Huit albums studio après des débuts en 2001, et LP n'a toujours pas renoncé à ce qui fait sa signature : une voix éraillée mais nette, des refrains construits pour les grandes salles et une écriture qui avance de la blessure vers la lumière. Sorti le 2 septembre 2026, Room 12 ne cherche pas à réinventer cette formule. Il la desserre. Onze titres, 39 minutes : le disque est plus court et plus retenu que Love Lines, où chaque refrain était poussé à fond. Mike Del Rio, déjà producteur de Lost on You, signe de nouveau la production.
Une pop-rock organique, aux couleurs variées
L'ossature reste la guitare et le piano, dans un son contemporain mais organique, qui laisse la voix au premier plan. Par-dessus, LP change de décor d'un morceau à l'autre. « Shelly », en ouverture, est un titre groovy porté par la guitare, avec un fond caribéen et une allure de plage. « Best In Life » et « Mi Corazón », tous deux en tonalité majeure, misent sur des arrangements lumineux et de grands gestes ; le second, chanté en espagnol, ajoute une couleur latine que l'on retrouve ensuite. « Jonesin' » s'essaie à la country, harmonica en tête, tandis que « When I Think of You », en duo avec Loyal Lobos, lorgne vers les années 2000 avec ses rythmes et ses cordes.
Les grands moments
Le disque culmine quand il laisse monter la pression. « Love Is All I Have », née d'une simple mélodie à l'ukulélé et écrite en grande partie à Prague, prend une ampleur presque lyrique et met en valeur l'étendue vocale de LP. « Amnesia » commence dépouillée, piano et guitare grattée, avant de s'élever progressivement vers un final de stade. « Don't Stop », le titre le plus enlevé, apporte un soulagement bienvenu après les passages plus lourds. En fin de parcours, « Chasing & Waiting » s'ouvre sur une guitare pincée aux accents hispano-français, qui évoquent Manu Chao, avant que le piano ramène le morceau vers le territoire de LP.
Réserves
Le mélange des genres a ses limites. Certains essais virent au cliché, et sur les derniers titres, « When I Think of You » et « Chasing & Waiting », la production finit par recouvrir ce que la voix et l'écriture avaient de plus fragile. Une partie de la critique juge l'ensemble trop dans la veine habituelle de LP, avec sifflements, ukulélé et refrains imposants, et voit dans ces onze plages un disque agréable mais peu surprenant, sans le single évident d'un Lost on You.
Verdict
Sur le fond, l'album tient sa promesse : parler d'amour sous toutes ses formes, des histoires poursuivies aux ruptures, des erreurs passées aux nouveaux départs. « Thirty 2nd Chances » en est le texte le plus marquant, en faisant des amours ratées des étapes nécessaires. Room 12 est un disque tranquille, élégant, parfois attendu, qui préfère la cohérence émotionnelle à l'effet. Il ne détrônera pas Lost on You, mais il montre que LP n'a plus besoin de prouver sa capacité à écrire de grandes chansons.

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