Formé à Vancouver en 1995 autour du chanteur et guitariste Dan Bejar, Destroyer est un projet singulier de l'indie rock canadien : un collectif de musiciens fidèles au service d'une écriture dense, et quatorze albums qui n'ont jamais deux fois le même visage. « Mon but, c'est de repartir de zéro à chaque fois », résume le frontman. Le parcours le vérifie : des maquettes lo-fi de We'll Build Them a Golden Bridge (1996) à City of Daughters (1998), ouvert au studio avec le producteur John Collins, puis Thief (2000), qui installe un vrai groupe derrière la voix, Streethawk: A Seduction (2001), This Night (2002) et son rock théâtral, jusqu'à Your Blues (2004) et ses arrangements MIDI que son auteur baptise « blues européen ». Kaputt (2011) est le sommet médiatique : sophisti-pop baignée de cuivres, nourrie de Miles Davis et Roxy Music , deuxième meilleur album de l'année selon Pitchfork et finaliste du prix Polaris. Suit une décennie souveraine — Poison Season (2015) et ses cordes cinématographiques, ken (2017), Have We Met (2020) — jusqu'à Labyrinthitis (2022), de nouveau finaliste du Polaris, puis Dan's Boogie, paru en 2025. Autour de Bejar gravitent le duo de producteurs JC/DC — John Collins et David Carswell —, le claviériste Ted Bois, le trompettiste JP Carter et le batteur Joshua Wells. « La musique est toujours collaborative », tient-il à rappeler, qu'on l'entende comme des ballades au piano, du lounge ou de la synth-pop : les paroles, ciselées ligne à ligne, restent la seule signature immuable.


























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