Vulfpeck

Vulfpeck est un groupe de funk américain fondé en 2011 à Ann Arbor, dans le Michigan, par quatre étudiants de l’école de musique de l’Université du Michigan. Entièrement indépendant — sans manager, sans label, sans publicité traditionnelle —, le groupe s’est imposé comme l’un des phénomènes musicaux les plus singuliers de la dernière décennie, capable de remplir le Madison Square Garden à deux reprises grâce à la seule force de sa communauté en ligne et d’un funk millimétré, minimaliste et irrésistible.

Les membres

Le groupe repose sur quatre musiciens fondateurs qui se sont rencontrés lors d’une session d’enregistrement au Duderstadt Center, un studio universitaire, pour le projet de fin d’études d’un ami.

Jack Stratton (claviers, guitare, batterie) est le cerveau du groupe. Originaire de Cleveland Heights, dans l’Ohio, il a grandi bercé par le jeu du batteur Bernard Purdie et le funk des Meters. C’est lui qui a conçu le concept de Vulfpeck : après avoir lu une interview du producteur allemand Reinhold Mack, il a imaginé le groupe comme une version allemande fictive des sections rythmiques américaines des années 1960 — les Funk Brothers de Motown, le Wrecking Crew de Los Angeles, les Swampers de Muscle Shoals. Stratton assure également la production, le management et la direction artistique du groupe, via leur propre label Vulf Records. Il a publié quatre albums solo sous le nom de Vulfmon.

Theo Katzman (guitare, batterie, chant) a grandi à Long Island, New York. Chanteur au timbre soul et chaud, guitariste fluide et batteur solide, il incarne la polyvalence du groupe. En dehors de Vulfpeck, il mène une carrière solo orientée rock et folk, avec quatre albums à son actif dont Be The Wheel (2023).

Woody Goss (claviers, piano) est originaire de Skokie, dans l’Illinois. Diplômé en piano jazz à l’Université du Michigan, il est devenu obsédé par le funk — et en particulier par le jeu de Richard Tee, claviériste du groupe Stuff, auquel il rend hommage dans le morceau Tee Time. Passionné d’ornithologie (il a observé plus de 573 espèces d’oiseaux), il est aussi actif en dehors du groupe avec un trio jazz et le projet Woody and Jeremy. Il a publié A Very Vulfy Christmas (2019), un album où il réarrange des morceaux de Vulfpeck en versions jazz.

Joe Dart (basse) est originaire de Harbor Springs, dans le Michigan. Bassiste exclusif — il ne joue d’aucun autre instrument —, il est devenu le visage le plus reconnaissable du groupe grâce à un jeu de basse d’une précision et d’un groove phénoménaux, et à un mouvement de tête caractéristique qui fait le bonheur des fans. Classé premier « bassiste le plus cool » par Bass Guitar Magazine, il dispose d’une basse signature chez Music Man (la Joe Dart Bass, déclinée en plusieurs versions). Ses lignes de basse sur des morceaux comme Dean Town, Beastly ou Cory Wong sont devenues des références pour toute une génération de musiciens.

Le groupe s’entoure régulièrement de collaborateurs fidèles qui forment la version élargie à sept musiciens lors des tournées : le chanteur Antwaun Stanley, le saxophoniste et claviériste Joey Dosik, le guitariste Cory Wong (qui mène par ailleurs une brillante carrière solo) et le percussionniste-chanteur Jacob Jeffries. D’autres musiciens ont contribué aux enregistrements au fil des ans, parmi lesquels les légendes David T. Walker, Bernard Purdie, James Gadson et Blake Mills.

Le son Vulfpeck

Le son de Vulfpeck est immédiatement reconnaissable : un funk minimaliste, sans fioritures, où chaque note compte. L’esthétique du groupe repose sur le concept de « low volume funk » — un funk joué à volume contenu, où la dynamique et le groove priment sur la puissance. Les lignes de basse de Joe Dart découpent le mix avec une netteté chirurgicale, tandis que les claviers de Goss et Stratton posent des nappes chaleureuses et les guitares de Katzman ajoutent une touche soul et rock. Les productions sont souvent volontairement lo-fi, enregistrées dans des salons, des sous-sols et des studios de fortune, avec une image vidéo granuleuse qui renforce le charme artisanal du projet.

Le groupe oscille entre morceaux instrumentaux — où la virtuosité collective s’exprime pleinement — et chansons avec paroles, souvent portées par la voix de Katzman ou celle de Stanley. Des titres comme Back Pocket, 1612, Wait for the Moment, Animal Spirits et le redoutable Dean Town (un instrumental basse-claviers devenu culte) ont accumulé des centaines de millions de vues sur YouTube.

Sleepify : le coup de génie

En mars 2014, Vulfpeck publie Sleepify sur Spotify : un album de dix pistes… entièrement silencieuses. Le groupe invite ses fans à écouter l’album en boucle pendant la nuit, générant ainsi des royalties grâce au système de rémunération au stream de la plateforme. L’opération rapporte environ 20 000 dollars avant que Spotify ne retire l’album, estimant qu’il violait ses conditions d’utilisation. Le coup de génie fait le tour de la presse mondiale et met en lumière les failles du modèle économique du streaming. Avec les fonds récoltés, Vulfpeck organise le Sleepify Tour — une tournée entièrement gratuite pour les spectateurs, dans cinq villes américaines. L’épisode illustre parfaitement l’esprit du groupe : un mélange d’humour, d’intelligence et de générosité qui défie les conventions de l’industrie musicale.

