Motörhead ressort « Orgasmatron » avec un remix signé Cameron Webb, quarante ans après sa sortie

Motörhead ressort « Orgasmatron » avec un remix signé Cameron Webb, quarante ans après sa sortie

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Quarante ans après sa sortie, « Orgasmatron » de Motörhead reparaît le 6 novembre dans une édition anniversaire comprenant un remix inédit signé Cameron Webb, longtemps producteur du groupe. Lemmy et Phil Campbell n'avaient jamais caché leurs réserves sur le mixage original de Bill Laswell ; cette nouvelle version leur offre, à titre posthume pour le premier, une partie de ce qu'ils réclamaient.

Un mixage contesté depuis 1986

Sorti le 9 août 1986, « Orgasmatron » est le septième album studio de Motörhead, porté par le morceau-titre, l'un des plus épiques et des plus politiques de tout leur répertoire. Sa production, confiée à Bill Laswell, avait pourtant toujours suscité des réserves au sein du groupe : Lemmy Kilmister comme le guitariste Phil Campbell estimaient que le mixage final avait édulcoré une partie de la puissance et de l'énergie brute captées en studio, un désaccord jamais vraiment refermé au fil des rééditions successives de l'album, et régulièrement évoqué par les deux musiciens dans leurs interviews respectives au fil des décennies suivantes.

Cameron Webb, une histoire commune de six albums

Pour cette édition anniversaire, Motörhead a fait appel à Cameron Webb, producteur qui a travaillé sur six albums studio du groupe et entretenu une relation de confiance durable avec Lemmy, Phil Campbell et le batteur Mikkey Dee. Webb raconte avoir découvert « Orgasmatron » à l'âge de quatorze ans, par l'intermédiaire de son frère aîné, avant de devenir des années plus tard un proche collaborateur du groupe. « Ce disque, comme "Rock 'N' Roll", a été mon album de Motörhead : qu'on me demande de travailler dessus a donc quelque chose de particulièrement spécial », confie-t-il à propos de cette commande inattendue, reçue quarante ans après la sortie originale du disque.

Une proposition, pas un remplacement

Le nouveau mixage n'a pas vocation à se substituer à la version originale, précise l'équipe entourant le groupe, mais à en offrir une lecture alternative destinée à cohabiter avec elle plutôt qu'à l'effacer. Cameron Webb explique avoir cherché à préserver l'identité du disque tel que l'avaient façonné l'ingénieur du son Jason Corsaro et Bill Laswell, tout en faisant ressortir des éléments de l'enregistrement original restés jusqu'ici en retrait dans le mixage de 1986. « Je voulais rester respectueux de ce que Jason Corsaro et Bill Laswell avaient créé », résume-t-il, tout en assumant avoir cherché à révéler des qualités de l'enregistrement que le mixage de l'époque avait, selon lui, minimisées plutôt qu'à en changer la nature.

Ce que contient l'édition anniversaire

L'édition du 6 novembre se déclinera en plusieurs formats : un coffret deluxe trois vinyles au format livre, un double CD, ainsi qu'un vinyle simple en vinyle violet transparent réservé à l'album studio original, sans le matériel additionnel. Aucun morceau du disque original n'a été modifié dans son ordre ou son contenu ; les formats les plus complets ajoutent en revanche des répétitions studio et des chutes datant de 1985, ainsi que l'intégralité de la session enregistrée par Motörhead pour l'émission « Friday Rock Show » de la BBC Radio 1, diffusée en 1986 au moment de la sortie de l'album.

Un pilier de la discographie de Motörhead

Formé en 1975 par Lemmy Kilmister après son départ de Hawkwind, Motörhead s'est imposé, tout au long des années 1980, comme un point de passage entre le punk et le heavy metal, avant de devenir l'une des références absolues de la scène metal mondiale, révérée aussi bien par les puristes du genre que par des musiciens venus d'horizons très différents. « Orgasmatron » occupe une place particulière dans cette discographie : son morceau-titre, avec son texte dénonçant la manipulation religieuse et politique des foules, reste l'un des sommets les plus habités de la carrière du groupe, régulièrement cité comme l'un des meilleurs morceaux jamais écrits par Lemmy Kilmister. Motörhead a cessé toute activité après la mort de ce dernier, fin 2015, mais son catalogue continue de faire l'objet de rééditions régulières, généralement pilotées par le label BMG, qui gère aujourd'hui l'héritage du groupe.

Un disque de transition, salué comme un retour en forme

En 1986, « Orgasmatron » marque une période charnière dans l'histoire du groupe, entre le line-up qui avait porté le début de la décennie et celui qui allait accompagner Motörhead jusqu'au tournant des années 1990. À sa sortie, l'album avait été accueilli comme un net regain de forme après plusieurs disques jugés plus inégaux, confirmant que le groupe restait capable de livrer l'un de ses meilleurs enregistrements près de dix ans après ses débuts. C'est cette réputation, construite disque après disque et réédition après réédition, que la version signée Cameron Webb vient aujourd'hui prolonger plutôt que contredire.

Ce que l'on ignore encore

Ni l'équipe entourant Motörhead ni Cameron Webb n'ont indiqué si d'autres albums du groupe recevraient à leur tour un traitement similaire dans les années à venir. Reste également à savoir comment les deux mixages, l'original de 1986 et celui de 2026, seront reçus l'un à côté de l'autre par les fans les plus attachés à la version historique du disque, dont beaucoup en connaissent le moindre détail par cœur depuis quatre décennies. Aucune tournée ni aucun concert n'ont pour l'heure été annoncés pour accompagner cette sortie, dont la promotion s'est jusqu'ici limitée à la presse spécialisée et aux réseaux sociaux gérés par l'équipe qui administre l'héritage du groupe.

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