Si la première soirée du Nantuafest jouait la carte du groove caribéen et de l’afrolove, le samedi s’annonçait plus
composite — une affiche qui mélange rap introspectif, électro planante et reggae de référence. Moins de cohérence
apparente, plus de surprises. Et une soirée qui trouvera son point d’orgue dans un hommage qu’on n’attendait pas avec
autant d’intensité.
Grâce à sa culture musicale variée, elle explore aisément différents styles et s’impose par ses mix créatifs et ses sets
dynamiques, toujours en connexion avec son public. Ce soir, la DJ perpignanaise ouvre les festivités sur la grande scène
avec un mandat clair : chauffer une plaine des sports encore clairsemée. La fosse n’est pas pleine — loin de là — mais
ça bouge.
Black Eyed Peas, David Guetta, les tubes incontournables des années 2000 et 2010 défilent avec des drops bien placés,
des montées soignées, une interaction constante avec le public. Laura Laffon n’est pas là pour imposer un univers
personnel — elle est là pour mettre en route la machine, et elle s’en acquitte avec le professionnalisme d’une DJ qui a
passé dix ans à lire des salles dans les Pyrénées-Orientales. Le public répond. Doucement, mais il répond.
La rappeuse essonnaise arrive avec un dispositif live complet — walkman, claviériste, guitariste — et ça change tout.
Dans la ligue des rappeuses, Juste Shani est le talent brut sur lequel miser. Qu’elle chante ou qu’elle kicke, toujours
avec éloquence, sa pluralité lui permet de toucher à la fois les amoureux du rap et les amoureux des mots.
Ce soir, elle démontre les deux faces. La belle voix d’abord — veloutée, posée, capable de holds émotionnels que peu de
rappeuses de sa génération s’autorisent. Puis la démonstration de flow, les débuts rappelés à travers une maîtrise
technique irréprochable, le flow dense et clair de ses années open mic. Sur Tout Schuss, elle fait former un cercle
dans la fosse pour faire danser les gens — le geste est simple, direct, généreux. Quand elle entre sur scène, Juste
Shani ne cherche pas à dominer l’espace : elle l’habite. Vrai.
Il y a des groupes qu’on n’a plus besoin de présenter, et d’autres qu’on n’a jamais vraiment fini de découvrir. Danakil
appartient aux deux catégories à la fois. Vingt ans de scène, une discographie qui tient la route d’un album à l’autre,
et ce soir à Nantua, une démonstration tranquille de ce que le reggae français a de mieux à offrir quand il se donne
sans calcul.
Le set est plein, charnu, rythmiquement implacable. Les cuivres assoient chaque montée, la basse pulse sans jamais
écraser, les voix s’entrecroisent avec cette fluidité qu’on ne s’invente pas. Danakil n’a pas besoin de décor
spectaculaire ni de mise en scène élaborée — la musique fait le travail, et elle le fait bien. La plaine des sports se
transforme en quelque chose qui ressemble à une fête de quartier agrandie aux dimensions d’un festival, et c’est
exactement ce qu’il fallait.
Gabty rejoint le groupe en cours de set. La scène se resserre, l’énergie monte d’un cran. Le public, lui, n’a jamais
décroché.
La scène est habillée pour lui : un décor de lave éclairée, des flammes, quelque chose qui évoque un volcan en éruption.
La mise en scène est impressionnante, la production soignée. L’intensité underground est là, la connexion avec le public
évidente. Josman n’use pas l’autotune jusqu’à la moelle — sa voix existe, son flow aussi. Techniquement, le concert est
solide.
Mais les paroles, ce soir, font tiquer. Certains textes portent une vision des femmes qui, en 2026, sonne comme un angle
mort assumé plutôt qu’une posture artistique travaillée. Rien de comparable aux pires travers du genre — pas de
provocation frontale — mais une façon de parler des femmes qui contraste avec ce que Juste Shani, deux sets plus tôt,
incarnait avec une tout autre ambition. La dissonance est réelle. On peut apprécier le flow et regretter les mots en
même temps. Ce soir, les deux coexistent.
C’est par un pur hasard, en scrollant distraitement sur les réseaux sociaux, que j’ai découvert le Nantuafest. Un festival de musique au bord du lac de Nantua, ça peut être sympathique ! Un petit tour sur le site du festival et je vois une programmation éclectique avec des styles musicaux différents. Le festival a aussi une partie sportive la journée et y propose des initiations et tests de matériel. Arrivé sur Nantua pour cette première journée, je découvre le lieu du festival, un grand espace circulaire avec en pourtour les différents stands (bars, nourritures, maquillage, …). Je récupère mon bracelet qui sert à la fois de pass d’entrée et de moyen de paiement cashless (pas mal comme système !). Je fais un petit tour des différents stands pour remarquer que tous les produits sont locaux (brasserie du Jura) avec une alternative végétarienne et que le festival s’engage auprès d’associations locales (lycée pro de Nantua, mission locale, association PEP 01). Un festival bien organisé et …