Hinako Omori
Hinako Omori est une artiste japonaise basée à Londres, qui crée des environnements sonores immersifs mêlant synthétiseurs ambient, voix éthérées, enregistrements de terrain et composition classique. Née à Yokohama, au Japon, elle a déménagé au Royaume-Uni à l’âge de trois ans. Son parcours musical débute par l’apprentissage du piano classique, avant de se former en ingénierie du son : elle obtient un Bachelor of Science en Music and Sound Recording (Tonmeister) à l’Université du Surrey en 2011.
Après ses études, Omori travaille dans l’industrie musicale — notamment chez Tape Club Records et dans les relations artistes chez Novation — tout en collaborant en tournée et en studio avec des artistes de renom. Elle a ainsi travaillé aux côtés d’Utada Hikaru, Kae Tempest, Shabaka, Ed O’Brien (EOB), Keaton Henson, Grian Chatten et Sophie Hunger. Elle a également joué du Wurlitzer sur l’album Wax de KT Tunstall et du célesta avec Floating Points. Plus récemment, elle a rejoint l’ensemble de Floating Points au Hollywood Bowl pour interpréter Promises, l’album collaboratif avec le regretté Pharoah Sanders, et a joué avec un orchestre de 60 musiciens pour BBC Radio 3’s Unclassified.
Sa carrière solo prend véritablement son envol à partir de 2019 avec le single Voyage, suivi de l’EP Auraelia, inspiré d’une période où elle souffrait de migraines intenses accompagnées d’auras et de distorsions visuelles. En 2020, invitée à participer au festival en ligne WOMAD at Home, elle s’inspire du concept japonais de shinrin-yoku (bain de forêt), enregistrant les sons naturels des bois autour de chez elle pour les mêler à des sons binauraux et créer une expérience auditive immersive. Cette performance la propulse sur le devant de la scène et pose les bases de son premier album.
Son univers sonore est ancré dans les synthétiseurs analogiques — notamment l’Oberheim OB-6, le Prophet ‘08, le Moog Matriarch, avec des pédales OTO BIM et BAM et un Pigtronix Infinity Looper — auxquels s’ajoutent sa voix traitée et des enregistrements de terrain. Elle cite parmi ses influences Hiroshi Yoshimura et Susumu Yokota.
Discographie
Son premier album, a journey… (Houndstooth, 2022), explore les effets physiques et psychologiques du son en thérapie, combinant fréquences thérapeutiques, bain de forêt et son binaural dans une cartographie méditative de l’esprit. L’album est salué par la critique : Pitchfork le qualifie de « remarkable » et Loud and Quiet de « blissfully restorative ». Il est également diffusé en rotation sur BBC 6Music.
Son deuxième album, stillness, softness… (Houndstooth, 2023), cartographie un paysage émotionnel plus intime, explorant nos parts d’ombre et la nécessité de s’y réconcilier pour s’en libérer. Electronic Sound le décrit comme un « deeply enchanting patchwork ». Une version étendue, stillness, softness… (extended dream transition), sort en mai 2024, enrichie de remixes signés Claire Rousay, Joe Goddard (Hot Chip) et Kloxii Li.
En décembre 2025, elle publie Studies on a River sur le label Good Morning Tapes, une commande de la Serpentine Gallery pour leur publication Serpentine Reader, inspirée par un essai de Hana Pera Aoake sur l’écoute des rivières et le caractère sacré de l’eau dans les cultures maorie et japonaise.
Composition pour l’image et les arts
Au-delà de ses albums, Omori développe un travail remarquable dans la composition pour l’image et les institutions artistiques. Elle a composé une partition originale pour le podcast Intimacies de la Serpentine Gallery et reçu des commandes orchestrales pour la BBC. En 2022, elle collabore avec l’artiste américaine Cécile B. Evans sur le design sonore de l’installation multimédia Notations for an Adaption of Giselle, exposée au Centre Pompidou. Elle a également composé pour des courts-métrages, dont Invisible Monsters and Tomato Soup, qui visualisait les rêves de personnes pendant la pandémie et a été présenté par The New Yorker.
Scène et festivals
Omori s’est produite à l’international dans des lieux prestigieux : le Southbank Centre, la Cathédrale Saint-Paul, l’ICA, Kings Place et la Volksbühne à Berlin, ainsi que lors de DJ sets au Tate Modern et au POLA Museum. Elle a participé à des festivals majeurs comme Le Guess Who, Amsterdam Dance Event, Pitchfork London, SXSW et le festival More Ohr Less de Hans-Joachim Roedelius. Elle a également assuré les premières parties de Beth Orton et Ichiko Aoba.
Avec son approche profondément réfléchie du son — où la technologie analogique devient un portail vers le subconscient et où la nature se mêle aux fréquences thérapeutiques — Hinako Omori s’est imposée comme l’une des voix les plus singulières et captivantes de la scène électronique et ambient contemporaine.
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