Ata Kak

Ata Kak, de son vrai nom Yaw Atta-Owusu, est un musicien ghanéen né en 1960 à Kumasi. Son nom de scène signifie « jumeau cadet » en langue Twi. Son histoire est l’une des plus singulières et des plus romanesques de la musique mondiale contemporaine : celle d’un artiste dont la musique a été ignorée pendant vingt-cinq ans avant de devenir un phénomène de culte mondial.

Une vie entre Kumasi et Toronto

Forcé de quitter le Ghana en 1985 en raison des coups d’État militaires et de l’instabilité politique, Ata Kak s’installe au Canada, à Toronto. Son entrée dans la musique tient du hasard : rencontré par hasard à la poste, il ment en déclarant savoir jouer de la batterie, rejoint un groupe de covers et apprend sur le tas. À Toronto, il intègre Marijata, un groupe ghanéen de highlife-reggae, découvrant un genre avec lequel il n’avait jusque-là aucune familiarité.

Obaa Sima, l’album qui dormait

En 1994, toujours à Toronto, Ata Kak enregistre dans son propre studio l’album Obaa Sima (qui signifie « bonne femme » ou « femme distinguée » en Twi). C’est un objet sonore inclassable : highlife électronique, electro-funk, hip-hop, raps improvisés en Twi — il avait essayé de rapper en anglais, mais son flow ne s’y prêtait pas. Le résultat, pressé à seulement 50 exemplaires, ne se vend qu’à trois copies. L’album sombre dans l’oubli.

La redécouverte et la gloire inattendue

Des années plus tard, Brian Shimkovitz, fondateur du blog et label Awesome Tapes From Africa, achète une cassette d’Obaa Sima sur un marché au Ghana. Subjugué, il publie l’album en ligne en 2012. La musique se diffuse viralement : pistes jouées dans les clubs du monde entier, article après article, des millions d’écoutes sur Spotify. Shimkovitz finit par retrouver Ata Kak, qui était rentré à Kumasi et dirigeait une modeste entreprise de forage de puits, stupéfait d’apprendre que quelqu’un s’intéressait encore à sa musique.

Obaa Sima est réédité officiellement en 2015, et Ata Kak parcourt les festivals du monde entier, dont Roskilde et d’autres scènes internationales, découvrant pour la première fois l’ampleur inattendue de son public. Il publie ensuite Batakari, premier album de nouvelles compositions depuis plus de trente ans, confirmant que son sens du groove et de la créativité n’a rien perdu de sa vigueur.

L’histoire d’Ata Kak illustre parfaitement comment la musique, même la plus confidentielle, peut traverser le temps et les continents pour trouver son public — parfois avec plusieurs décennies de retard.

Concerts à venir


Ata Kak

Kulturhof Kalk, Köln, Allemagne


Ata Kak

The Crescent, York, Royaume-Uni


Ata Kak

Cluny 2, Newcastle, Royaume-Uni


Ata Kak

Stereo, Glasgow, Royaume-Uni

Billets


Ata Kak

Strange Brew, Bristol, Royaume-Uni


Ata Kak

Jazz Cafe, London, Royaume-Uni

Commentaires

comments powered by Disqus