Astriferous : Atavistic Unraveling, deuxième album annoncé pour le 26 juin

Astriferous : Atavistic Unraveling, deuxième album annoncé pour le 26 juin

Astriferous, formation costaricaine de death metal, fera paraître le 26 juin son deuxième album, Atavistic Unraveling. Le disque sera co-publié par Me Saco Un Ojo Records, qui en signera la version vinyle, et Pulverised Records, qui prend en charge l'édition CD. À cette occasion, le groupe dévoile « Dissolution of Eternity », un morceau qui donne sa mesure à l'ensemble.

La bête derrière Pulsations

Le nouveau disque succède à Pulsations From the Black Orb, le premier album d'Astriferous, paru en 2023. Les deux partagent la même carte d'identité, telle que la formule le matériel de présentation du groupe : Atavistic Unraveling combine « la morbidité grouillante du death metal finlandais du début des années 90 avec la folie sud-américaine classique » – une filiation affichée, doublée de ce que les mêmes documents appellent d'autres « développements terrifiants ».

Le communiqué insiste sur un durcissement de l'écriture plutôt que sur un changement de cap : malgré son titre, Atavistic Unraveling montrerait Astriferous à la fois le plus dense et le plus acéré de son parcours, « technique et exécution se rencontrant à la jonction de proportions proprement effrayantes ». Le quatuor y pousserait son écriture vers des longueurs étranges et dissonantes, faisant de son angularité une chose « déstabilisante et totalement agressive ». Autrement dit : la même bête que sur le premier album, dressée, affûtée, et lâchée plus loin encore sur les mêmes terres désolées.

La production, ce nettoyage qui fait mal

Autre élément relevé par le matériel promotionnel : une production légèrement clarifiée, qui paie cash ses dividendes. Les « ruminations malformées » du groupe s'infiltrent désormais pleinement dans la tête de l'auditeur – « abîmant l'esprit, secouant le corps » – tout en conservant suffisamment de propulsion linéaire pour que le disque reste du côté de l'art plutôt que de la « salade de riffs ». Une distinction que tout amateur de death technique comprendra sans dictionnaire – et que le quatuor dit avoir visée sciemment, à en croire ces mêmes documents : le disque veut rester « du bon côté » de la frontière, celle qui sépare un cauchemar construit d'un simple empilement de riffs.

« Dissolution of Eternity », le morceau-épreuve

Entre-temps, place à « Dissolution of Eternity », donc, dont le titre est bien nommé : le morceau sonne comme la bande-son de ce que son nom promet – la dissolution de l'éternité elle-même.

Ce qu'on y entend tient en un programme : un riff moribond qui se tortille et gémit de façon maligne, au timre à la fois noueux et strident, sur une humeur de cœur noir ; le roulement comparativement régulier de la batterie qui n'arrive pas à contenir le sentiment de folie naissante de l'ouverture – et puis la folie éclos, comme une croissance accélérée d'horreurs hideuses. La batterie et la basse se mettent à tonner, le riff grouille de façon maniaque, se nourrit férocement et se cabre en angles déments, tandis que des gutturaux monstrueux et réverbérés ajoutent à la musique son parfum de malice sans entraves. Et le morceau de varier ses vitesses sans jamais varier son intention : à chaque changement de tempo, le riff se déforme en des manières qui semblent canaliser l'agonie, ou la cruauté diabolique, ou les deux à la fois.

Et le morceau d'accélérer encore : pendant que des notes dissonantes glissent lentement et misérablement, le groupe assène des coups rythmiques à briser les os et compresser la colonne vertébrale – si l'éternité ne peut pas être rongée de l'intérieur, elle peut au moins être réduite en miettes à coups de masse. Le riffing bicolore reprend ses tortillements insensés pendant que les fûts partent en blast : ce qui restera de l'éternité sera consommé sans remords, ou réduit en ichor mousseux et informe à force d'acide et de gravier. Telle est, du moins, la lecture que l'on peut faire de cinq minutes de musique qui ne laissent aucune place au doute : ici, la violence est un argument, et le riff seule ponctuation.

L'objet, les formats, la pochette

Atavistic Unraveling sera donc disponible le 26 juin, en vinyle chez Me Saco Un Ojo et en CD chez Pulverised, l'illustration – une pochette « horrifiante », promettent les communiqués – étant signée Necrodevourer, de son vrai nom Alberto Salinas. Les précommandes sont d'ores et déjà ouvertes chez les deux labels, chacun tenant son camp : le vinyle d'un côté, le compact de l'autre, et la même musique dedans.

Le morceau découvert aujourd'hui n'est pas le premier extrait du disque : « Arcane Demonomania », le premier single, circule déjà et donne le ton – un ton « dérangeant », exactement calibré pour l'exercice. Les deux écoutes se répondent : même patience pour la dissonance, même foi dans le riff comme matière première, même refus de poncer les angles au profit de la clarté. De quoi donner envie d'enchaîner les deux morceaux d'affilée, pour voir si la cohérence tient sur la longueur d'un album entier – question à laquelle le 26 juin répondra.

Un mot, encore, sur le format du groupe : les documents de présentation parlent d'un quatuor – quatre musiciens, une seule ambition affichée, rendre l'angularité agressive et l'agression écoutable. C'est peu d'hommes pour autant de masse, et c'est sans doute la meilleure définition possible d'un groupe de death qui se prend à vouloir faire de l'art.

Pourquoi il faudra être là le 26 juin

Reste la question du rang de ce disque dans l'année death metal qui s'avance. Les éléments sont là pour trancher : un premier album remarqué en 2023, une filiation assumée entre la Finlande et l'Amérique du Sud, une production qui choisit la lisibilité sans rien céder à la brutalité, et deux labels dont l'odeur de soufre est un gage de sérieux dans ce créneau. Me Saco Un Ojo et Pulverised ne se trompent pas deux fois sur le même groupe.

Astriferous revient le 26 juin. Ceux qui, comme le quatuor, considèrent que la morbidité est une discipline et la dissonance un art de vivre, ont un rendez-vous à cocher dans leurs agendas ; les autres n'ont qu'à plonger dedans, tête la première, comme on se jette dans une piscine sans savoir si l'eau est pure ou empoisonnée, si elle est peu profonde ou sans fond, si elle recèle des créatures aux dents longues ou rien qu'un grand vide. Le 26 juin approchant, le bassin sera bientôt plein.

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