Sepultura fait ses adieux au Rock in Rio avant son ultime concert en novembre

Sepultura fait ses adieux au Rock in Rio avant son ultime concert en novembre

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Sous une pluie battante, Sepultura a ouvert samedi le Palco Mundo du Rock in Rio, à Rio de Janeiro, dans le cadre de sa tournée d'adieu Celebrating Life Through Death. Avant-dernier rendez-vous d'une histoire qui se refermera le 7 novembre à Mercado Livre Arena Pacaembu, à São Paulo, le concert n'a pourtant pas fait de place à Roots, l'album qui a lancé le groupe brésilien à l'international.

Un adieu sans mélancolie

Il fallait un public considérable pour un horaire d'ouverture, et il était au rendez-vous ce 5 septembre : de nombreux fans fidèles se sont entassés sous des ponchos dans la Cidade do Rock, ouvrant des cercles de pogo dès la seconde moitié du concert. Sepultura a joué comme si c'était sa première apparition au festival, profitant de la puissance de la sonorisation du Palco Mundo plutôt que de céder à la mélancolie. Le guitariste Andreas Kisser, vêtu d'un t-shirt orné d'une tête de mort et de l'inscription « funeral influencer », a qualifié la prestation d'un des meilleurs moments de la carrière du groupe. Dans un moment plus poétique, au son d'un berimbau, il a peint en direct une toile grise traversée de rayons de soleil jaunes, pendant que le reste du groupe poursuivait le morceau.

Une setlist tournée vers le présent

La setlist s'est concentrée sur les titres du dernier EP du groupe, The Cloud Of Unknowing, sorti après l'annonce de la tournée d'adieu, ainsi que sur d'autres morceaux composés depuis l'arrivée du chanteur Derrick Green. Des classiques ont bien été joués, mais l'absence totale de Roots et de son hymne « Roots Bloody Roots » a pu surprendre une partie du public, d'autant que ces titres figuraient au programme du concert donné par le groupe à Rock in Rio Lisbonne en juin dernier. Le choix a des allures de parti pris : plutôt que de revisiter le disque qui a fait connaître le groupe à l'international, Sepultura a préféré mettre en avant l'ère Derrick Green et regarder vers l'avant plutôt que vers son propre mythe fondateur.

Deux passages par le même festival

Ce concert de Rio faisait suite à une étape par la version portugaise du festival : en juin, Sepultura s'était déjà produit sur une scène secondaire de Rock in Rio Lisbonne, dans une prestation saluée pour sa précision technique et sa fureur old school. À Rio, le souci de précision technique semblait moins central que le plaisir de partager la scène : guitariste, bassiste, chanteur et batteur se sont partagé la vedette avec une aisance non dissimulée, dans ce qui ressemblait moins à un enterrement qu'à une célébration prenant au pied de la lettre le nom de la tournée.

Une soirée « jour du metal » à Rock in Rio

Le concert de Sepultura ouvrait la journée consacrée au metal sur le Palco Mundo, avant les passages de Machine Gun Kelly, Bring Me The Horizon et, en tête d'affiche, Avenged Sevenfold. Un horaire d'ouverture peu enviable en théorie, mais qui n'a pas empêché le groupe brésilien de tirer une affluence conséquente pour une fin d'après-midi pluvieuse, ni de faire déferler plusieurs vagues de pogo à mesure que le set avançait vers ses titres les plus anciens. Le concert s'inscrit aussi dans une semaine chargée pour le groupe, qui multipliait déjà les dates nord-américaines quelques mois plus tôt, entre Berkeley et Los Angeles, dans le cadre de son quarantième anniversaire.

Le dernier concert, en novembre

Sepultura montera sur scène pour la dernière fois le 7 novembre à Mercado Livre Arena Pacaembu, à São Paulo, aux côtés de Metal Allegiance, Krisiun et Sacred Reich. Le choix du lieu n'a rien d'anodin : le stade fait partie de l'histoire du groupe depuis le début des années 1990, notamment à travers le concert emblématique donné Praça Charles Miller, juste devant l'enceinte, qui avait contribué à asseoir la popularité du groupe au Brésil. Deux anciens membres feront une apparition lors de cette ultime soirée : l'ex-batteur Jean Dolabella, présent dans le groupe de 2006 à 2011, et l'ex-guitariste Jairo Guedz, qui a précédé Andreas Kisser au poste. Les frères Max et Igor Cavalera, eux, ont choisi de rendre hommage à l'héritage du groupe à leur manière plutôt que de rejoindre la formation pour l'occasion, en continuant de rejouer leur ancien répertoire commun de leur côté, à leur façon.

Une billetterie à la hauteur de l'événement

La billetterie du concert final s'était ouverte fin mai : prévente réservée aux clients d'une banque partenaire le 28 mai, prévente élargie le lendemain, puis mise en vente générale le 30 mai à la fois en ligne et au guichet du stade. Un dispositif à la mesure d'un groupe qui aura structuré, en quarante ans de carrière, une bonne partie de l'histoire du metal brésilien et sud-américain — et qui rassemblera, pour son dernier concert, deux anciens membres et trois groupes qui ont marqué son parcours.

Une histoire commencée il y a plus de quarante ans

La formation actuelle de Sepultura — le chanteur Derrick Green, le guitariste Andreas Kisser, le bassiste Paulo Jr. et le batteur Greyson Nekrutman — occupera l'essentiel de la scène lors du concert final, présenté comme le dernier chapitre d'une histoire qui a fait du groupe la plus grande formation de metal brésilienne. La tournée d'adieu, annoncée dès 2024, se referme donc à quelques kilomètres de ses débuts, dans un stade qui a déjà vu le groupe écrire une partie de sa légende.

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