Suicide Silence annonce « Graceless », son huitième album, et repart en tournée nord-américaine

Suicide Silence annonce « Graceless », son huitième album, et repart en tournée nord-américaine

TagsSuicide Silence

Suicide Silence annonce son huitième album, Graceless, attendu le 20 novembre chez Century Media, et en dévoile aussitôt le morceau-titre, un uppercut de moins de deux minutes, avant une tournée nord-américaine cet automne.

Un uppercut de moins de deux minutes

Le titre « Graceless » ne dépasse pas les deux minutes, et n'en a pas besoin : guitares massives, batterie qui frappe comme une détonation, et le chant reconnaissable entre tous d'Eddie Hermida. Le clip qui l'accompagne renoue avec l'esthétique la plus crue du deathcore du début des années 2000, genre que Suicide Silence a contribué à populariser. Le groupe résume lui-même son intention avec simplicité : il s'agit du titre-titre de son nouveau disque, un uppercut court et efficace qui donne le ton de l'ensemble — un extrait pensé comme une carte de visite plus que comme une démonstration.

Chris Garza : « on s'est mis hors du chemin du groupe »

Le guitariste Chris Garza, dernier membre fondateur encore présent, explique que le groupe a surtout appris à se démolir moins les uns les autres et à laisser le nom du groupe parler pour lui-même : en somme, à se mettre hors de son propre chemin pour le servir plutôt que de le freiner. Selon lui, c'est précisément quand le groupe choisit cette voie que les meilleures choses arrivent. L'album a été composé en réunissant les cinq musiciens dans une même pièce, amplis poussés à fond, les désaccords se transformant au fil des séances en arrangements — une méthode qui donne à Graceless son équilibre étrange au milieu du chaos. Graceless succède à Remember... You Must Die, sorti en 2023, et comptera notamment les titres « Unenlightened », « Make Your Exit », « Rotting Inside », « Cursed Since Birth », « Incisions », « Parasitic », « Reminders Of Hell » et « Devoured Dreams ». Le groupe a également mis en ligne un épisode de podcast consacré en détail à la genèse du morceau-titre, à son clip et à l'album dans son ensemble, poursuivant une habitude de communication directe avec ses fans qu'il cultive depuis plusieurs années.

Une pochette signée David Van Gough

L'album a été produit et mixé par Taylor Young, connu pour son travail avec Nails et Xibalba, et sa pochette a été confiée au peintre nécro-surréaliste David Van Gough. Un choix cohérent avec l'imagerie funèbre et charnelle qui accompagne Suicide Silence depuis ses débuts, et qui inscrit ce huitième album dans la continuité visuelle de ses prédécesseurs.

Riverside, 2002 : les débuts d'un groupe censé être temporaire

Suicide Silence naît en 2002 à Riverside, en Californie, comme un projet parallèle réunissant des musiciens d'autres formations locales. La toute première mouture rassemble les guitaristes Chris Garza et Rick Ash, le bassiste Mike Bodkins, le batteur Josh Goddard et deux chanteurs, Mitch Lucker et Tanner Womack — ce dernier quittant le groupe peu après le premier concert, donné localement à Riverside. En à peine deux ans, ce projet censé rester ponctuel signe chez Century Media. Mitch Lucker reste le visage du groupe jusqu'à sa mort dans un accident de moto en 2012, un choc dont la scène deathcore tout entière mettra longtemps à se remettre, tant sa voix et sa présence scénique avaient contribué à définir le genre pour toute une génération.

Le line-up actuel et le retour sur les routes américaines

Le groupe a poursuivi sa route avec Eddie Hermida au chant depuis 2012, aux côtés de Chris Garza et Mark Heylmun aux guitares, Dan Kenny à la basse et Ernie Iniguez à la batterie. Il a déjà annoncé une tournée nord-américaine pour accompagner la sortie de Graceless, avec des dates à Riverside le 6 novembre — un retour aux sources symbolique — puis à Mesa, Houston, Dallas, San Antonio et Atlanta, entre autres villes, jusqu'en décembre. Aucune date européenne n'a pour l'instant été communiquée.

Une discographie devenue référence

Sa discographie s'est bâtie autour de jalons devenus classiques du genre : The Cleansing (2007), No Time To Bleed (2009, entré dans le Billboard 200) et The Black Crown (2011), avant que Graceless ne vienne, vingt ans après la formation du groupe, prouver qu'il n'a toujours pas fini de mordre — ni de diviser une scène deathcore qu'il a lui-même largement dessinée.

Commentaires