Godflesh annonce « Decay », son avant-dernier album, avant de refermer trente-huit ans d'histoire

Godflesh annonce « Decay », son avant-dernier album, avant de refermer trente-huit ans d'histoire

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Godflesh sortira le 25 septembre son dixième album, Decay, chez Relapse Records — et ce sera l'avant-dernier de son histoire, annonce déjà son fondateur Justin Broadrick. Le titre d'ouverture, « Master And Slave », est disponible en écoute depuis cette semaine.

Trente-huit ans après ses débuts à Birmingham

Fondé en 1988 à Birmingham, en Angleterre, par le guitariste-chanteur Justin Broadrick et le bassiste Ben Green, qui jouaient déjà ensemble dans Fall Of Because, groupe né en 1982 sous le nom O.P.D., Godflesh s'impose dès son premier album comme une référence incontournable du metal industriel. Streetcleaner, publié en 1989, frappe le monde de la musique extrême avec une violence qui ne laisse rien debout autour de lui, et son influence se répand sur tous les continents dans les années qui suivent, au point de rendre obsolète tout ce qui l'avait précédé dans le genre. S'ensuit, sur plus d'une décennie, un règne sonore construit à travers des albums comme Pure et Hymns, ainsi que des EP comme Slavestate et Messiah, où le groupe explore les beats et le sampling sans jamais renier ses fondations métalliques et industrielles, prouvant au passage l'étendue de sa palette tout en restant fidèle aux limites qu'il s'était lui-même fixées.

Une pause de neuf ans, puis un retour habité

Godflesh s'était arrêté pendant neuf ans avant de rallumer la mèche avec l'EP Decline & Fall, suivi d'un disque de retour brutal, A World Lit Only By Fire, puis d'un successeur plus texturé, Post Self. Une fois ce cycle refermé, Justin Broadrick avait remis le groupe en pause : « Je m'arrête quand je sens que Godflesh n'est plus nécessaire », explique-t-il de son fonctionnement au fil des ans, résumant en une phrase la logique instinctive qui régit depuis toujours ses choix créatifs : il écrit quand c'est nécessaire, et s'arrête dès que ça ne l'est plus. Mais pendant le confinement de 2020, au cœur de la nuit, de nouvelles étincelles ont jailli dans son esprit, et Godflesh s'est relancé, avec des résultats qu'il qualifie lui-même de presque écrasants — au point de produire, en quelques années, matière à deux albums plutôt qu'à un seul.

Né des mêmes sessions que « Purge »

Decay est né des mêmes sessions d'enregistrement que Purge, sorti en 2023. « C'était une seule grande réserve de morceaux, raconte Broadrick. J'ai choisi ce qui me semblait approprié pour Purge, avec l'intention de sortir les chansons qui n'y trouvaient pas leur place dans l'année qui suivrait. » Mais la recherche d'un label extérieur, pour ne plus avoir à autoproduire Godflesh lui-même, a fini par prendre deux ans plutôt qu'un. Les prises étaient bouclées depuis longtemps, mais comme souvent chez lui, beaucoup de choses ont été retravaillées une fois qu'il s'y est replongé. Le groupe a désormais trouvé refuge chez Relapse Records pour cette sortie, la première de son histoire sous ce label.

Une opération, une déclaration, une dernière ligne

Ces nouveaux morceaux arrivent peu après que Broadrick a annoncé publiquement avoir subi une opération abdominale majeure cette année. « Tous les enregistrements de Decay étaient terminés avant l'opération, chant compris, raconte-t-il, même si la fin de deux morceaux a été enregistrée avec la hernie elle-même, et ça a été une épreuve. » Il savait déjà que le cri caractéristique de Godflesh aggravait cette hernie, causée selon lui par des années de ce même cri sur scène et en studio. L'album a été mixé après l'opération, dans une douleur et un inconfort qu'il ne cache pas : « Mais heureusement, Godflesh consiste justement à exprimer ma douleur, d'habitude mentale, philosophique ou existentielle, alors que celle-ci était physique. »

La fin annoncée, sans regret

Alors que l'activité de Godflesh touche à sa fin, Justin Broadrick dit sa gratitude d'avoir pu s'en servir comme d'un véhicule à sa mesure : « Ça exprime ma douleur, et j'y ai mis mon corps et mon âme pendant la majeure partie de mon existence. Je me sens plutôt chanceux, parce que Godflesh m'est désormais physiquement impossible, ce qui le rend inutile. Je veux maintenant sortir de ce cadre et avancer, créativement, vers de la musique lourde et sale, mais sur un nouveau terrain. » Le groupe n'a donné aucun calendrier pour cet ultime chapitre, dixième et dernier album annoncé de son histoire, ni précisé si sa conclusion prendra la forme d'une tournée d'adieu.

Six titres pour refermer un chapitre

Decay comptera six titres : « Master And Slave », « Living/Ending », « Feral Colony », « Fear Of Man », « Fodder » et « Consume Me ». Le premier extrait, disponible en écoute depuis cette semaine, donne le ton de l'ensemble : une ouverture aussi brutale que les meilleurs moments de la discographie du groupe, et un signe que ni l'âge ni l'opération n'ont émoussé la violence qui a fait la réputation de Godflesh depuis trente-huit ans. La photographie qui accompagne l'annonce, signée Kim Sølve, montre un Justin Broadrick fidèle à l'image que le groupe s'est forgée depuis ses débuts : austère, frontale, sans concession.

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