Angèle Van Laeken est l’une des artistes les plus marquantes de la scène pop francophone des années 2010 et 2020. Née dans une famille d’artistes à Bruxelles, révélée par un premier album au succès foudroyant, elle a su imposer un style musical personnel — mêlant pop, R&B, électro et jazz — et une présence publique engagée qui font d’elle bien plus qu’une simple chanteuse à succès.
Une enfance baignée par l’art
Angèle naît le 3 décembre 1995 à Uccle (Bruxelles) dans une famille profondément artistique. Son père, le chanteur Marka, est une figure respectée de la chanson belge ; sa mère, Laurence Bibot, est comédienne. Son frère, Roméo Elvis, est l’un des rappeurs les plus influents de la scène belge. Dans cet environnement stimulant, Angèle commence très tôt à jouer du piano et à travailler sa voix. Elle grandit à Linkebeek, dans la banlieue bruxelloise, et fait ses études à l’École Decroly avant de rejoindre une école de jazz.
Ses premiers pas sur scène s’effectuent dans le groupe de son père, puis à travers des prestations en solo dans des bars et cafés bruxellois, postant progressivement des vidéos sur les réseaux sociaux qui lui attirent une base de fans croissante. C’est sur Instagram que beaucoup la découvrent d’abord — une jeune femme au piano, drôle et talentueuse, avec une façon bien à elle de chanter qui oscille entre douceur et mordant.
Brol, le phénomène
En octobre 2018, Angèle publie son premier album studio, Brol — mot bruxellois désignant le désordre, le bazar. L’accueil dépasse toutes les espérances : l’album se vend à plus de 500 000 exemplaires en moins d’un an, se hisse au sommet des ventes en France pour 2019, et propulse Angèle aux premières loges de la pop francophone. Des singles comme La Loi de Murphy, Tout oublier (avec Roméo Elvis), Nombreux et Flou deviennent de véritables hymnes générationnels.
La réussite de Brol tient à plusieurs facteurs. D’abord, un style musical immédiatement identifiable qui mêle des claviers jazzy, des rythmes R&B discrets et des mélodies pop accrocheuses à des paroles tantôt légères, tantôt acérées. Ensuite, une écriture qui parle de la génération des milléniaux avec ironie et sincérité — les relations amoureuses complexifiées par les réseaux sociaux, l’anxiété contemporaine, la recherche d’authenticité. Enfin, une image forte : Angèle joue de son ambiguïté stylistique, se réappropriant des codes esthétiques rétro et se positionnant ouvertement sur des questions féministes et LGBTQ+, ce qui renforce son lien avec un public jeune et pluriel.
Nonante-cinq et la confirmation
En 2021, le second album Nonante-cinq — référence belge pour quatre-vingt-quinze — confirme la trajectoire. Produit avec plus d’ambition et de soin, il déploie une pop plus diverse, des textes plus politiques (notamment sur les violences faites aux femmes et la représentation des minorités) et des collaborations avec des artistes comme Dua Lipa, avec qui le duo Fever devient un succès international.
Angèle a également collaboré avec Stromae, Lomepal et d’autres figures majeures de la pop francophone, s’imposant comme une passeuse entre générations et entre pays. En France, en Belgique, au Québec et dans toute la francophonie, elle est devenue un référence incontournable de la pop actuelle, récompensée par de nombreuses Victoires de la Musique et une présence régulière sur les plus grandes scènes.
Musicienne, auteure, compositrice, interprète et personnalité publique engagée : Angèle est l’une des rares artistes contemporaines à maîtriser tous ces registres avec un égal bonheur.