The Rolling Stones dévoilent deux nouveaux extraits de « Foreign Tongues » — l'album sort le 10 juillet

The Rolling Stones dévoilent deux nouveaux extraits de « Foreign Tongues » — l'album sort le 10 juillet

The Rolling Stones

Le compte à rebours est lancé. Le 26 juin, les Rolling Stones ont mis en ligne deux nouveaux titres issus de Foreign Tongues, leur vingt-cinquième album studio attendu pour le 10 juillet via Capitol Records. « Jealous Lover » et « Divine Intervention » s’ajoutent à « In the Stars » et « Rough and Twisted », les deux faces du premier single sorti le 5 mai lors d’un événement de lancement discret tenu dans un entrepôt de Brooklyn. La mécanique promotionnelle s’est mise en route, mais Mick Jagger, 82 ans au moment de la sortie, n’a pas changé de méthode : on fait parler la musique.

Ce que disent les nouveaux singles

« Jealous Lover » ne trompe pas sur ses intentions : c’est une âme funky, tendue, héritière directe d’« Emotional Rescue ». Jagger y congédie une amante jalouse avec cette flatterie particulière qu’il réserve aux au-revoirs — la voix en falsetto dans le refrain, la ligne de basse qui groove sans effort, Keith Richards en embuscade sur les contre-temps. On ne réinvente rien. C’est exactement pour ça que ça fonctionne.

« Divine Intervention » est une autre affaire. Le titre aligne les images de fin du monde avec une légèreté déconcertante — le type de paradoxe qui est la marque de fabrique de Jagger depuis « Street Fighting Man ». Ronnie Wood y place un solo de guitare bluesy qui rappelle pourquoi sa discrétion habituelle rend ses sorties de route d’autant plus frappantes. Robert Smith, le chanteur de The Cure, apparaît aux synthétiseurs, donnant au titre une couleur crépusculaire qu’on n’attendait pas. L’alliance improbable tient parfaitement.

Un album pensé pour les grandes scènes

Foreign Tongues a été produit, comme Hackney Diamonds, par Andrew Watt — ingénieur, producteur et, selon ses propres termes, « le plus grand fan des Stones au monde ». L’objectif affiché était de livrer des chansons capables de se traduire sur des scènes de stade. Quatorze titres au programme, avec un casting d’invités qui joue la carte du prestige mesurable : Paul McCartney à la basse sur « Covered in You », Steve Winwood au piano et à l’orgue, Benmont Tench (ex-Heartbreakers) sur plusieurs plages, Bruno Mars crédité au cowbell sur le disco rave-up « Never Wanna Lose You », Chad Smith des Red Hot Chili Peppers à la grosse caisse sur la cover de « Beautiful Delilah » de Chuck Berry.

Ce dernier titre, qui referme l’album, est un geste fondateur : les Stones ont commencé leur carrière en reprenant Berry (leur tout premier single, « Come On », en 1963) et signent ici un bouclage de cinquante ans d’histoire avec l’élégance de ceux qui ont encore les mains dans le cambouis.

Plus significatif encore : Charlie Watts est présent. Le batteur, disparu en août 2021, a participé à l’enregistrement d’un titre en 2021 — « Hit Me in the Head », décrit par la critique comme une chanson à la Hang Fire, ludique et nerveuse. Sa présence sur l’album n’est pas un gimmick de marketing mais un rappel que Watts était, jusqu’au bout, le gardien du swing des Stones.

Après Hackney Diamonds : la confirmation d’une renaissance

En 2023, Hackney Diamonds avait constitué une surprise de taille : non pas parce que les Stones « revenaient » — ils n’étaient jamais vraiment partis — mais parce que l’album était bon. Vraiment bon. Un Grammy plus tard, la question était de savoir si la veine était durable ou si Diamonds avait été un dernier feu d’artifice.

Les quatre singles publiés jusqu’ici plaident pour la continuité. Foreign Tongues semble opérer un léger décalage par rapport à son prédécesseur : là où Hackney Diamonds misait beaucoup sur la voix de Jagger et des mélodies pop directes, le nouvel album paraît plus ancré dans les guitares, plus collectif dans son écriture, plus proche de l’ADN blues-rock du groupe. Ce que la critique prénommait dans les années 1970 « le son des Stones » — cette façon d’entremêler deux guitares jusqu’à ce qu’on ne sache plus qui joue quoi — semble revenu en bonne place dans le mix.

Keith Richards, dans une interview accordée à Rolling Stone magazine, a confié que le groupe pourrait ne plus tourner dans les grandes arènes, préférant désormais des résidences. À 82 ans pour Jagger, 82 ans pour Richards, 79 pour Ronnie Wood, la question n’est plus vraiment celle-là. Foreign Tongues est l’album de gens qui font de la musique parce qu’ils ne savent pas faire autrement — et qui ont l’honnêteté de ne pas prétendre que c’est de la jouvence.

Foreign Tongues paraît le 10 juillet 2026 sur Capitol Records, en CD, vinyle, cassette et éditions deluxe. Les singles sont d’ores et déjà disponibles sur toutes les plateformes.

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