Coup d’envoi de la troisième édition du Heavy Weekend, au Nancy Open-Air. Une première soirée pensée pour monter
crescendo : de l’horreur festive d’un jeune groupe allemand à la déflagration pyrotechnique de l’une des plus grosses
machines du metal européen, en passant par deux légendes du heavy. Quatre groupes, une jauge qui se remplit vite, et le
ton est donné.
C’est DOMINUM qui ouvre le bal, et le pari est gagné : là où bien des festivals peinent à remplir leur fosse pour le
premier groupe, celle-ci est déjà pleine. Les Allemands déroulent leur power metal théâtral — bassiste, guitariste et
batteur grimés en morts-vivants, flammes à l’appui — avec une efficacité réjouissante. Du metal accessible, immédiat,
premier degré et fier de l’être : exactement ce qu’on attend d’une mise en bouche. La troupe de Dr. Dead lance
parfaitement le week-end.
Changement complet d’échelle avec Avantasia, le grand projet d’opéra-metal de Tobias Sammet. Le principe est connu et
toujours aussi spectaculaire : les chanteurs invités se succèdent au micro, chacun apportant sa couleur. On retrouve
notamment Kenny Leckremo, Tommy Karevik et l’inoxydable Bob Catley, pour un heavy metal grandiloquent et
mélodique. Le défilé de solistes transforme le set en revue de gala — un format unique, parfaitement adapté à la grande
scène.
Vient ensuite un moment plus rare encore : Savatage. Voir les légendes américaines du metal progressif et théâtral
sur scène n’a rien d’anodin, et le concert est tout simplement exceptionnel. Pour les connaisseurs, c’est l’un des
événements de cette édition — la matrice qui a donné naissance au Trans-Siberian Orchestra, de retour sous les
projecteurs nancéiens. On regrette juste que leur set ne dure qu’une heure.
Et pour clore cette première soirée, les maîtres incontestés du metal-spectacle : Sabaton. Tout l’arsenal y passe.
Les Suédois débarquent masques à gaz sur le visage et lance-fumée à la main, batterie juchée sur un char d’assaut, puis
enchaînent feux d’artifice, fumée et flammes. Le set fait la part belle aux anciens hymnes, ponctué de quelques titres de
Legends, leur album de 2025. Point d’orgue très local : l’entrée en scène de Napoléon, suivie d’une Marseillaise
reprise à pleins poumons par le public. Porté par ses chœurs, Sabaton transforme le Nancy Open-Air en chaudron. Une
conclusion explosive pour une première journée qui aura tout offert.