
Greenfield Festival 2026 - Jour 1 - Alphornbläser, Zebrahead, XOXO, Ice Nine Kills, Unpeople, Alter Bridge, Thrown, A Day to Remember, Touché Amoré, The Offspring, President, Sabaton
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Premier jour du Greenfield Festival, et le décor à lui seul justifie le voyage : la plaine d’Interlaken, coincée entre les masses de l’Eiger, du Mönch et de la Jungfrau, accueille trois jours de metal sous les sommets. Deux scènes, la Jungfrau et l’Eiger, se relaient sans temps mort de l’après-midi à la nuit. Récit d’une première journée qui monte crescendo, du folklore alpin au déluge pyrotechnique.
Alphornbläser
© Photos / Marwan Khelif
Comme chaque année, ce sont les Alphornbläser qui ouvrent les hostilités — un rituel devenu indissociable du Greenfield. Treize cors des Alpes et un clavier alignés sur la grande scène, un drapeau suisse déployé au cœur de la fosse, et cet écho qui rebondit sur les parois de l’Eiger, du Mönch et de la Jungfrau pour annoncer, officiellement, que le festival a commencé. Le clou du set ? Une reprise de « In the End » de Linkin Park au cor des Alpes, totalement incongrue et parfaitement réjouissante, qui déclenche les premiers circle pits de l’édition. On ne fait pas plus helvète, ni plus Greenfield.
Zebrahead
© Photos / Marwan Khelif
Place ensuite à Zebrahead, qui fête à Interlaken ses trente ans de carrière. Les Californiens déroulent leur cocktail de punk rock, ska et rap metal avec la décontraction de ceux qui ont tout vu — ils ont tourné avec Green Day, The Offspring, Sum 41 ou blink-182. Leur rap metal ensoleillé fait son office : c’est plutôt cool, sans prétention, et ça lance la fête comme il faut.
XOXO
© Photos / Marwan Khelif
Premier rendez-vous avec la relève locale : XOXO, formation zurichoise née en 2023 et lauréate de la Demotape Clinic du m4music en catégorie rock, joue pour la première fois au Greenfield. Leur mélange de hardcore, metalcore et deathcore tient la route côté rythmique, mais le growl permanent finit par lasser et la performance scénique reste très moyenne. Un passage en demi-teinte pour un groupe encore en rodage, qui peaufine son premier album — on demande à revoir.
Ice Nine Kills
© Photos / Marwan Khelif
Avec Ice Nine Kills, on bascule dans le grand-guignol. Les Américains déploient leur metalcore théâtral et leur imagerie de film d’horreur — meurtres, hémoglobine et mises en scène sanguinaires en pagaille. C’est morbide, c’est spectaculaire, et c’est tout simplement top : le spectacle visuel autant que la musique. Le rideau se lève sur le horror show, et la fosse adore.
Unpeople
© Photos / Marwan Khelif
Les Britanniques d’Unpeople, présentés comme l’un des nouveaux fers de lance du metal (premier EP en 2024, premières parties de Metallica et Five Finger Death Punch dans la foulée), livrent un set carré et énergique. Sans renverser la table, leur metal à la fois lourd et mélodique se laisse écouter avec plaisir, confirmant un potentiel déjà entrevu sur les grandes scènes l’an dernier.
Alter Bridge
© Photos / Marwan Khelif
Retour d’un habitué de la maison : Alter Bridge, qui jouait déjà à la toute première édition du Greenfield en 2005. Vingt ans plus tard, le quatuor de Mark Tremonti et Myles Kennedy n’a rien perdu de sa superbe. Guitare, basse, batterie et la voix impeccable de Kennedy : leur metal alternatif aux riffs massifs, qui annonce un huitième album éponyme pour 2026, fait mouche. C’est sobre, solide, vraiment bien — l’écho contre les sommets restera dans les mémoires.
Thrown
© Photos / Marwan Khelif
Changement radical d’intensité avec Thrown. Les Suédois, sacrés meilleure révélation live aux Heavy Music Awards 2024 et fraîchement débarqués avec leur premier album Excessive Guilt, transforment la fosse en champ de bataille. Metalcore abrasif, circle pits, pogos et slams s’enchaînent sans répit : la nouvelle sensation du genre porte bien sa réputation de bête de scène.
A Day to Remember
© Photos / Marwan Khelif
A Day To Remember, fidèle au Greenfield depuis 2009, embarque le public dans son metalcore fédérateur. Les Floridiens maîtrisent l’art de la communion : ils font monter des spectateurs sur scène et déclenchent les inévitables wall of deaths. Une mécanique de fête bien huilée, taillée pour ces grands espaces.
Touché Amoré
© Photos / Marwan Khelif
Côté Eiger Stage, Touché Amoré apporte une respiration plus émotionnelle. Le post-hardcore à fleur de peau des Américains — porté par leur sixième album Spiral In A Straight Line — touche juste : textes sincères, urgence contenue, et un public qui connaît les paroles. Vraiment pas mal, et bienvenu dans une journée aussi dense.
The Offspring
© Photos / Marwan Khelif
Puis vient l’un des grands moments de la soirée : The Offspring, de retour à Interlaken. Les légendes du punk rock californien dégainent d’emblée leurs titres les plus connus, glissent quelques morceaux récents tirés de SUPERCHARGED, et provoquent un véritable raz-de-marée de slammeurs. Squelette géant gonflable, lâcher de ballons immenses sur le public : le show est aussi généreux que les tubes sont imparables. La corde nostalgique — Self Esteem, The Kids Aren’t Alright, Want You Bad — fonctionne toujours aussi bien. Là où passe The Offspring, le soleil brille (même de nuit).
President
Avant la tête d’affiche, place au mystère : President, groupe tout neuf et entièrement masqué, qui n’a donné son premier concert qu’au Download 2025. Pas de photos autorisées — l’anonymat fait partie du concept. Bassiste, guitariste et batteur cagoulés, et un chanteur masqué, sanglé dans un costume de chef d’orchestre. L’image est forte, le concept intrigant, et leur pop électro-metal ne manque pas d’arguments — mais le masque semble gêner la voix du chanteur, bridant une prestation qui demande encore à mûrir. À suivre de près.
Sabaton
© Photos / Marwan Khelif
Et pour clôturer ce premier jour, les maîtres incontestés du metal-spectacle : Sabaton. Je les avais vus il y a tout juste une semaine au Heavy Weekend (voir la chronique), et la recette fonctionne toujours aussi implacablement. Riffs martiaux, refrains à hurler en chœur, leçons d’histoire guerrière et débauche de pyrotechnie : les Suédois, qui défendent leur onzième album Legends sorti en octobre 2025, transforment la plaine d’Interlaken en chaudron. Un très bon show, sans surprise mais sans le moindre temps mort — la conclusion idéale d’une première journée qui aura tout offert, du cor des Alpes aux canons à flammes.