Madison Square Garden : l’exploit

Le 28 septembre 2019, Vulfpeck accomplit un exploit remarquable : le groupe remplit le Madison Square Garden de New York — 14 000 places — sans manager, sans label, sans aucune publicité payante. L’annonce de la mise en vente des billets est simplement postée sur Instagram auprès de leurs 265 000 abonnés. Tous les billets sont vendus. Pour se sentir chez eux sur la scène du MSG, ils demandent à leur scénographe de transporter les meubles du salon d’Ann Arbor où ils ont enregistré leurs premières vidéos YouTube, et de les réinstaller sur scène. Le concert, accompagné par Antwaun Stanley, Cory Wong, Joey Dosik et de nombreux invités (dont Chris Thile, Dave Koz et Nate Smith), est filmé et publié sous forme d’album live et de film de concert. En septembre 2025, le groupe revient au MSG pour un deuxième concert à guichets fermés, cette fois avec une apparition du légendaire batteur Bernard Purdie.

Discographie

La discographie du groupe reflète un rythme de production soutenu et une cohérence artistique rare :

Les EP Mit Peck (2011), Vollmilch (2012), My First Car (2013) et Fugue State (2014) posent les bases du son Vulfpeck. Suivent les albums Thrill of the Arts (2015), qui débute au numéro 16 du Billboard R&B et que le Wall Street Journal décrit comme un hommage au funk old-school joué avec feu, The Beautiful Game (2016), qui atteint le top 10 du Billboard R&B, Mr Finish Line (2017), Hill Climber (2018), The Joy of Music, the Job of Real Estate (2020), Schvitz (2022) et Clarity of Cal (2025), enregistré live au UC Theatre de Berkeley. L’album live MSG II, capté lors du second concert au Madison Square Garden, est sorti en décembre 2025.

L’écosystème Vulf

Vulfpeck n’est pas qu’un groupe : c’est un écosystème musical. Jack Stratton a également fondé The Fearless Flyers, un quartet instrumental réunissant Joe Dart, Cory Wong, le guitariste Mark Lettieri et le batteur Nate Smith. Ce projet parallèle, axé sur un funk encore plus brut et compact, a publié plusieurs EP et albums et tourne régulièrement en ouverture de Vulfpeck. Chaque membre du groupe mène par ailleurs des projets solo — Theo Katzman en rock-folk, Cory Wong en funk-jazz, Joey Dosik en soul, Woody Goss en jazz — créant un univers musical interconnecté que les fans explorent avec ferveur.

Un modèle unique

Ce qui rend Vulfpeck véritablement unique dans le paysage musical actuel, c’est leur modèle : entièrement indépendants, sans label ni manager, ils contrôlent chaque aspect de leur carrière — enregistrement, production, distribution, merchandising, communication. Jack Stratton gère le groupe comme une petite entreprise artisanale, avec une philosophie résumée par le collaborateur Antwaun Stanley : la logique de Jack, c’est l’inverse de la norme — faire le maximum en ligne et ne jouer en live que quand on en a envie. Et ça marche. Cette rareté volontaire des concerts — le groupe ne tourne que quelques dates par an — entretient une demande permanente et fait de chaque apparition un événement.

Leur présence au Montreux Jazz Festival le 17 juillet 2026, sur la scène de l’Auditorium Stravinski, s’inscrit dans cette logique : un concert rare, dans un cadre d’exception, pour un groupe qui a fait de la rareté une vertu.

Actualités

Montreux Jazz Festival 2026 : de RAYE à Nick Cave, une programmation magistrale pour la 60e édition

Soixante ans et aucun signe de lassitude. Le Montreux Jazz Festival a dévoilé ce mardi la programmation de son édition anniversaire, et elle tient toutes ses promesses. Du 3 au 18 juillet 2026, les rives du Lac Léman accueilleront une affiche vertigineuse où se croisent 22 nationalités, plusieurs générations de musiciens et tous les courants imaginables — du jazz pur jus au hip-hop, de la pop éthérée au rock volcanique. L’événement marque surtout le retour tant attendu dans le Centre des Congrès de Montreux, entièrement rénové. Après deux éditions en plein air, le festival retrouve ses deux salles amirales : l’Auditorium Stravinski (4 621 places) et le Montreux Jazz Lab (2 293 places). Les festivités s’accompagneront d’un tout nouveau club électro de 1 000 places, de terrasses réaménagées et d’un parc de Vernex transformé en espace restaurant-plage — les artistes du club seront annoncés en juin. RAYE en majesté pour ouvrir le bal C’est RAYE qui aura …

Lire la suite

Concerts à venir

Auditorium Stravinski, Montreux, Suisse Loyle Carner, Vulfpeck

Chroniques de concerts

Aucune chronique de concert

Critiques d'albums

Aucune critique d'album