Neurosis annonce de nouvelles dates de tournée jusqu'en 2027, avec un retour attendu au Roadburn

Neurosis annonce de nouvelles dates de tournée jusqu'en 2027, avec un retour attendu au Roadburn

TagsAaron TurnerAcid BathConvergeIsisKowloon Walled CityKylesaMelvinsNeurosisSUMAC

Neurosis annonce une nouvelle salve de dates pour la fin 2026 et le début 2027, dont un retour attendu au Roadburn. Le groupe d'Oakland défend ainsi An Undying Love For A Burning World, son premier album en dix ans, publié en mars dernier après sept années de silence et une reformation qui ne devait rien à l'évidence.

Un calendrier qui s'étend jusqu'au printemps 2027

Aux deux concerts déjà prévus au Fillmore de San Francisco les 16 et 17 octobre (tous deux déjà complets) s'ajoutent désormais deux soirs à Brooklyn les 30 et 31 octobre, deux à Chicago les 21 et 22 novembre, deux à Portland les 27 et 28 novembre, une date à Seattle le 29 novembre, un passage par le Saddest Day de Converge à Boston le 12 décembre, puis un concert à Los Angeles le 2 janvier 2027. Le groupe annonce également deux sets au festival Roadburn, aux Pays-Bas, en avril 2027 — un rendez-vous que la scène post-metal et doom surveille de près chaque printemps. La billetterie générale pour ces nouvelles dates ouvre ce vendredi 11 septembre à 10 heures, heure locale, et d'autres annonces sont attendues dans les mois qui viennent.

Le retour d'un totem du post-metal

Fondé à Oakland en 1985, Neurosis a construit au fil des décennies une réputation de groupe fondateur, dont l'influence dépasse largement le seul post-metal auquel on le rattache souvent. An Undying Love For A Burning World est sorti en mars 2026 chez Neurot Recordings, le label que le groupe a lui-même fondé pour rester maître de ses sorties. On y retrouve le chanteur et guitariste Steve Von Till, le batteur Jason Roeder et le bassiste Dave Edwardson, aux côtés du claviériste Noah Landis, rejoints pour l'occasion par Aaron Turner, connu pour son travail au sein de Sumac et d'Isis, et dont l'histoire, selon le groupe lui-même, est intimement liée à celle de Neurosis. L'album a été enregistré par Scott Evans (Kowloon Walled City, Sumac, Great Falls) au studio Litho de Seattle, sur trois week-ends de l'hiver dernier, puis mixé en trois jours, six semaines avant sa sortie, dans le studio Antisleep Audio d'Evans à Oakland.

Une discographie qui a fait école

Depuis Souls At Zero en 1992 jusqu'à Fires Within Fires en 2016, en passant par des jalons comme Through Silver In Blood ou Times Of Grace, Neurosis a construit, disque après disque, un vocabulaire de guitares saturées, de nappes de claviers et de dynamiques extrêmes que des générations de groupes de post-metal et de sludge revendiquent aujourd'hui comme référence directe. An Undying Love For A Burning World s'inscrit dans cette continuité tout en assumant l'arrivée d'un cinquième musicien pour la première fois depuis des décennies.

Sept ans de silence et une rupture longtemps tue

Le groupe s'était retiré de la scène dans des circonstances troubles en 2019, après une séparation discrète avec le co-fondateur Scott Kelly. Les membres restants avaient alors choisi de taire les faits de violence domestique et de manipulation émotionnelle qui motivaient ce départ, par respect pour la volonté de discrétion de la famille de Kelly, avant que ce dernier ne finisse par reconnaître les faits trois ans plus tard, en 2022. « Nous sommes partis dans des circonstances assez incertaines il y a sept ans, et nous n'étions pas vraiment sûrs de savoir si, comment et pourquoi revenir », a expliqué Steve Von Till au podcast The Vinyl Guide. Ce n'est qu'à la toute fin de 2024 que les quatre membres restants se sont retrouvés en studio, sans intention précise, pour le seul plaisir de rejouer ensemble. « Dès que nous avons été dans une pièce avec les amplis allumés et la batterie qui tapait, ça s'est remis en place instantanément », a-t-il ajouté.

Une raison d'être plus grande que le groupe

C'est Aaron Turner qui a permis au projet de prendre réellement forme : les chansons se sont mises à venir rapidement une fois le guitariste impliqué, sans que le groupe sache encore ce qu'il allait en faire. Von Till évoque une période où il fallait aussi composer avec l'âge et le doute : « Nous sommes dans ce groupe depuis l'adolescence, et se retrouver la cinquantaine passée avec tout ça arraché sous nos pieds, ça pousse à se demander qui on est sans ça. » Le déclic est finalement venu de Charlie Speicher, un ami de Von Till et fondateur du Firekeeper Alliance, une association à but non lucratif dédiée à la prévention du suicide et à la santé mentale au sein de la réserve blackfoot du Montana, à laquelle le musicien siège. Speicher lui a demandé si Neurosis accepterait de tenir la tête d'affiche du festival Fire In The Mountains pour porter le message de l'association. « Cette nouvelle façon de voir les choses, c'était une question de responsabilité, a expliqué Von Till. Si notre musique pouvait aider quelqu'un à traverser un moment qu'il ne pourrait pas rattraper, alors ça valait la peine de le faire. » Cette conversation a suffi à convaincre le groupe de réserver du temps de studio dès le lendemain.

De Fire In The Mountains à Hellbender

Neurosis a donné son premier concert en sept ans le 25 juillet dernier, sur les terres traditionnelles de la nation blackfoot, dans le cadre de Fire In The Mountains, sur invitation du Firekeeper Alliance. Le groupe s'est ensuite produit le 5 septembre au Hellbender d'Asheville, aux côtés d'Acid Bath, des Melvins et de Kylesa. Avec cette nouvelle tournée qui les mène jusqu'au Roadburn 2027, les Californiens confirment que ce retour, longtemps incertain, est bien parti pour durer.

Le passage par le Saddest Day, la soirée que Converge organise et programme elle-même à Boston depuis plusieurs années, place d'emblée la tournée dans le cercle très fermé des groupes que le monde du hardcore et du metal extrême considère comme des pairs plutôt que comme des invités. Quant au concert du Roadburn, il reste, pour l'instant, la seule date européenne annoncée de cette nouvelle étape — de quoi transformer le printemps 2027 en rendez-vous incontournable pour les fans du continent qui n'ont pas eu l'occasion de voir la formation sur scène depuis 2019.

Commentaires