Il y a une phrase qui résume à elle seule l’ambition de la Fête du Bruit : faire du bruit, mais bien, et ensemble. Ce festival breton — qui existe aujourd’hui sous deux formes, deux sites, deux identités complémentaires — est devenu en moins de vingt ans l’un des rendez-vous estivaux les plus importants de l’Ouest de la France. Populaire sans être populiste, éclectique sans être dilué, ancré dans ses territoires sans jamais s’y enfermer : la Fête du Bruit est un modèle de ce que peut être un festival de musiques actuelles quand il est construit avec conviction.
Landerneau, 2009 : la naissance d’un son
Après de nombreux concerts à Landerneau, la création d’un festival en plein air devient le nouveau défi de l’association L’Art-Scène, avec le soutien de la ville. En 2009, la première Fête du Bruit se tient à Landerneau, avec Tryo, Bernard Lavilliers et Caravane Palace devant un public de plus de 10 000 personnes.
Le festival est organisé par Régie Scène et se déroule dans les Jardins de la Palud à Landerneau, en Bretagne — un cadre urbain sur les berges de l’Élorn. Ce choix du site dit déjà beaucoup : pas une prairie isolée en dehors de tout, mais un festival ancré dans le cœur d’une ville, entre les murs de la cité et les rives de la rivière. Une proximité avec le territoire qui ne se démentira jamais.
Depuis sa création, plus de 300 artistes et 500 000 festivaliers ont foulé les Jardins de la Palud. La liste des noms qui ont joué ici constitue un palmarès éloquent : Placebo, Moby, Simple Minds, Sinead O’Connor, Mika, Indochine, Texas, The Offspring, Patti Smith, Macklemore, Iggy Pop, Garbage, Gossip, IAM, Orelsan, Prophets of Rage, DJ Snake — un mélange qui dit tout de la ligne éditoriale : pas de case unique, pas de genre imposé, juste une exigence de qualité et une curiosité sans limites.
Saint-Nolff, 2018 : la famille s’agrandit
La Fête du Bruit dans Saint-Nolff naît en 2018 sur le site de Kerboulard, à Saint-Nolff. Créée par Régie Scène pour célébrer les dix ans de la Fête du Bruit dans Landerneau, cette déclinaison morbihannaise conquiert le public breton dès sa première édition. Pour l’occasion, le retour sur le site de Saint-Nolff — qui avait déjà connu une longue histoire festivalière entre 1997 et 2011 — se fait en fanfare : Indochine, Macklemore, The Offspring, Simple Minds et FFF.
Rock, électro, rap, pop : tous les styles se croisent sur trois jours dans une programmation éclectique mêlant têtes d’affiche internationales et talents émergents. Avec 55 000 festivaliers en 2025, le festival s’impose comme l’un des plus grands festivals de musique de Bretagne et un moteur du tourisme estival dans le Golfe du Morbihan.
Le festival a su fidéliser un public familial et intergénérationnel, attiré par la diversité musicale et l’ambiance chaleureuse qui règnent sur le site de Kerboulard.
Une même structure, deux ADN
Derrière les deux festivals, une équipe dirigée par Joël Bernard (direction et programmation), Carol Consola (partenariats), Arthur Bernard (programmation, production, billetterie) et Baptiste Beauchamp (communication et presse) — une structure à taille humaine qui gère deux événements majeurs à quelques semaines d’intervalle.
Les deux éditions partagent un socle commun : l’éclectisme comme boussole, l’accessibilité comme priorité, et la conviction qu’un bon festival doit être capable de faire cohabiter un rappeur et un groupe de punk irlandais, un DJ de stade et un artiste de folk, une star de la chanson française et un groupe de world music. Ce n’est pas de la démagogie — c’est une philosophie.
Un détail notable : le festival maintient sa philosophie d’égalité artistique où tous les artistes se produisent sur une même scène unique, créant une atmosphère particulière et conviviale. Une scène, pas deux. Le public ne choisit pas, ne rate rien, ne se divise pas : tout le monde est au même endroit, au même moment.
Un festival qui pense à tout le monde
La Fête du Bruit ne se contente pas d’être un beau plateau. Elle pense l’expérience festivalière dans son ensemble. À Landerneau, une zone d’accueil spécifique pour les personnes à mobilité réduite est réservée, avec un couloir aux entrées et une plateforme devant la scène. Un parking dédié est prévu à proximité. Une boucle magnétique de 120 m² est installée au pied de la plateforme pour les malentendants. Le festival est cashless, et des navettes relient les centres-villes aux sites.
À Saint-Nolff, le festival mobilise des centaines de bénévoles et génère d’importantes retombées économiques pour le territoire. Des food trucks bretons aux bières locales, la Fête du Bruit est aussi une fête du terroir — une façon de célébrer la Bretagne autant que la musique.
Ce que la Fête du Bruit représente
Aujourd’hui, après 15 ans de militantisme culturel au service de la musique, de la région et du public, la Fête du Bruit attire plus de 50 000 spectateurs chaque année. En cumulant les deux sites, c’est plus de 100 000 festivaliers qui vivent la Fête du Bruit chaque été en Bretagne. Un chiffre qui dit la réussite d’un projet né d’une ambition simple : faire que la grande musique soit accessible à tous, dans des territoires qui n’attendaient que ça.
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