Amon Amarth détaille l'écriture chanson par chanson de « The Allfather Awakens »

Amon Amarth détaille l'écriture chanson par chanson de « The Allfather Awakens »

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Amon Amarth publie le 2 octobre « The Allfather Awakens », treizième album studio du groupe suédois, dont les membres reviennent, dans une interview accordée à TalkShopLive, sur un processus d'enregistrement pensé chanson par chanson plutôt qu'instrument par instrument.

Oden, fil rouge sans jamais devenir concept-album

Comme sur la plupart de ses disques, Amon Amarth construit The Allfather Awakens autour d'Oden, la divinité nordique de la guerre, de la sagesse, de la mort, de la magie et de la poésie. Le chanteur Johan Hegg précise toutefois qu'il ne s'agit pas d'un concept-album : « C'est un disque à thème, je dirais, où la plupart des morceaux, pas tous, mais la plupart, sont d'une manière ou d'une autre liés au dieu nordique Oden. » Les paroles puisent à la fois dans la mythologie et dans des motifs plus historiques, autour de la relation des Vikings à cette figure. Interrogé sur l'origine de son intérêt pour les Vikings, Hegg raconte un souvenir d'enfance : sa sœur avait un jour écrit des runes au crayon sur le mur de sa chambre, et lui, âgé de neuf ou dix ans, avait été fasciné de découvrir que la Suède possédait une langue écrite vieille de mille ans. Cette fascination s'est nourrie plus tard d'une bande dessinée danoise, la série Valhalla, avant de devenir l'un des axes fondateurs du groupe à sa formation, en 1992 — une manière, se souvient le bassiste Ted Lundström, de se démarquer des autres groupes de Stockholm à une époque où très peu de formations exploraient ce répertoire.

Écrit sur la route, entre deux tournées

À la différence des albums précédents, écrits une fois les tournées achevées, The Allfather Awakens a commencé à prendre forme pendant que le groupe était encore sur la route : les tournées qui ont suivi le disque précédent ayant duré plus longtemps que prévu, les deux guitaristes, Olavi Mikkonen et Johan Söderberg, ont commencé à composer des riffs et à les faire circuler entre les dates. Hegg explique que le groupe, privé de véritable local de répétition depuis plus d'une décennie, disposait en tournée d'une salle d'échauffement équipée d'une batterie électronique et de petits amplis, où Mikkonen en particulier aimait improviser de nouvelles idées. Le groupe avait donc déjà, selon Hegg, « une bonne longueur d'avance, avec plusieurs morceaux dans le sac » au moment de retourner en studio.

Une chanson à la fois, avec Jacob Hansen aux commandes

The Allfather Awakens a été produit par le Danois Jacob Hansen, avec lequel Amon Amarth travaillait pour la première fois. L'enregistrement s'est déroulé en deux sessions séparées de plusieurs mois, la première au printemps 2025 et la seconde achevée en mars 2026, dans le studio de Hansen au Danemark. Plutôt que d'enregistrer tous les morceaux instrument par instrument, le groupe a choisi de boucler chaque chanson intégralement — batterie, basse, guitares et chant — avant de passer à la suivante, avec cinq ou six titres par session. Lundström explique ce choix par la fatigue que provoque l'accumulation de riffs en tête lorsqu'on enregistre dix morceaux d'affilée, et par le repos vocal que cela offrait à Hegg entre deux chansons. Hegg y voit aussi un avantage a posteriori : la possibilité de revenir sur un morceau entièrement terminé, à tête reposée, pour ajuster un détail — un fill de batterie, par exemple — ce qui n'est plus possible une fois que toutes les pistes de batterie d'un album ont été enregistrées puis démontées.

Retour aux amplis Marshall

Sur le plan sonore, Amon Amarth a délaissé les amplis 5150 employés sur les albums récents pour revenir à des Marshall, une décision assumée comme un choix esthétique plutôt qu'un hasard de studio. Les paroles, elles, viennent toujours après la musique, qui en fixe souvent le ton : « The Allfather Awakes », le morceau qui a donné son titre à l'album, a d'ailleurs été le dernier écrit. Parmi les dix titres, « Eight Legs Of Thunder », « Kvasir's Blood » et « Die With A War Cry » comptent parmi ceux les plus directement associés à la figure d'Oden. L'illustration de couverture, un portrait de la divinité, est signée Tom Thiel, qui a désormais réalisé sept des pochettes du groupe.

« The Row », le rite des fans nés à Bloodstock

Depuis sa formation, Amon Amarth a rempli des scènes bien au-delà du seul public du death metal mélodique : le groupe a notamment assuré une tête d'affiche au festival allemand Wacken Open Air en 2024 devant 85 000 personnes, a été deux fois tête d'affiche du festival britannique Bloodstock Open Air, s'est produit quatre fois au festival Download entre 2008 et 2019, et a joué huit fois à Summer Breeze entre 2003 et 2024, dont six en tête d'affiche. C'est d'ailleurs lors de son concert à Bloodstock en 2009 que serait né « The Row », un rituel désormais associé au groupe dans le monde entier : le public s'allonge au sol et mime, à l'unisson, l'aviron d'un drakkar invisible. Le phénomène a depuis essaimé jusque dans les tribunes de la Coupe du monde 2026, sans que personne ne conteste sérieusement son origine chez les fans du groupe suédois.

Dix titres et une nouvelle scénographie

The Allfather Awakens compte dix morceaux : « Gjallarhorn », « Eight Legs Of Thunder », « Kvasir's Blood », « We Rule The Waves », « Upphaf », « Die With A War Cry », « Raven God », « The Allfather Awakes », « Oden's Hunt » et « Ascending Like An Eagle ». Le groupe doit dévoiler, dès cet automne, une nouvelle production scénique inspirée du Hall doré d'Oden dans la mythologie nordique, pensée pour prolonger l'univers du disque sur scène. Amon Amarth, formé en 1992 à Tumba, en Suède, réunit aujourd'hui Johan Hegg au chant, Olavi Mikkonen et Johan Söderberg aux guitares, Ted Lundström à la basse et Jocke Wallgren à la batterie ; le groupe doit reprendre la route en Amérique du Nord avec Dethklok et Castle Rat, dans la foulée immédiate de la sortie de l'album, pour donner à cette nouvelle scénographie ses toutes premières soirées.

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