
Enslaved annonce Mið, dix-septième album, et dévoile le titre « Solar Will »
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Les vétérans norvégiens du metal progressif ont annoncé leur dix-septième album, Mið, attendu le 30 octobre chez Nuclear Blast Records. Un premier extrait, « Solar Will », vient d'être dévoilé, porté par un hymne au soleil aussi nourricier que terrifiant.
Un hymne au soleil, entre bienfait et ravage
Le nouveau titre, presque un chant de prière, rend hommage à l'astre qui donne la vie — un mélange de riffs sauvages et de rythmiques explosives, porté par des voix tour à tour hurlées et mélodiques, qui incarne à merveille la dichotomie entre nourriture et destruction que représente le soleil. « Il y a des cultes solaires depuis aussi longtemps que Magic Man existe, au moins. Le Soleil est un parent nourricier et terrifiant, qui peut aussi bien accorder la vie que l'anéantir totalement », explique le guitariste Ivar Bjørnson. « Un objet aussi classique et impressionnant que celui de notre culte et de nos mythes demande des riffs tout aussi classiques et impressionnants, des grooves de batterie à la Bonham et des envolées mélodiques et abrasives qui célèbrent sa gloire terrifiante. C'est à ça que ça ressemble pour moi : Solar Will ! »
Le titre confirme la direction prise par le groupe depuis plusieurs albums : un metal progressif qui n'a plus grand-chose à voir avec le black metal viking de ses débuts, mais qui en conserve l'ossature la plus abrasive, quitte à la faire cohabiter avec des passages nettement plus mélodiques et atmosphériques. Une dualité que le titre du nouvel extrait résume à lui seul.
Une rivalité nordique volontairement laissée sans nom
Le chanteur et bassiste Grutle Kjellson prolonge cette réflexion : « Solar Will explore des conflits archétypaux, de ceux qui se manifestent dans la nature, le cosmos, la mythologie et, surtout, dans l'esprit humain. Ici, le conflit central s'exprime à travers l'une des rivalités qui traversent la mythologie nordique, incarnée par deux figures importantes bien que souvent négligées du panthéon. Les lecteurs familiers de cette tradition les reconnaîtront sans doute immédiatement, mais je me garderai de les nommer, pour laisser à chacun la liberté de déchiffrer les paroles par lui-même. » Une manière, poursuit-il, de rappeler que le chaos et les rêves comptent au moins autant, pour l'être humain, que les réalités perçues par les sens.
Ce refus d'expliciter les références n'est pas nouveau chez Enslaved : depuis ses débuts, le groupe s'est construit une réputation d'écriture dense, volontiers ésotérique, qui invite davantage à l'interprétation qu'à la lecture littérale. « Solar Will » s'inscrit dans cette continuité, tout en assumant une dimension plus directement conceptuelle que certains textes précédents du groupe.
Spirit Helper, premier signal envoyé cet été
« Solar Will » n'est en réalité que le deuxième extrait de Mið à avoir été dévoilé. Le groupe avait déjà joué « Spirit Helper » aux côtés du musicien indigène Kevin Kicking Woman, plus tôt ce mois-ci, lors du festival Fire In The Mountains, organisé sur les terres de la nation Blackfeet dans le Montana. Le reste du disque sera dévoilé sur scène la veille de sa sortie, lors du concert officiel de lancement de l'album à Bergen.
Cette collaboration avec Kevin Kicking Woman, aîné de la nation Blackfeet, s'inscrit dans une démarche que le groupe avait déjà amorcée par le passé sur des thématiques liées aux spiritualités et cosmogonies non occidentales, en résonance avec sa propre exploration de la mythologie nordique. « Spirit Helper » avait été particulièrement bien accueilli lors de son interprétation live au Montana, un festival qui met justement l'accent sur les croisements entre metal extrême et cultures autochtones.
Le programme complet de Mið
La tracklist annoncée comprend huit titres : Non-Being, I Am Ice (avec Johan Sara Jr), Solar Will, Mountain, Spirit Helper (avec Kevin Kicking Woman), Parting, Tales of Trees et I Miðju.
Retour à Bergen, puis un rendez-vous historique à Oslo
Enslaved se produira le 18 septembre au Sortland Jazzfestival, avant d'enchaîner avec le concert de lancement de Mið au Kulturhuset de Bergen le 29 octobre, veille de la sortie de l'album. Le lendemain, le groupe tiendra une séance de dédicaces à Oslo, avant de partager, le 31 octobre, la scène de l'Oslo Spektrum avec Dimmu Borgir et Satyricon pour ce qui est présenté comme un rendez-vous historique du metal extrême norvégien, le temps d'une soirée d'Halloween.
Réunir sur une même affiche trois des groupes les plus emblématiques de la scène extrême norvégienne, dans une salle de la contenance de l'Oslo Spektrum, tient de l'événement : les trois formations ont chacune traversé les décennies en empruntant des chemins très différents depuis leurs débuts communs dans le black metal du début des années 1990, sans jamais avoir partagé une affiche d'une telle ampleur sur leurs terres.
Une discographie qui n'a jamais cessé de se réinventer
Formés au début des années 1990 dans le sillage du black metal norvégien, Enslaved s'est progressivement éloigné de ses racines pour bâtir l'une des discographies les plus imprévisibles du metal extrême, mariant mythologie viking, ambitions progressives et expérimentations électroniques au fil de ses disques. Mið s'annonce comme une nouvelle étape de cette dérive, portée cette fois par une collaboration inédite avec un musicien de la nation Blackfeet et une réflexion assumée sur les figures solaires de la mythologie nordique.
Le duo formé par Ivar Bjørnson et Grutle Kjellson, seuls membres fondateurs encore présents, continue de porter cette identité mouvante d'un album à l'autre, s'entourant au fil des années de musiciens capables de suivre cette trajectoire progressive sans jamais renier l'énergie brute de leurs débuts. Mið s'annonce, à en juger par « Solar Will », comme une nouvelle confirmation de cet équilibre.
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