Abd al Malik

Abd al Malik, né Régis Fayette-Mikano le 14 mars 1975 à Paris (14e arrondissement) d’un père haut fonctionnaire congolais, est un rappeur, slammeur, compositeur, écrivain et réalisateur français. Après avoir vécu quelques années à Brazzaville, il grandit à Strasbourg dans le quartier du Neuhof, une cité HLM où il forge à la fois ses convictions humanistes et son rapport à la langue française. Ce terreau — entre immigration, banlieue et aspiration à la beauté littéraire — est au cœur de tout son travail artistique.

Un style inclassable entre rap, slam et jazz

Ce qui distingue Abd al Malik des rappeurs de sa génération, c’est son refus de tout cloisonnement. Son premier album solo, Le Face à face des cœurs (2004), pose les jalons d’une démarche hybride. C’est avec Gibraltar (2006) qu’il attire une attention nationale et internationale : cet album mêle slam, jazz et chanson française, avec des arrangements portés par Gérard Jouannest — pianiste de Jacques Brel — et Marcel Azzola, accordéoniste du même Brel. Ce compagnonnage symbolique avec l’héritage de Brel dit beaucoup d’un artiste qui revendique la grande chanson comme horizon esthétique autant que le rap comme vecteur d’émancipation.

Une œuvre multiforme

Dante (2008) et Château Rouge (2010) approfondissent la fusion de genres, avec des textes de plus en plus littéraires et une production de plus en plus ambitieuse. Au fil des albums, Abd al Malik développe également une carrière d’écrivain (Qu’Allah bénisse la France, 2004 ; Sufi Warrior, 2010) et de cinéaste. Son engagement pour la paix, le dialogue des cultures et le « vivre ensemble » traverse tous ses projets artistiques, faisant de lui une figure centrale du débat culturel français, bien au-delà des frontières du rap.

Commentaires

comments powered by Disqus