Troisième et dernière soirée du Heavy Weekend, et l’affiche balaie large : du cyberpunk théâtral français à la fête
EDM-metal allemande, en passant par le metalcore d’horreur et le rock alternatif canadien. Une clôture placée sous le
signe du grand spectacle et du défoulement collectif.
C’est Shaârghot qui lance la journée, et l’univers post-apocalyptique des Français impose d’emblée son atmosphère.
Tous peints de noir, accompagnés de créatures sur échasses, ils déploient une mise en scène cyberpunk où l’on voit un
personnage balancer de faux billets avant d’être faussement exécuté sur scène. Il y a déjà du monde, les gens sont
chauds, et l’ambiance est énorme : un lancement de soirée aussi visuel que radical. Je ne connaissais pas le groupe mais
c’est une belle découverte.
Le metalcore théâtral et sanguinolent des Américains fait de nouveau mouche. Leur horror show, entre clins d’œil
hollywoodiens et riffs acérés, maintient la tension avant les deux têtes d’affiche — acteurs en costume reconstituant
des scènes de slashers, décors de série B, Spencer Charnas en maître de cérémonie d’un cinéma d’horreur à ciel ouvert.
Aller voir un concert d’Ice Nine Kills, c’est un peu comme regarder un film ou assister à une représentation théâtrale —
avec un soundtrack incroyable en prime.
Mais ce soir au Heavy Week-end, le show réserve une surprise de taille. Alissa White-Gluz — désormais chanteuse de
DragonForce après son départ d’Arch Enemy — rejoint le groupe sur scène pour Twisting the Knife et A Work of Art,
deux titres taillés pour mettre sa voix en valeur dans toute son étendue : des growls calibrés au cordeau, des envolées
mélodiques qui illuminent les refrains, une présence scénique qui rivalise immédiatement avec celle du groupe. La
rencontre fonctionne à merveille — deux univers qui se reconnaissent dans la même esthétique excessive et assumée. Pour
ceux qui étaient là, c’est le moment de la journée dont on parlera encore longtemps.
Three Days Grace était très attendu, et pour cause : les Canadiens se présentent avec leur configuration à deux
chanteurs, basse, guitare, batterie — et une guitare double manche en renfort. Si la balance n’est pas la plus
réussie de la soirée, leur rock alternatif fédérateur déclenche des vagues continues de crowd surfers. Pour seulement
leur troisième concert en France, l’accueil est chaleureux.
Et pour refermer l’édition 2026, Electric Callboy transforme le Nancy Open-Air en immense fête. Leur EDM-metal
ultra-coloré, annonciateur d’un nouvel album à venir TANZNEID, fait exploser la fosse avec un triple circle pit
simultané, des changements de costumes loufoques entre chaque chanson et tous leurs plus gros titres alignés
sans répit — Ratatata, We Got the Move… Le public hurle « You got the move » jusqu’au bout. Difficile d’imaginer
conclusion plus festive et plus délirante pour ces trois jours dédiés au metal.