Trois jours durant, au cœur du mois de juillet, le complexe Rotterdam Ahoy se transforme en la plus grande scène de jazz couverte du monde. Le North Sea Jazz Festival — officiellement le « NN North Sea Jazz Festival » depuis que l'assureur néerlandais NN Group en est devenu le sponsor-titre en 2017 — déploie chaque année une quinzaine de scènes et plus d'un millier de musiciens, sans jamais se limiter au seul jazz.
Né à La Haye, en pleine effervescence
Le festival est fondé en 1976 par Paul Acket, homme d'affaires et passionné de jazz qui vient de céder sa maison d'édition. La toute première édition, tenue à La Haye les 16 et 17 juillet 1976, réunit sur six scènes plus de 300 concerts en une trentaine d'heures, avec déjà à l'affiche Count Basie, Miles Davis, Dizzy Gillespie, Sarah Vaughan et Stan Getz — plus de 9 000 festivaliers assistent à cette première édition. Le festival grandit ensuite d'année en année à La Haye, où se produiront au fil des décennies Nina Simone (1977 et 1983) ou encore Miles Davis à plusieurs reprises (1984, 1985, 1987), avant qu'un hommage lui soit rendu en 1992 par Herbie Hancock, Wayne Shorter, Ron Carter et Tony Williams.
Le grand saut vers Rotterdam
En 2006, à la suite de la reconstruction de son ancien site du World Forum, le festival déménage à Rotterdam Ahoy, un complexe multi-salles qui lui permet de démultiplier son ampleur : le festival revendique aujourd'hui le titre de plus grand festival de jazz couvert du monde, avec quelque 90 000 visiteurs sur l'ensemble du week-end, répartis sur une quinzaine de salles aux noms de fleuves du monde entier — Amazon, Nile, Mississippi, Congo, Hudson… Chaque année, le festival remet le Paul Acket Award, qui récompense un jeune musicien prometteur d'un trophée et de 10 000 euros — un prix qui a par le passé distingué Cécile McLorin Salvant ou Tigran Hamasyan.
Bien plus que du jazz
Si le nom du festival évoque une programmation exclusivement jazz, North Sea Jazz s'est toujours défini comme un événement pluridisciplinaire, mêlant soul, funk, hip-hop, rythm'n'blues et musiques du monde aux plus grands noms du jazz contemporain. C'est ce grand écart assumé qui permet à un même week-end de réunir aussi bien des légendes comme Diana Krall ou Charles Lloyd que des têtes d'affiche pop et soul à part entière.
L'édition 2026 : cinquante ans de « game changers »
Du 10 au 12 juillet 2026, le festival a célébré son cinquantième anniversaire sous le mot d'ordre « 50 years of game changers ». La chanteuse Cécile McLorin Salvant, artiste en résidence de cette édition anniversaire, s'est produite sur plusieurs scènes au fil du week-end, aux côtés d'esperanza spalding, de Snarky Puppy et du Metropole Orkest, ou encore de Jon Batiste et The Roots pour la soirée d'ouverture. Le samedi a réuni Burna Boy, Charlie Puth et Thundercat autour d'un hommage à Miles Davis pour son centenaire, mené par Marcus Miller, tandis que le dimanche s'est achevé sur des concerts de John Legend, Nile Rodgers & CHIC et Youssou N'Dour. Le pianiste brésilien Amaro Freitas a reçu, à cette occasion, le Paul Acket Award 2026.

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