La Sainte Rock 2026 - The Bundies, La Flemme, The Elephant Green, The Last Internationale, Le Bleu, Deportivo

La Sainte Rock The BundiesLa FlemmeThe Elephant GreenThe Last InternationaleLe BleuDéportivo

6MIC, Aix-en-Provence, France

Il y a des soirées qui se terminent sur une certitude : on y était. Le samedi 25 avril au 6MIC d’Aix-en-Provence, pour la deuxième nuit de la troisième édition de La Sainte Rock, c’était une de ces soirées-là. Six formations sur deux scènes, une programmation qui oscille entre rock local et tête d’affiche internationale, et au milieu de tout ça, un phénomène new-yorkais.

The Bundies — Le stoner aixois ouvre le bal

© Photos / Marwan Khelif

C’est la maison qui reçoit. Ces quatre vieux potes issus d’horizons musicaux différents, ayant partagé de nombreuses scènes par le passé, retrouvent leur territoire et leur public au 6MIC. Basse/chant pour Jérémy Begoin, deux guitares — rythmique et mélodique — pour Richard Coloma et Christian Lagarde, batterie pour Sébastien Vanni : la formation est en place, le son est lourd et chaud, et l’interaction avec le public est immédiate.

Les Bundies chantent en français — choix rare dans la scène stoner — et ça fonctionne. La langue s’adapte à la lenteur pesante des riffs, à la densité du son. Le groupe ne fait pas de discours, ne cherche pas à impressionner : leur musique, à la fois brute et authentique, est une invitation à plonger dans un univers où le plaisir et le rock’n’roll sont rois. Mission accomplie. La salle se réchauffe, les premiers pogos naissent timidement, et les vainqueurs du Tremplin The Band 2024 rappellent à ceux qui l’auraient oublié pourquoi ils ont mérité ce titre.

La Flemme — Marseille prend feu

© Photos / Marwan Khelif

Il suffit de les voir entrer sur scène pour comprendre que quelque chose va se passer. Ne vous fiez pas à leur nom : La Flemme, c’est quatre Marseillais déchaînés, un son garage pop sous tension, et une énergie qui retourne tout sur son passage.

Formé autour de Jules (chant, guitare, synthé), avec Stella à la basse et au chant, Ronie à la guitare et aux chœurs, et Charles à la batterie, le quartet enchaîne les titres de La Fête — leur premier album sorti exactement un an jour pour jour avant ce concert — avec une urgence communicative. Deux voix qui s’alternent et se répondent, des guitares qui s’entrechoquent, une rythmique qui ne lâche pas.

Le guitariste descend dans le public. Barny, chanteur de Le Bleu qui attend son heure dans les coulisses, rejoint La Flemme sur scène le temps d’un morceau — le genre d’instant spontané qui rappelle ce que la scène rock locale a de meilleur : une communauté, pas une industrie. Entre énergie punk festive et pop-garage désabusé, La Flemme est hyper entraînante, dansante, irrésistible. Lauréate des Inrocks Super Club, passée dans Quotidien, leur ascension est fulgurante — et ce soir, on comprend pourquoi.

The Elephant Green — La texture avant tout

© Photos / Marwan Khelif

Trois guitares — dont une folk acoustique — basse et batterie. The Elephant Green construit un mur sonore plus atmosphérique, plus texturé. Le groupe prend son temps, installe ses paysages, cultive une profondeur que les formations précédentes n’avaient pas cherchée. Dans la succession de la soirée, c’est une respiration bienvenue, un changement de régime qui permet à la salle de se repositionner avant ce qui arrive.

The Last Internationale — L’incendie

© Photos / Marwan Khelif

Il y a des concerts qui vous marquent pour des années. Celui de The Last Internationale ce soir au 6MIC est de ceux-là.

Tout commence avant même le set. Edgey Pires — le guitariste — est repéré dans le hall du 6MIC, en train de tester des pédales sur un stand, faisant des photos avec les festivaliers. Pas de distance, pas de posture de star. C’est la première indication de ce qui va suivre.

Delila Paz est une frontwoman magnétique avec une voix qui peut passer d’un murmure délicat à un hurlement de banshee, souvent dans la même chanson. Ce soir, elle fait tout ça — et bien davantage. Le début du set est perturbé par un problème de basse, mais le duo new-yorkais ne perd pas une seconde de présence : leur mélange socialement conscient de hard rock et de soul ressemble à une collision improbable entre les Stooges et Bruce Springsteen, mais c’est sur scène qu’ils brillent vraiment.

Puis vient le moment qui arrête la salle. Freedom Town — a cappella, sans micro, Delila face au public. Le silence qui précède dure une seconde. Puis cette voix emplit l’espace sans aucune amplification, et c’est comme si les murs du 6MIC s’étaient évanouis. Une voix magnifique et pleine de soul qui tient la salle entière dans sa main.

Edgey Pires, de son côté, est une force de la nature. Il canalise à la fois Jimmy Page et Tom Morello avec ses riffs massifs et ses solos qui s’envolent. Piano et voix. Descente dans le public. Delila fait s’asseoir tout le monde en cercle autour d’elle — et la salle obéit, suspendue. Puis elle fait monter des gens sur scène pour le rappel. Power to the People — une belle communion avec le public.

Je repars avec le vinyle, je n’avais pas le choix !

Le Bleu — L’ingrat passage

© Photos / Marwan Khelif

Il faut être honnête : passer après The Last Internationale, ce soir-là, c’était une position impossible. Le Bleu — guitare, basse, batterie, chanteur — joue bien, joue juste, joue avec sérieux. Mais l’énergie n’est pas la même, et ça se voit dans la salle. Les gens sont encore à Delila, encore à Edgey, encore dans cet a cappella qui flotte dans la salle comme un fantôme. Rien à dire techniquement — c’est propre, c’est bien joué — mais ça ne prend pas. Certains soirs, l’ordre de passage est cruel.

Deportivo — Le retour du fils prodigue

© Photos / Marwan Khelif

La soirée se referme sur une histoire de famille. En 2022, l’idée d’un come-back s’était matérialisée au travers d’une date à La Cigale de Paris. L’engouement était là. Le public, fait majoritairement d’ex-adolescents, avait répondu présent aux quatre coins de la France.

Ce soir au 6MIC, c’est la même chose, en plus intime. Julien Bonnet — le batteur — fête son anniversaire sur scène. Les “Happy Birthday” fusent, le groupe encaisse avec la décontraction de musiciens qui savent que le meilleur cadeau, c’est de jouer. Et ils jouent. Les guitares énervées, la batterie percutante, la science de la formule de Jérôme Coudanne — tout est là, intact, comme si les douze ans de silence n’avaient jamais existé.

Le set mêle l’ancien et le nouveau : des titres de Reptile, leur album de 2025 — sorti le 27 février 2025, dix titres en vingt-deux minutes, droit au but — et des classiques qui font monter l’émotion dans la salle. Le groupe enchaîne avec une énergie qu’on leur connaît. Il ne fait pas spécialement parler de lui ce soir — pas de discours, pas de mise en scène — mais le public est ultra enthousiaste, et c’est tout ce qui compte.

La soirée qu’on n’attendait pas tout à fait comme ça, et qui s’est révélée exactement comme elle devait être. Avec, en son centre, un ouragan new-yorkais nommé The Last Internationale.

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