Ice Nine Kills

Ice Nine Kills est un groupe de heavy metal américain originaire de Boston, Massachusetts, dont la musique est principalement décrite comme du metalcore à thème horrifique, mais incorpore de nombreux autres styles musicaux. Leur nom, choisi dès les origines, dit déjà tout de leur rapport à la culture : il est dérivé de la substance fictive ice-nine issue du roman Cat’s Cradle de Kurt Vonnegut, publié en 1963. Un groupe de metal qui commence par une référence à la littérature absurdiste — la couleur est posée.

Boston, l’an 2000 : deux amis de lycée et un concert de Goldfinger

Spencer Charnas et Jeremy Schwartz se rencontrent au Tower School de Marblehead, Massachusetts. Le groupe se forme après qu’ils ont assisté à un concert de Goldfinger au Worcester Palladium à l’automne 2000, à la suite duquel les deux décident de fonder leur propre groupe et d’écrire leurs propres compositions.

À l’origine, c’était un groupe de ska punk appelé Ice Nine, avant d’adopter un style metalcore en 2010. Charnas est actuellement le seul membre fondateur encore actif dans le groupe. La trajectoire des premières années est celle d’une formation qui se construit dans l’ombre, sans raccourci : le groupe a tourné sous le nom Ice Nine et s’est promu de manière DIY pendant près d’une décennie avant de décrocher un contrat avec Fearless Records.

La métamorphose metalcore

En 2009, le co-fondateur Jeremy Schwartz quitte le groupe, laissant Charnas seul aux commandes. La rencontre avec d’anciens membres du groupe post-hardcore Remember Tomorrow provoque une évolution radicale du son — plus sombre, plus dense, résolument metalcore. Ferret Music signe le groupe en 2009 et Safe Is Just a Shadow sort en 2010 : le premier album de la nouvelle incarnation.

The Predator Becomes the Prey (2014) et Every Trick in the Book (2015) consolident la base de fans et propulsent le groupe dans le Top 200 américain. Avec Every Trick in the Book, un premier concept se déploie : chaque titre est inspiré d’un livre classique de la littérature — Hamlet, Dracula, Roméo et Juliette — et mis en images avec des clips ambitieux. L’ambition cinématographique est déjà là.

The Silver Scream : l’œuvre fondatrice

  1. Ice Nine Kills sort The Silver Scream et tout change. L’album est une déclaration d’amour au cinéma d’horreur — chaque titre rend hommage à un film culte du genre : Halloween, A Nightmare on Elm Street, The Shining, Scream, Psycho, Jaws, IT, Child’s Play. Spencer Charnas, obsédé par les films d’horreur depuis l' enfance, ne peut s’empêcher de réciter ses répliques préférées à chaque re-visionnage de Friday the 13th et A Nightmare on Elm Street.

Les clips du Silver Scream racontent également une histoire originale qui construit la mythologie d’Ice Nine Kills. La structure est celle de séances de thérapie — une idée inspirée par Les Sopranos — dans lesquelles un Spencer Charnas fictif, présumé psychopathe, raconte à son psychiatre des rêves violents qui pourraient être des confessions de meurtre. Andrew Justin Smith et le réalisateur Daniel Hourihan ont développé l’histoire globale. Le processus pour The Silver Scream et Welcome to Horrorwood ressemblait beaucoup à l’écriture d’une série télévisée.

L’album débute à la 29e place du Billboard 200 — leur meilleur classement à ce stade.

Welcome to Horrorwood : la suite cinématographique

The Silver Scream 2: Welcome to Horrorwood (2021) reprend et étend l’univers narratif avec une ambition encore plus grande. Slasher, possession démoniaque, momies, loup-garous — le catalogue des horreurs s’élargit, les productions visuelles s’intensifient. L’album entre dans le top 20 du Billboard 200, leur meilleure performance commerciale à ce jour. Le comédien Bill Moseley du film The Devil’s Rejects prend le rôle de principal antagoniste dans l’univers fictionnel du groupe.

La même année, le groupe sort un live album acoustique enregistré à l’Overlook Hotel — référence directe à The Shining — confirmant que leur univers ne s’arrête jamais à la musique.

Le show comme prolongement de l’œuvre

Spencer Charnas cite Rob Zombie et la Family Values Tour de la fin des années 90 parmi ses premières influences scéniques. Mais ce ne sont pas uniquement les concerts rock qui l’ont marqué : « J’ai toujours été très intéressé par le théâtre musical, et voir Les Misérables et Le Fantôme de l’Opéra quand j’étais enfant — bien que ce ne soit pas du rock ou du metal, la mise en scène et ce niveau de production m’ont époustouflé. »

Le résultat sur scène est spectaculaire : acteurs en costume reconstituant des scènes de slashers, décors de série B, lumières stroboscopiques, effets de brume — aller voir un concert d’Ice Nine Kills, c’est un peu comme regarder un film ou assister à une représentation théâtrale, avec un soundtrack qui fracasse les enceintes. Le groupe a été banni par Disney pour ses visuels violents — ce à quoi le groupe a répondu en lançant une ligne de merchandising inspirée de l’esthétique Disney, réinterprétée en mode horreur.

Metallica, Alissa White-Gluz et la reconnaissance par les pairs

Charnas souligne à quel point il est significatif de jouer avec des groupes qui les ont inspirés : « C’est tellement cool de jouer avec des groupes que nous idolâtrions et qui nous ont inspirés. » La tournée mondiale avec Metallica — l’un des groupes les plus écoutés au monde — leur a ouvert des foules que peu de groupes de metalcore ont jamais connues.

Le line-up actuel réunit Spencer Charnas (chant, guitare), Ricky Armellino (guitare, chant), Joe Occhiuti (basse, chant, claviers), Dan Sugarman (guitare) et Mike Cortada (batterie) — une formation rodée, capable de tenir aussi bien un stade qu’une salle de 2 000 personnes avec la même intensité.

Ce que Ice Nine Kills représente

Dans un paysage metalcore parfois engoncé dans ses propres codes, Ice Nine Kills a trouvé quelque chose de rare : une identité totale, cohérente de la première note au dernier frame de clip. Leur amour du cinéma d’horreur n’est pas un gimmick marketing — c’est une obsession sincère de Spencer Charnas traduite en œuvre artistique complète, où la musique, le visuel, le narratif et le spectacle forment un tout indissociable.

En 2025, Jeff Mezydlo de Yardbarker a inclus le groupe dans sa liste des « plus grands groupes de metal formés dans les années 2000 ». Une reconnaissance tardive, mais méritée.

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Anciens membres

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