Green Lung troque les landes anglaises pour Londres sur « Necropolitan »

Green Lung troque les landes anglaises pour Londres sur « Necropolitan »

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Green Lung quitte les forêts et les pierres levées de la campagne anglaise pour plonger dans les entrailles occultes de Londres. Sorti le 11 septembre chez Nuclear Blast, Necropolitan est le quatrième album du groupe britannique, et le plus radicalement urbain de sa discographie — avant une tournée qui doit s'arrêter au Bataclan en décembre.

Une ville plus hantée que n'importe quelle lande

Sur ses trois premiers albums, Green Lung avait bâti sa réputation sur un occultisme pastoral : cercles de pierres, sorcières de village, forêts anglaises. Avec Necropolitan, le chanteur Tom Templar tourne le regard vers la capitale où le groupe est né. Il décrit le disque comme « une lettre d'amour à Londres » et « un hommage à la ville qui nous a menés là où nous sommes ». Le propos n'est pas anecdotique : pour lui, le folklore n'a rien d'exclusivement rural, et une ville comme Londres recèle tout autant de pouvoir occulte que la campagne la plus reculée, jusque dans des cérémonies tenues aujourd'hui encore dans les pubs de Highgate.

Sept cimetières et une ligne pour les morts

L'album prend la forme d'une traversée de Londres et de ses légendes noires. Le titre du disque renvoie aux sept grands cimetières-jardins construits à l'époque victorienne pour résoudre la crise de surpopulation des charniers paroissiaux : Highgate, Kensal Green, West Norwood, Abney Park, Brompton, Tower Hamlets et Nunhead, connus collectivement sous le nom de « Magnificent Seven ». Tom Templar dit s'être appuyé sur le roman Hawksmoor de Peter Ackroyd, dans lequel sept églises londoniennes servent de décor à des sacrifices humains, pour imaginer que ces sept cimetières auraient eux aussi été bâtis dans une intention occulte par des industriels de l'époque. Le disque convoque également Highgate et son folklore vampirique, né dans la presse britannique des années 1970 autour d'histoires de profanations de tombes, ainsi qu'Alostrael, la muse oubliée d'Aleister Crowley, et une authentique ligne ferroviaire victorienne, la « Necropolitan Line », qui transportait autrefois les cercueils vers les cimetières de la périphérie.

De « Evil In This House » à « Dance To The Grave »

Deux singles ont précédé la sortie du disque, « Evil In This House » puis « Necropolitan Line » — cette dernière donnant son titre à l'album. Le jour de la sortie, Green Lung a également dévoilé une vidéo pour « Dance To The Grave », qui ouvre le disque juste après le morceau d'introduction « Open The Hellmouth » ; suit « Black Magick Radio », l'un des titres consacrés aux émissions de radio occultes qui hantent le folklore londonien du disque.

Un retour au son Sabbath

Musicalement, le guitariste Scott Black parle d'un album « punk, à la Black Sabbath », avec moins des embardées folk qui traversaient This Heathen Land. Le groupe resserre le propos autour de riffs massifs et de refrains taillés pour le live, dans une ambiance qu'il compare lui-même à l'hiver : ombres profondes, nuits longues, lumière de feu de cheminée. Le clavier de John Wright reste la signature du groupe, ancrant ces hymnes occultes dans une tradition qui doit autant au hard rock des seventies qu'au doom.

Une trajectoire qui n'a rien d'évident

Green Lung s'est formé à Londres en 2017 autour de Tom Templar au chant, Scott Black à la guitare, John Wright à l'orgue, Joseph Guest à la basse et Matt Wiseman à la batterie. Après une démo et l'EP Free the Witch, le groupe attire l'attention du label finlandais Svart avec Woodland Rites en 2019, avant Black Harvest en 2021. This Heathen Land, sorti en 2023 sur un label plus important, grimpe jusqu'à la première place du classement rock et metal britannique — un sommet que le groupe lui-même n'avait pas anticipé après des débuts modestes, lui qui se pensait comme un groupe à un seul album.

Un accueil critique unanime

La presse britannique ne cache pas son enthousiasme : Kerrang! attribue à Necropolitan la note maximale de 5/5, saluant l'un des groupes « les plus articulés » de la scène britannique actuelle, et Louder évoque un disque saturé de riffs massifs, de thèmes occultes et de refrains redoutables, allant jusqu'à se demander si Green Lung n'est pas la réponse britannique à Ghost. Plusieurs autres titres de la presse metal, du côté d'Angry Metal Guy comme d'At The Barrier, saluent l'un des albums les plus aboutis du groupe à ce jour.

Le Bataclan pour clore l'année

Green Lung a d'ores et déjà annoncé la tournée qui accompagnera Necropolitan : la « Dance To The Grave Tour MMXXVI », à travers le Royaume-Uni et l'Europe, avec High On Fire en invité spécial et Gnome en ouverture. Le groupe s'arrêtera à Paris, au Bataclan, le 14 décembre, avant de conclure la tournée par un enchaînement britannique : Londres au Roundhouse le 16, Bristol le 17, Manchester le 18, Dublin le 19 et Glasgow le 20. La tournée s'ouvre le 3 décembre à Anvers. De quoi confirmer que le virage urbain de Necropolitan n'a rien coûté à l'identité du groupe — il l'a plutôt affûtée, jusqu'à l'emmener dans l'une des salles les plus chargées d'histoire de la capitale française.

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