
Colin Marston détaille le prochain album de Gorguts : « des éléments de chaque disque »
TagsDysrhythmiaGorgutsKrallice
Le bassiste et producteur Colin Marston a détaillé, dans une interview accordée au podcast « Mostly Yelling », le son du prochain album de Gorguts — un disque encore sans titre ni date de sortie, mais que Marston décrit comme rassemblant « des éléments de chaque album » du groupe.
Un disque qui traverse toute la discographie du groupe
Invité du podcast « Mostly Yelling », animé par G.M. Kennelty, le bassiste de Gorguts Colin Marston est longuement revenu sur le prochain album du groupe technique death metal québécois, actuellement en pré- production. « Le nouvel album est cool. D'une certaine manière, c'est un peu décevant, parce que ce n'est pas du tout un son entièrement nouveau, a-t-il expliqué. Vous n'aurez pas le facteur "oh mon Dieu" qu'avait "Obscura", où tout sortait complètement de nulle part et ne ressemblait à rien de ce qui avait déjà été fait. Il n'a pas ça, malheureusement. Mais bon, on est tous fichtrement d'âge mûr maintenant. »
« Des éléments de chaque disque », de Considered Dead à Pleiades' Dust
Selon Marston, le disque à venir puise dans l'ensemble de la discographie du groupe plutôt que d'ouvrir une direction inédite : « Ce qu'il a, en revanche, ce sont des éléments du son de tous les précédents albums de Gorguts — et pas assemblés à la façon d'un collage, mais bien intégrés. L'album a son propre son. Mais il y a des aspects qui n'avaient plus été touchés depuis "Considered Dead", et "Erosion", et "Obscura". Il y a vraiment des éléments de chaque disque là-dedans. » Le bassiste évoque le retour de rythmiques thrash, de trémolo et d'harmonisations en quintes qu'on ne trouvait que sur les deux premiers albums du groupe, ainsi qu'un « slam » qu'il a lui-même écrit sur l'un des morceaux.
Les synthétiseurs, première incursion du genre chez Gorguts
Nouveauté annoncée par Marston : la présence de synthétiseurs analogiques, un premier pour le groupe. « Je joue du synthé sur plus de la moitié des morceaux. Peut-être tous sauf deux : ma chanson n'en a pas, et le morceau doom non plus, mais tous les autres en ont des passages », précise-t-il, rappelant qu'un précédent album, « Pleiades' Dust », avait déjà exploré des territoires ambiants à travers des effets appliqués à la basse. « Cette fois, je fais carrément ça avec de vrais synthés analogiques. Ça a été très chouette. »
Un retour affirmé vers le death metal
Colin Marston décrit un disque plus radicalement death metal que les deux précédents albums auxquels il a participé aux côtés du guitariste Kevin Hufnagel, « Pleiades' Dust » et « Colored Sands ». « C'est plus tranchant, il y a plus de blast-beats rapides. "Colored Sands" avait aussi des blast-beats rapides, mais dans une direction plus atmosphérique. Ce nouvel album a davantage le ressenti de "From Wisdom to Hate" ou quelque chose comme ça, où ça se sent vraiment plus death metal. »
Un disque en retard de treize ans, selon son propre bassiste
Le musicien confie porter un regard particulier sur le calendrier de ce nouvel effort, qui succède à « Colored Sands », sorti en 2013 mais enregistré dès 2011. « Honnêtement, ma seule plainte, c'est que j'ai l'impression que c'est l'album qu'on aurait dû faire il y a genre treize ans (...) Si "Colored Sands" était sorti en 2011, je pense qu'on aurait pu faire ce disque dès 2013. J'ai donc l'impression qu'il a plus d'une décennie de retard », a-t-il reconnu, tout en notant qu'un retour après une longue absence suscite souvent un accueil plus fort du public. « Je déteste ça, mais c'est vrai. »
Colin Marston, homme-orchestre de l'underground extrême
Bassiste de Gorguts depuis « Colored Sands », Colin Marston est également le fondateur du groupe de black metal technique Krallice, aux côtés de Mick Barr, et le bassiste du trio instrumental Dysrhythmia. Producteur recherché, il possède et exploite le studio Menegroth, the Thousand Caves, longtemps installé à Woodhaven, dans le Queens, avant d'être récemment transféré en Pennsylvanie — c'est dans ces nouveaux locaux que les démos de pré-production du prochain album de Gorguts ont été enregistrées.
Gorguts, pilier du death metal technique québécois
Fondé en 1989 à Sherbrooke, au Québec, par le guitariste et chanteur Luc Lemay, Gorguts s'est imposé au fil de ses albums comme l'un des groupes les plus respectés du death metal technique, un genre dont il a largement contribué à redéfinir les codes avec la sortie d'« Obscura » en 1998. Après une pause prolongée dans les années 2000, le groupe est revenu avec « Colored Sands » en 2013, puis « Pleiades' Dust » en 2016, deux albums enregistrés avec la participation de Colin Marston et Kevin Hufnagel aux côtés de Luc Lemay.
Ce que l'on sait, ce qu'on ignore encore
Ni le titre ni la date de sortie du prochain album de Gorguts n'ont été communiqués à ce stade. Le groupe, actuellement en pré-production dans le nouveau studio de Colin Marston, en Pennsylvanie, avait annoncé dès le début de l'année vouloir entrer en studio pour enregistrer le successeur de « Colored Sands ». L'entretien accordé à « Mostly Yelling », podcast animé par le journaliste G.M. Kennelty et consacré aux musiciens de la scène metal extrême, reste à ce jour la source la plus détaillée sur le contenu du disque.
Un successeur très attendu par la scène technique death metal
Treize ans après « Colored Sands », considéré par une large partie de la presse spécialisée comme l'un des sommets du genre, l'annonce d'un successeur suscite une attente particulière chez les amateurs de death metal technique. Les propos de Colin Marston, entre nostalgie assumée pour le son des débuts du groupe et incursions inédites du côté des synthétiseurs analogiques, dessinent les contours d'un disque qui devra concilier fidélité à l'héritage de Gorguts et désir de ne pas simplement répéter la formule de ses prédécesseurs.
Commentaires