C'est à l'Institut des jeunes aveugles de Bamako que tout commence, en 1976 : Amadou Bagayoko, guitariste devenu aveugle à quinze ans d'une cataracte congénitale, y rencontre Mariam Doumbia, chanteuse aveugle à cinq ans après une rougeole mal soignée. Mariés en 1980, ils ne quittent plus la scène l'un sans l'autre. Les cassettes enregistrées à Abidjan à la fin des années 1980 leur ouvrent l'Afrique de l'Ouest ; en 1998, « Sou ni Tilé » et le tube « Je pense à toi » leur donnent enfin un auditoire en France.
Le déclic vient de Manu Chao, tombé amoureux de leur musique : Dimanche à Bamako, qu'il co-réalise en 2004, se vend à 300 000 exemplaires et vaut au duo une Victoire de la musique, puis deux BBC Radio 3 Awards. Welcome to Mali poursuit sur cette lancée en 2008, avec Damon Albarn aux commandes du single « Sabali », et vaut au couple une nomination aux Grammy Awards. Suivent Folila (2012), récompensé d'une deuxième Victoire de la musique, puis La Confusion (2017) : entre-temps, le duo a fait Glastonbury, ouvert pour Coldplay et U2, et creusé le sillon d'un rock en bambara qui marie guitares électriques, percussions dogon, trompettes cubaines et violons syriens — ce que la presse a fini par appeler l'afro-funk.
En 2024, ils chantent Gainsbourg pour la clôture des Jeux paralympiques de Paris et signent le best-of La vie est belle. Amadou Bagayoko meurt le 4 avril 2025, à soixante-dix ans ; L'amour à la folie, leur dernier album, paraît quelques mois après sa disparition.





























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