Montreux Jazz Festival : une 60e édition entre héritage et renouveau

Montreux Jazz Festival : une 60e édition entre héritage et renouveau

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Après seize jours de concerts, le Montreux Jazz Festival referme samedi 18 juillet 2026 le livre de sa 60e édition. Une édition-anniversaire qui restera comme une charnière : première grande manifestation organisée dans le Centre de Congrès rénové, elle a réuni plus de 250 000 personnes, avec un taux de remplissage moyen de 91 % dans les salles payantes. Le Montreux Jazz Lab, à 88 %, signe même son meilleur résultat depuis son ouverture en 2013.

Un anniversaire tourné vers l’avenir

Fidèle à l’esprit pionnier de son fondateur Claude Nobs, le Festival a fait le pari du renouveau : Centre de Congrès métamorphosé, scènes gratuites repensées, parcours étendu le long des quais jusqu’aux scènes Spotlight et Super Bock, et nouvelle scène électro, le Duplex. La programmation a largement fait la part belle aux nouvelles générations d’artistes, sans jamais couper le fil avec l’histoire du lieu — concerts hommage, exposition muséale « Putting Montreux on the Map » et projections d’archives à l’appui.

Le coup d’envoi a donné le ton. La création exceptionnelle de RAYE, imaginée pour l’occasion sur une scène octogonale rotative au cœur de l’Auditorium Stravinski, a traversé six décennies d’histoire du Festival, saluant Nina Simone, Prince, Aretha Franklin, James Brown ou Ray Charles — avant l’apparition surprise de Mark Ronson et Alicia Keys. Dans son sillage, la nouvelle scène a brillé : Sienna Spiro rendant hommage aux 50 ans du concert de Nina Simone, la Brésilienne Liniker et ses treize musiciens, ou encore Ezra Collective, appelé au pied levé pour remplacer les Isley Brothers.

Des instants suspendus aux ferveurs d’une nouvelle génération

Le retour à l’Auditorium Stravinski a ravivé ces moments d’intimité rare qui font la légende de Montreux : le piano solo de John Legend, le final acoustique de Lewis Capaldi, un « Into My Arms » bouleversant de Nick Cave, ou le premier concert en Suisse romande de Giveon. À l’inverse, une nouvelle génération de festivaliers s’est appropriée le lieu avec ferveur, de PinkPantheress à Conan Gray en passant par Tyla, jusqu’à l’apogée d’une Zara Larsson portée par une performance vocale impressionnante et un message d’empowerment.

L’édition s’est refermée sur une série de concerts hautement symboliques : Marcus Miller rendant hommage à Miles Davis, et Charles Lloyd célébrant les 60 ans de son passage lors de la toute première édition de 1967 — l’occasion pour Mathieu Jaton de lui remettre une distinction honorifique de « première légende » du Festival. La soirée de clôture réunit à l’Auditorium deux monstres sacrés de la folk, Van Morrison et James Taylor, tandis que Cerrone livre une relecture symphonique de son répertoire au Montreux Jazz Lab.

Un rayonnement mondial

Cette 60e édition confirme enfin la vocation universelle du Festival : 51 concerts diffusés en direct et gratuitement, 9,5 millions de vues cumulées sur YouTube et les réseaux sociaux, les captations de RAYE, Zara Larsson et Moby en tête. Produites par Montreux Media Ventures, elles ont été saluées pour leur qualité sonore et leur esthétique cinématographique. Plus de 700 concerts et activités, 550 journalistes accrédités : soixante ans après ses débuts, le Montreux Jazz Festival demeure, selon le mot de Zara Larsson, une sorte de « European Hawaii » — un cadre unique où la musique vive continue de s’écrire.

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