Chaque été, début août, Golden Gate Park se referme sur lui-même : ses pelouses habituellement ouvertes à tous les joggeurs et pique-niqueurs de San Francisco se couvrent, le temps d'un week-end, de scènes, de restaurants gastronomiques et de stands de vin et de bière. Outside Lands Music and Arts Festival, généralement abrégé en Outside Lands, tire son nom du surnom donné au XIXe siècle aux quartiers alors sauvages de l'ouest de la ville — devenus depuis le parc le plus vaste et le plus fréquenté de San Francisco.
Un pari sur le parc le plus mythique de la ville
Fondé en 2008 par les promoteurs Another Planet Entertainment et Superfly (déjà à l'origine de Bonnaroo), le festival met plus de trois ans à obtenir l'ensemble des autorisations municipales nécessaires pour investir Golden Gate Park. La première édition, en août 2008, réunit d'emblée 130 000 festivaliers autour de Radiohead — dont le concert reste le tout premier show en plein air autorisé après la tombée de la nuit dans l'histoire du parc — ainsi que Tom Petty and the Heartbreakers et Jack Johnson.
La ville comme décor, la ville comme partenaire
Ce qui distingue Outside Lands de la plupart des grands festivals américains, c'est son ancrage total dans l'identité de San Francisco. Le festival a fait de sa gastronomie une signature à part entière : plus d'une centaine de restaurants locaux, des dizaines de vignobles de la Bay Area réunis dans le « Wine Lands », des brasseries artisanales dans le « Beer Lands », sans oublier le « Grass Lands », dédié dès 2018 à la culture du cannabis — devenu en 2019 le premier espace de vente de cannabis sur site d'un grand festival américain. La programmation comique, les ateliers de mixologie et, plus inattendu encore, une véritable petite mairie où de vrais couples sont venus se marier en 2024, achèvent de faire du festival un événement autant civique que musical.
Un cadre spectaculaire et capricieux
Le festival est aussi indissociable du climat si particulier de San Francisco : la brume et le froid qui enveloppent régulièrement Golden Gate Park en plein mois d'août sont devenus un running gag assumé, les festivaliers troquant tongs et débardeurs contre bonnets et doudounes. Sur scène, les grandes reformations (Outkast en 2014), les têtes d'affiche historiques — Paul Simon, Metallica, Janet Jackson, Kendrick Lamar — ou les révélations pop les plus attendues du moment se succèdent sur les scènes emblématiques du festival, à commencer par « Lands End », la scène principale encadrée de piliers inspirés du Golden Gate Bridge.
L'édition 2026
Du 7 au 9 août 2026, Outside Lands a réuni Charli XCX, The Strokes et RÜFÜS DU SOL en têtes d'affiche. Le vendredi a vu se produire Turnstile, dont le concert a été salué par la critique comme l'un des meilleurs sets du week-end, aux côtés de Clipse, Modest Mouse et Wet Leg. Le samedi a marqué le retour très attendu de The xx après huit ans d'absence, entouré de Djo, PinkPantheress et Ethel Cain, avant qu'Empire of the Sun, Death Cab for Cutie et Baby Keem ne referment le dimanche autour de RÜFÜS DU SOL. L'édition, entièrement complète, a une nouvelle fois confirmé le statut d'Outside Lands comme le plus grand festival indépendant des États-Unis — c'est-à-dire le seul, parmi les plus grands rendez-vous du pays, à ne pas appartenir aux géants Live Nation ou AEG.

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