Music dans la catégorie rock, une distinction majeure du principal festival suisse dédié à la musique pop. Cette reconnaissance institutionnelle valide la pertinence du projet au sein de la scène helvétique et ouvre de nouvelles perspectives.

En février 2026, le trio est programmé au festival Antigel à Genève, en première partie de Last Train à l’Alhambra — un rapprochement logique entre deux formations qui partagent une même énergie cathartique et une même intensité scénique.

Perspectives

Eckhart dévoilera un troisième LP intitulé He’s Dancing, He Says He Will Never Die en mai 2026. Un titre programmatique, à la fois mystique et provocateur, qui promet de prolonger la trajectoire ascendante d’un projet qui, en à peine trois ans d’existence, s’est imposé comme l’une des propositions les plus radicales et stimulantes de la scène alternative suisse romande.

Ancrage local

Eckhart s’inscrit pleinement dans l’écosystème musical de Vevey, ville dont la vitalité créative ne cesse de surprendre. Rattaché au label Bleu Lagon Records — collectif fondé en 2019 par une vingtaine de musiciens veveysans pour promouvoir la scène locale — et au label Blizzard Audio Club pour le management, le groupe bénéficie d’un réseau solidaire et d’un ancrage communautaire qui nourrissent sa démarche DIY. Le soutien de la Ville de Vevey à la production de Far From God illustre également la reconnaissance institutionnelle dont jouit le projet à l’échelle locale.

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Chroniques de concerts

Antigel 2026 - Eckhart, Last Train

L'Alhambra, Genève, Suisse
Ce soir, Antigel avait choisi de secouer les murs de l’Alhambra. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le contrat a été rempli — et largement dépassé. Devant une salle dont la moyenne d’âge trahissait l’appétit d’une nouvelle génération pour un rock vivant et sans filtre, la soirée a offert deux propositions radicalement différentes mais unies par une même intensité. Eckhart : la machine humaine © Photos / Marwan Khelif Quand les deux membres d’Eckhart prennent place sur scène — un batteur et un chanteur —, on ne sait pas encore très bien à quoi s’attendre. Une voix traitée par des effets qui la déforment, la tordent, la rendent méconnaissable, et un arsenal de pédales qui transforme ce duo minimaliste en quelque chose de bien plus vaste. Le premier abord est déstabilisant, il faut l’admettre. On cherche ses repères dans ce magma sonore où s’entrechoquent des échos de trip-hop, de textures industrielles et de …

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